Hallo, wie geht es ? [PV Aletheia]

Ulrich Von Kuffner
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Hallo, wie geht es ? [PV Aletheia] EmptyMer 17 Avr - 21:33
Hallo, wie geht es ?

Hallo, wie geht es ? [PV Aletheia] Giphy

« Tu as quelque chose de prévu ce soir ? » Me demande la sublime créature paradant son corps lisse et voluptueux devant mon regard affamé de toujours plus de sensualité.
Une jeune femme aux formes douces et harmonieuses. Au regard gris perçant et aux cheveux d’un blond soyeux tombant en cascade tout autour de ses épaules frêles et dénudées.
Grâce féline de celle qui, retrouvant sa place sur mes draps de satin, s’approche avec une élégance digne des plus grandes jusqu’à me dominer de toute sa nudité.
Un sourire charmeur étirant mes lèvres encore humides de nos échanges, je me redresse et esquisse un geste en sa direction, attrapant du bout de mes doigts une mèche de ses cheveux que j’enroule autour de mon index avec une infinie douceur. « Un gala de charité. Trois fois rien. Pourquoi ? Je vais te manquer ? »
Je questionne, taquin. Mes prunelles d’un bleu pâle observant la silhouette de la belle venir se lover tout contre moi, sa peau brûlante contre la mienne et ses doigts traçant tendrement quelques arabesques le long de mon torse, faisant frémir mon épiderme offerte à ses attentions.
Hors de question de révéler à cette femme que, en plus du gala de charité auquel je me devais de faire acte de présence, rien que pour le prestige de mon nom, cette soirée avait été prévue par mes parents comme étant celle où je rencontrerais ma promise.
Enfin… Plutôt celle où je la redécouvrirais, maintenant que nous étions en âge de parler mariage.
« Si c’est trois fois  rien comme tu dis, tu préfèrerais pas plutôt rester ici, avec moi, à m’inonder de ta charité ? » Elle minaude, la voix trainante et ses doigts descendant toujours plus bas le long de mon corps.
Et je ne peux m’empêcher de sourire face à pareil audace.
Les femmes… Ce n’était véritablement plus ce que c’était.

L’innocence n’était qu’un  mot, qu’un moyen dont elles usaient et abusaient pour nous avoir. Pour nous manipuler et faire de nous ce qu’elles voulaient.
Elles avaient compris les règles du jeu et les déformaient désormais de manière à les tourner à leur avantage.
Elles étaient bien plus maligne que ce que certains hommes semblaient penser. Bête gibier se prenant pour des chasseurs.
Ils étaient risibles.
Un bout de peau suffisait bien souvent à leur faire perdre leur sang-froid et à les conduire jusqu’au piège qui, une fois refermé autour d’eux, les transformait en animaux de cirque.
Des bêtes de foire convaincu d’être ceux tenant les rênes de leurs relations.
Ridicule.
Misérablement ridicule.
Ces hommes là n’en méritaient pas même le nom.
Ils n’étaient rien. Misérables pantins de bois dictés par leurs plus bas instincts.
Qu’on ne me prenne jamais à succomber aux charmes d’une femme.
D’apprécier d’elle plus que ce que j’étais venu chercher.
Si un jour je devais céder mes pouvoirs à l’une de ces succubes, qu’on m’exécute sur le champ !
Plutôt mourir que de m’abaisser à pareille obscénités.
L’égalité entre les genres n’aura jamais lieu. A quoi bon courir après une chimère ?
L’égalité entre les genres n’est qu’une utopie prônée par des femens enragées et cela pour la simple et indéfectible raison que les hommes et les femmes sont diamétralement trop différent. Intelligence rationnelle contre « intelligence émotionnelle » qu’ils disent.
Depuis quand l’émotionnel est-il une preuve d’intelligence ? N’est-ce pas là tout l’inverse ? L’émotionnel n’est-il pas, justement, ce qui contraint les Hommes à leurs pires erreurs ? Faire passer les sentiments avant le bon sens, là est la preuve irréfutable de la bêtise la plus profonde.
L’intelligence émotionnelle n’est qu’un mot créé pour rassurer ces êtres emprunts de tant de faiblesses. Pour tenter de les mettre à pied d’égalité avec ceux qui dominaient le monde depuis… depuis sa création, tout simplement.
Les hommes, les vrais.
L’égalité ne sera jamais atteinte, c’est une certitude, mais, néanmoins, l’évolution semble avoir offert aux femmes un pouvoir de manipulation qui, si on ne faisait pas plus attention, pourrait les rendre suffisamment puissante pour prendre le pouvoir sur nous les hommes.
Assouvir leur besoin de domination en tirant les ficelles des dominants les plus faibles, alors relégués au rang de dominés sans même en être véritablement conscients.
L’amour et le sexe. Deux armes destructrices qu’on leur avait offertes sur un plateau et dont elles n’hésiteraient pas à se servir contre nous.

Tout à mes pensées, je parcourais le dos de mon ange de la pulpe de mes doigts, remontant jusqu’à sa nuque que j’enserrais avec douceur, forçant son visage à remonter jusqu’au mien et nos lèvres à se sceller pour un ultime baiser. « Rien ne m’aurait fait plus plaisir que de passer le reste de cette soirée en ta compagnie, mon ange, mais je n’ai pas le choix. Je suis contraint par mes obligations en tant qu’héritier de m’y rendre »
Une voix mielleuse, un regard qui ferait passer le plus innocent des agneaux pour le plus perfide des loups et moins d’une heure plus tard, me voilà à nouveau seul dans l’immensité de mon appartement.
Non sans avoir écopé d’une petite gâterie d’adieu au passage.
Mouvant mon corps ankylosé, quoi que sculptural, jusqu’à la salle de bain, je profite de ma tenue d’Adam, cause de tant d’éloges, pour me glisser à l’intérieur de ma cabine de douche XXL, ne me laisse véritablement aller que lorsque l’eau chaude s’échappant des jets massant ne viennent s’exploser contre mon dos.
Gémissement extatique s’échappant d’entre mes lèvres entrouvertes gardant encore le goût de celles de cette femme.
De cette beauté éphémère qui n’était déjà pour moi plus qu’un souvenir flou, impalpable, rangé aux côtés de toutes celles lui ayant précédé.
Allais-je le revoir ? Peut-être bien. Qui pouvait le dire ?
Je ne lui avais pas même laissé de numéro sur lequel me joindre.
Rien de plus que cette adresse. Que l’étage de cet appartement d’une centaine de mètre carré dans lequel je résidais seul.
De mon logement étudiant qu’elle ne reverra sans doute jamais.
Elle pouvait bien tenter de me rendre visite tant qu’elle le souhaitait, Boris, le gardien, avait pour ordre de ne laisser entrer aucune personne, aussi jolie soit-elle, sans que je ne l’y ai invité.

Une chemise en coton d’Egypte, un pantalon en toile fait sur mesure et un masque d’immuabilité plus tard, me voilà fin prêt pour partir à la rencontre de cette femme que mes parents m’avaient destiné.
De cette riche héritière qui, de par notre union et la naissance d’un héritier, perpétueras les richesses de nos deux familles.
Une femme qui, à n’en pas douter, devait être d’un ennui mortel, mais qui, de par son statut, ne sera jamais rien de plus que ma femme et la mère de mon fils.
Oui. Mon fils.
Car mon nom se devait de perdurer quoi qu’il en fusse et que les guerres de successions ne finissaient que très rarement sous les meilleurs auspices. Aussi, m’arrêterais-je à notre premier fils. Dussè-je pour cela mettre ma virilité à l’épreuve et l’engrosser de plusieurs filles avant d’arriver jusqu’à lui.

Installé dans ma Maserati coupée sport, chauffeur au volant et toit ouvrant ouvert sur le soleil couchant, c’est avec une certaine délectation que j’observais défiler les badauds. Plèbe misérable et miséreuse bavant sur ce qu’ils n’auront jamais les moyens de se payer.
Et lorsqu’enfin l’engin se gara devant l’entrée du domaine dans lequel avait lieu la soirée, je ne pris guère longtemps à retrouver mes parents, guidé en grande partie par le rire strident et haut perché de ma génitrice.
Presque aussi haut perché qu’elle-même, sur sa paire d’escarpins vertigineux lui conférant des airs d’autruche botoxée.
Saluant tour à tour plusieurs grands noms bien connus, et d’autre beaucoup moins, je m’approchais de cette femme m’ayant donné la vie d’un pas lents et maitrisé.
« Ulrich chéri ! Nous vous t’attendions ! » Finit-elle par hurler, m’apercevant à quelques mètres de là, ses lèvres serties de rouge convulsant au rythme de ses paroles effréné que je n’écoutais déjà plus.
Je respecte cette femme pour m’avoir fait naitre et pour avoir offert de m’enseigner toutes les langues qu’elle-même connaissait, mais guère plus.
Elle n’était qu’une femme parmi une infinité d’autres.
Une femme vénale et superficielle, pareille à la majorité de celles présentes en ce lieu. Pareille aussi, sans doute, à ma future épouse.
Une femme qui avait délaissé son rôle de mère au profit de celui de femme du monde.
Je ne lui en veux pas, à cette femme, d’avoir choisie cette voie. Au contraire, même : je l’a comprend.
Qui voudrait s’encombrer d’un marmot lorsque le monde vous ouvrait les bras ? Lorsque votre jeunesse, votre beauté et votre statut étaient éphémères ?
Finalement, je retire ce que j’ai pu penser plus haut. Toutes les femmes ne sont pas dénuées d’intelligence rationnelle au profit de celle émotionnelle. Preuve en est : ma mère.
Ce qui ne les rend que plus dangereuses.

Véritable requins dans des corps de déesse.
« Bonsoir Mère, Père, comment allez-vous ? » Je m’inquiète, jouant leur jeu d'une voix à la fois douce et assurée. Le regard droit et fier de l’enfant prodige rehaussé par un sourire de circonstance. Un sourire qui, pour paraitre naturelle, m’avait demandé des années d’entrainement avant de parvenir à pareil résultat.
Un sourire qui ne me quitta guère lorsque, me retournant vers le couple faisant face à mes géniteurs, je captais les regards de ces derniers m’observer avec circonspection.
Quoi de plus normal, après tout ? C’était moi, l’homme qui allait leur prendre leur fille.
L’étoile de leurs yeux. L’amour de leur vie. Leur princesse.
Il était compréhensible qu’ils m’auscultent. M’observent sous toutes les facettes. Sous toutes les coutures.
Mais ils auraient beau tenter de sonder mon esprit, mes motivations profondes et mes dessein, ils ne verront jamais plus loin que ce que je voudrais bien leur montrer.
Ils ne verront jamais quelles obscures pensées leur enfant fait naitre en moi. Quels feux m’allument lorsque j’imagine notre futur, notre avenir commun.
Ils n’en sauront jamais rien, et c’est ainsi pour le mieux.
Qu’ils gardent en eux cette part de crédulité les poussant à accepter pareil arrangement.
Cette petite voix nommées espoir qui leur susurrait que, peut-être, ce jeune homme saurait rendre heureuse leur fille. Qu’il saurait l’aimer.
Alors non. Désolé beau papa et désolé belle maman, mais si je n’ai aucune intention de rendre malheureuse votre fille chérie, l’amour n’est et ne sera jamais une donnée qui rentrera dans cette équation.
Le mieux que je puisse promettre, c’est de ne pas étaler mes incartades devant ses yeux qui ne sauraient les voir. Voilà bien la seule promesse que je suis aujourd’hui en mesure de lui faire.
Et encore…
« Bonsoir, Monsieur et Madame Hill, je suppose ? Sincèrement ravis de vous revoir ! Excusez mon impertinence, mais... votre fille n'est-elle pas avec vous ? »
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Aletheia Hill
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Hallo, wie geht es ? [PV Aletheia] EmptyMer 17 Avr - 23:01
Qu’est-ce que ça pouvait la soûler. Aletheia aimait les gens, elle aimait les fêtes, elle aimait les soirées. Mais elle ne pouvait pas supporter les réunions de coincés auxquelles ses parents voulaient constamment la faire participer. Il fallait toujours sourire, et il fallait être poli même avec les gens qu’on ne pouvait pas encadrer, il fallait être bien habillé – ce qui voulait dire généralement porter des vêtements inconfortables et faire semblant de les aimer – et il fallait même porter des talons. Des talons ! Qui pouvait avoir été assez stupide pour inventer un truc aussi laid, aussi douloureux, aussi inutile ? Et qui avait été assez sadique pour transformer ça en norme ? Bien évidemment ça retombait encore une fois sur les femmes, comme si elles n’avaient pas assez de trucs pourris à supporter, genre les règles, l’accouchement, et l’injonction à la fidélité quand ces messieurs pouvaient juste être des tombeurs sans la moindre réprimande.

Mais cette fois elle était obligée d’être là. Parce que papa et maman avaient bien insisté, ils avaient été très clairs, c’était important, nécessaire, essentiel, ils avaient alignés tous les synonymes qu’ils avaient trouvé dans le dictionnaire. Aletheia les aimait beaucoup mais elle ne supportait plus la tendance qu’ils avaient à la prendre pour une imbécile. Tu ne peux pas dire ça, ma chérie, aimait répéter sa mère. Ça ne se fait pas, poursuivait généralement son père, et ils se tenaient le visage dans leurs mains quand le personnel de maison leur racontait la dernière lubie qui lui avait traversé l’esprit. Ces parents étaient sympathiques, mais ils étaient vraiment trop ennuyeux pour elle. Ils parlaient toujours d’argent, d’avantage, de trucs comme ça, et Aletheia, elle ne voyait que le plaisir, que son envie, que ce qui pouvait l’intéresser sur le moment. Elle n’hésitait pas à faire taire les invités trop barbants, à quitter les réceptions trop ennuyeuses pour aller faire un tour dans les champs d’à côté, et ses apparitions se faisaient aussi rares que remarquables et remarquées dans les événements publics. Ses parents avaient un peu – beaucoup – honte, et il ne se passait sûrement pas un jour sans qu’ils soient soulagés que leur fortune lui garantisse tout de même un mariage, en dépit  de son caractère… Problématique.

Ils voulaient qu’elle vienne ? Oh, elle pouvait faire cet effort pour eux. Mais même avec toute sa bonne volonté elle serait sûrement incapable de leur faire honneur autant qu’ils le souhaiteraient. Elle ne pourrait qu’essayer, et les décevoir à un moment où un autre, comme toujours, parce que c’était son essence même. Aletheia essaya sérieusement, pourtant, de se conformer à ce qu’ils attendaient d’elle. Elle enfila sans rechigner la robe que sa mère lui avait choisie – même si elle ne put pas s’empêcher de faire remarquer qu’elle serait bien plus belle en la raccourcissant d’une vingtaine de centimètres, ce qui fit hurler celle qui l’avait soigneusement retenue pour cette occasion. Elle accepta même les talons. Aletheia savait marcher avec, on l’avait assez forcée à les enfiler pour que ça finisse par rentrer, mais elle les avait toujours détestés. Sa mère eut l’air surprise d’avoir la victoire si facile cette fois. Peut-être que sa fille était bien décidée ? Peut-être que cette soirée allait se passer convenablement et que la délurée qui lui servait d’enfant allait se tenir correctement au moins une fois ?

Elle repensait à ça, la mère d’Aletheia, quand elle discutait avec les parents du formidable jeune homme que sa fille devait épouser. Ils ne manquaient pas une occasion de vanter les qualités de… Comment s’appelait-il déjà ? Ulrich ? Elle et son époux s’en moquaient bien, ce qui comptait c’était de réussir à faire quelque chose de leur fille, et que ce soit profitable pour tout le monde. Que les jeunes gens s’aiment n’avait pas d’intérêt, se supporter suffirait amplement. Est-ce qu’ils s’aimaient, eux ? Pas spécialement, sinon ils auraient peut-être eu un peu plus de descendance qu’une seule fille. Ils avaient composé avec ce qu’on leur avait offert, et ils n’en attendaient pas moins de leur fille.

Et quand le jeune homme arriva, il leur fit une excellente impression. Les deux parents Hill le détaillèrent sans trop se cacher, ça faisait vraiment longtemps qu’ils ne l’avaient pas vu. Mais il semblait charmant, autant de la manière qu’il avait de s’adresser à ses parents que dans les mots qu’il leur adressa à eux. Un sourire naquit sur le visage de madame Hill, même si monsieur se montra plus réservé.

« Bonsoir, Monsieur et Madame Hill, je suppose ? Sincèrement ravis de vous revoir ! Excusez mon impertinence, mais... votre fille n'est-elle pas avec vous ? »


Il était même impatient de retrouver sa promise ! Que de bons points pour un seul homme ! Il ne restait qu’à espérer que les bonnes résolutions que leur fille semblait avoir prises tiennent le temps de cette entrevue…

-Bonsoir,
répondit tout d’abord madame Hill sans juger utile de préciser qu’il ne s’était pas trompé sur leur identité. Je suis également ravie de vous revoir, cela faisait si longtemps… Son accent grec donnait à sa voix un air chantant des plus ravissants, du moins c’était ce qu’on lui disait toujours. Notre très chère Aletheia est parmi nous, bien sûr, elle a simplement dû s’échapper pour saluer quelques connaissances… Ah, la voilà ! Aletheia, ma douce, il ne manquait plus que toi !

Et les yeux de madame Hill descendirent, scrutant sa fille de haut en bas avec une étrange boule au ventre, qui trouvait son explication quand son regard atteignit les pieds de la demoiselle. Qui avait d’ores et déjà ôté ses chaussures et se promenait donc pieds nus. D’un air doux, elle entreprit de lui demander en grec ce qu’elle avait fait de ses magnifiques escarpins, ce à quoi la demoiselle répondit par un haussement d’épaules totalement désintéressé. Ce n’étaient que des chaussures ridiculement désagréables à porter, de toute façon.

-Sa…

Madame Hill fusilla sa fille du regard, et celle-ci décida qu’elle pouvait bien faire un petit effort pour eux, s’ils considéraient vraiment cette soirée comme si importante.

-Bonsoir, messieurs et madame…Von Kuffner.

Elle avait vraiment essayé de le prononcer de son mieux mais quand on ne parlait qu’anglais et grec, difficile d’avoir l’air crédible et assuré en balbutiant un nom pareil. Et les yeux d’Aletheia passèrent des uns aux autres, avec un air curieux et probablement un peu trop enjoué pour avoir l’air feint. Elle trouvait la situation un peu drôle, sans trop savoir pourquoi. Et puis, de toute façon c’étaient ses parents qui voulaient la marier, elle elle n’avait rien demandé et elle n’irait pas se plaindre si ça ne se faisait pas. Quoique, ce serait bête de manquer une occasion de s’accrocher à un beau gosse pareil. Peut-être même qu’il était amusant, allez savoir.

-Agréable soirée, hein ?

Elle entendit le soupir agacé de son père, mais il était peut-être un peu tard pour remplacer son « hein » trop naturel par un « nest-ce pas ». Au moins elle faisait l’effort de leur parler, ils devraient être bien contents !
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Hallo, wie geht es ? [PV Aletheia] EmptyJeu 18 Avr - 0:17
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Etrange créature que celle me faisant face. Etait-ce donc cette personne que mes parents m’avaient promise ?
Cette femme au visage poupon et aux formes discrètes, mises en valeur par une robe de grand couturier ?
Etait-ce donc à ça que ressemblait ma future épouse ? A un corps de mannequin perché… Perché sur rien du tout, justement. Perché sur ses seuls pieds nus au beau milieu d’une salle de danse.
Etait-ce donc elle qui était destinée à partager ma couche, ma vie et ma fortune pour le restant de mes jours ?
Cette aberration de la nature à peine capable de prononcer un mot sans se couvrir de tout le ridicule d’une vulgarité populaire ?
Qui donc lui avait appris les bonnes manières, à celle-là ? N’avait-elle point été éduquée à la même école que moi ? Avait-elle grandit parmi la populace pour user de pareilles habitudes outrancières ?
Si ce n’était ce masque cachant mes émotions les plus profondes, sans doute que je me serais écrouler sous le poids de la déception.
Qu’est-ce que c’était encore que ce clown ?
Certes, la demoiselle était d’une beauté à couper le souffle et possédait un patrimoine économique à vous en faire retourner dans sa tombe le plus cupide des brigands, mais tout ceci ne me servirait à rien si elle était incapable de se tenir ne serait-ce qu’une seule soirée sans faire de vagues.
Des belles femmes, ce n’était certainement pas ce qui manquait au monde et elles ne servaient guère plus qu’à satisfaire les appétits sexuels les plus délurés. Une vocation qui, à n’en pas douter, n’incombera guère à ma future épouse. Dût-elle être cette femme ou une autre.
Si ce n’était sa fortune, il est fort à parier que je n’aurais pas même prit la peine de répondre à ses salutations, mais, la bienséance oblige, je me força à l’esquisse d’un sourire pour toute réponse à ses familiarités.
Après tout, si nous étions condamné à finir nos jours ensemble pour le meilleur et pour le pire, autant ne pas s’encombrer de trop formalité dès à présent.
Tout en veillant à ne pas trop se relâcher non plus.
Juste… trouver le juste milieu digne de deux personnes de notre rang. Cet entre-deux entre jeu de séduction et jeu de pouvoir. Ce savant mélange savamment appelé « jeu de couple ».
Une mascarade que nos géniteurs maitrisaient sans doute à la perfection.
Celle visant à faire croire aux yeux de monde que vous étiez un couple tout ce qu’il y avait de plus normal lorsque, une fois le rideau tombé, vous n’étiez que deux âmes esseulées cherchant un peu de chaleur humaine dans les bras d’inconnus.
Celle qui faisait que, malgré plus de vingt années de mariage, vous ne connaissiez de l’autre que la face qu’il se plaisait à vous montrer.
Une immense scène de théâtre que notre monde. Que notre mode de vie. Que nos existences.
Une comédie dramatique qui se finissait inexorablement par un décès.

« J’ai bon espoir qu’elle le soi, en effet » Mon sempiternel sourire étirant mon visage aux traits réguliers dans une moue avenante, je m’approchais de la belle à qui ma main avait été offerte pour porter la sienne à mes lèvres. « Tu es sublime » J’ajoute, volontairement plus familier, cette fois.
Amorce de mouvement tendant à lui prouver que, moi aussi, je pouvais faire un pas vers elle. Que, au-delà d’être l’héritier d’une des plus grandes fortunes autrichienne, j’étais avant tout un jeune homme d’une vingtaine d’années, tout comme elle.
Une vérité teintée de mensonges.
Car, si je suis véritablement un jeune-homme de tous justes 20 ans, je suis et je resterais, avant toute autre chose, l’héritier d’une des plus grandes fortunes autrichiennes.
Et que si tout se passait comme je l’avais prévu, elle ne connaitra jamais de moi plus que cette partie de mon être. Ne connaitra jamais rien de plus que le côté Von Kuffner, noble et distingué, sans jamais ne faire plus que croiser l’Ulrich que d’autres avaient jadis connus. Le garçon insouciant et rêvant d’évasion.
Celui qui voulait profiter de la vie. La croquer à pleines dents en usant et abusant de ce qu’elle avait de mieux à offrir.
Celui qui buvait plus que de raison. Qui fumait et qui baisait sans jamais penser au lendemain.
Cet Ulrich là lui restera à jamais inconnu. Réservé à ceux ayant partagés tout un pan de ma scolarité et, qui sait, peut-être à quelques rares maitresses qui, dans un futur plus ou moins proche, serviront à me faire oublier le temps de quelques heures la monotonie de mon quotidien.
A me la faire oublier elle.
Mais pour l’heure, nul besoin de penser à cet Ulrich là, lorsque c’était au Von Kuffner de prendre les commandes.
« Père, mère, Monsieur et Madame Hill, cela vous dérangerait-il que nous vous laissions afin de converser un peu plus d’intimement ? »
Tendant mon coude à la  Cendrillons ayant perdu ses chaussons de verre avant même le début du bal, je lui indiquais du menton un petit coin canapé sur lequel nous serions plus tranquilles pour discuter ; profitant du trajet pour attraper deux coupes de champagnes au passage. « Je n’aurais jamais pensé poser une telle question dans un tel contexte un jour, mais… où sont tes chaussures ? »

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Aletheia Hill
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Hallo, wie geht es ? [PV Aletheia] EmptyJeu 18 Avr - 1:10
Il faisait comme si de rien n’était, il avait un sourire charmant et le même baratin travaillé que celui qu’Aletheia entendait tout le temps dans la bouche de tous les autres riches et gosses de riches qui peuplaient les soirées auxquelles elle ne voulait plus se rendre. Et il saisit sa main pour y déposer un baiser, comme n’importe quel charmeur bien élevé. Il se permit néanmoins de la tutoyer, et ce fut bien la première lueur d’espoir que perçut Aletheia. Le mariage ne l’aiderait apparemment pas à s’entourer d’une compagnie plus agréable que celle des deux moralisateurs professionnels qu’étaient ses parents… A moins que. Peut-être qu’il appréciait son genre, sans oser le lui dire devant des gens qui la jugeaient beaucoup et dont elle se fichait autant. Ou peut-être qu’il la jugeait aussi et qu’elle venait de ruiner ses rêves, mais ça, c’était pas son affaire. Elle avait bien assez à faire pour sauvegarder les siens.

- Merci
, répondit-elle en retenant mal son envie de rire.

Oh, il n’avait rien dit de particulièrement drôle, qu’il se rassure, mais elle s’était vraiment dit un moment qu’elle pourrait se contenter de lui répondre « Je sais », rien que pour voir sa tête. Elle n’avait pas trop de souvenir d’Ulrich, elle n’était pas certaine de l’avoir plus de deux fois dans sa vie, et elle se demandait ce qu’il faudrait pour faire craquer doucement le petit masque qu’ils arboraient tous ici. Celui qu’elle s’efforçait de réduire au minimum, malgré tous les grincements de dents que ça pouvait provoquer. C’était pas sa faute, ça lui filait de l’urticaire toutes ces conventions inutiles. Tout le monde s’emmerdait dans les soirées de ce genre et Aletheia ne voyait pas l’intérêt de s’auto-persuader du contraire. Elle se demandait encore comment tous ces gens trop pleins d’argent avaient fini par se dire qu’ils feraient mieux de se comporter comme des coincés tous ensemble dans une jolie villa au lieu de s’éclater autant qu’ils le pourraient. Ils avaient vraiment tous la même vision trop étriquée du monde. Celle qui faisait qu’il n’y en avait pas un qui n’avait pas regardé ses pieds nus avec surprise et insistance. Quoi ? Ils ne pouvaient s’occuper de leurs propres chaussures ?

« Père, mère, Monsieur et Madame Hill, cela vous dérangerait-il que nous vous laissions afin de converser un peu plus d’intimement ? »

Aletheia ne se cacha pas pour lever les yeux au ciel. Ulrich, bien poli, bien comme il faut, demandait l’avis de tout le monde sauf le sien. S’était-il demandé ne serait-ce qu’une seconde si elle avait envie d’avoir une conversation intime avec lui ? Probablement pas. Au moins, elle ne serait plus obligée de supporter les regards outrés de sa mère et réprobateurs de son père. Mais elle n’était pas sûre de leur préférer l’air un peu trop mignon pour être honnête d’Ulrich. Aletheia consentit tout de même, sans trop d’enthousiasme non plus, à saisir le coude qu’il lui tendait et à se diriger presque sagement vers le canapé qu’il lui indiquait. Au moins il avait le bon sens de leur prendre à boire.

« Je n’aurais jamais pensé poser une telle question dans un tel contexte un jour, mais… où sont tes chaussures ? » 

-Tu n’as pas beaucoup d’imagination, je trouve,
répondit Aletheia d’un air un peu moqueur.

Après tout, elle était simplement pieds-nus, était-ce si surprenant que ça pour qu’il affirme qu’il n’aurait jamais cru poser une question à ce sujet ? Elle aurait pu faire bien pire. Et puis, elle n’avait pas fait ça pour qu’on lui pose des questions ni même pour jouer l’originale. Elle aurait pu, certes, c’était bien son genre de s’amuser à perturber tout ce petit monde qui tournait bien trop rond, mais elle avait fait ça parce qu’elle en avait envie, et aussi un peu par altruisme. Juste un peu.

-Je les ai données à une fille qui les trouvait jolies. De toute façon, elles me faisaient mal aux pieds.


Aletheia but une gorgée un peu trop grosse pour être polie de sa flûte de champagne. Il lui faudrait sûrement au moins ça pour survivre à cette conversation. A cette soirée. A ce mariage. Enfin, si ça se faisait, il suffirait qu’Ulrich la laisse tranquillement faire ce qu’elle voulait dans son coin et elle pourrait très bien s’en accommoder. Il pourrait même sortir en gala tout seul si ça l’amusait – et elle rit intérieurement à cette pensée parce qu’elle savait très bien que ça ne se faisait pas et donc qu’il n’envisagerait sûrement pas cette possibilité. Quoique. Si elle lui faisait trop honte, il y viendrait peut-être.

- Et toi
, commença-t-elle d’un air taquin, pourquoi tu les as toujours, tes chaussures ?


Ulrich Von Kuffner
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Hallo, wie geht es ? [PV Aletheia] EmptyJeu 18 Avr - 10:37
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Si je savais mes espérances concernant ma future épouse de l’ordre du chimérique, j’aurais au moins pensé qu’elle répondrait à la plupart de mes attentes.
Des attentes que j’aurais pensé innées, induites le plus naturellement du monde par notre simple condition de hauts.
La beauté, la grâce, l’élégance. La capacité de savoir quand l’ouvrir et quand laisser les hommes parler.
Et pour l’heure, la jeune femme me faisant face, pieds nus et masque fissuré peinant à cacher à mes yeux experts la pointe de moquerie que je décelais au fond des siens, ne possédait comme seule qualité que sa plastique. Soit la seule qui, loin de se bonifier, ne ferait que s’estomper au fil des ans.
Des années qui, pour une femme de son âge, se comptaient sans doute sur les doigts d’une seule main.
Quelle idée saugrenue avait donc bien pu traverser l’esprit mercantile de mes géniteurs lorsqu’ils avaient accepté d’offrir leur unique héritier à… à cette… à elle ?
Et comment, voyant ses géniteurs si droits et distingués, si plein de cette bienséance inhérente à notre rang, leur fille avait-elle pu finir ainsi ? Avec autant de manière qu’une fille d’ouvriers ?
Et encore ! Pour en avoir eu plusieurs dans mon lit, elles, au moins, faisaient en sorte de paraitre plus que ce qu’elles n’étaient réellement. Elles faisaient des efforts pour se montrer plus gracieuses, plus distinguées, plus « femme du monde ». Pour être dignes de mes sourires, de mes mots doux, de mes caresses. Pour être dignes de moi, tout simplement !
Même leurs masques achetés au rabais étaient bien souvent plus convainquant que ce simulacre porté par Ale… Ala. Non Ale quelque chose. Bref. Que cet infâme masque de carnaval indigne des plus grands bals vénitiens.

D’un pas léger, je nous conduisis jusqu’à une banquette légèrement en retrait du gros des invités, me laissant choir avec grâce sur le velours de cette planque de fortune.
A choisir, j’aurais sans doute préféré la terrasse donnant sur l’immense jardin aménagé, voir le jardin en lui-même, mais hors de question de me risquer à sortir à l’air libre avec pour seule compagne une femme aux pieds nus.
Si encore j’avais été le genre d’homme à fantasmer sur cette partie du corps humain, j’aurais sans doute pu y trouver un semblant d’intérêt, mais non. Ces fétichismes n’étaient pas les miens et, au lieu d’une excitation palpable, c’était l’appréhension du regard d l’autre qui me nouait la gorge et qui me poussait à m’éloigner de la foule.
Certes, je pourrais toujours dire que la belle avait retiré ses chaussures pour des raisons médicales ou pour « profiter de l’air frais lui rappelant ses dernières vacances sur les plages privés d’Hawaï », mais tout de même…
Ça ne se faisait pas !
Et lorsque la Cendrillon consentit à répondre à mes interrogations concernant la disparition de ses souliers, la consternation me gagnant peina à rester contenue derrière mon masque d’impassibilité et mon sempiternel sourire vrillant imperceptiblement devant tant de bêtise.
Les donner à une fille qui les aimait bien ? Sérieusement ?
Depuis quand offrait-on une paire d’escarpin à plusieurs milliers de dollar, portés qui plus ai, à une femme lambda JUSTE parce qu’elle « les aimait bien » ?
Dans quelle réalité un tel comportement était-il la norme ?
Qui, dans sa vie, s’était un jour dit qu’une pareille réaction était la plus sensée ?
Personne ! Absolument personne !
A par peut-être Sœur Emmanuelle, l’Abbé Pierre ou tous ces grands noms connus pour leur abnégation.
Et encore. Ce n’était pas des escarpins qu’ils livraient, eux. Simplement quelques vieux meubles qui ne servaient plus leurs propriétaires et énormément de leur temps.
Un temps que je n’avais pas.
Un temps que je ne prendrais pas.
Un temps qui me servirait à faire de plus grandes choses encore que de courir après l’illusion d’un monde plus juste.
Nos vies étaient comptées, qu’on soi mendiant ou empereur.
Sablier invisible à nos yeux de simples mortels s’égrenant un peu plus à chaque jour, à chaque seconde s’écoulant dans cette temporalité bien définie, bien carré dans laquelle nous évoluons.
Qui savait ce qu’il adviendra demain ? Les accidents, la maladie, les catastrophes naturelles… tant et tant d’inconnues dans une seule et même équation.
Mon grand-père paternel avait fini par succomber à son troisième infarctus tandis que ma grand-mère maternelle s’était battue depuis la naissance avec un souffle au cœur ayant fini par l’emporter peu après la naissance de sa fille.
Et puis il y avait Margaret.
Maggy…

Tiré de mes pensées par la question de la créature sirotant sa flute telle un ouvrier sirotant sa pinte de début de soirée, je portai à mon tour la mienne à mes lèvres afin de me redonner contenance.
Sourire faux et maitrisé paraissant mon visage aux prunelles changeantes. Aux nuances de bleus qui, pour un œil expert, laisseraient paraitre mes humeurs véritables. Mais des nuances qui, invisible aux yeux du monde, n’avaient jamais été distingué que par une seule personne. Celle-là même responsable de celles le plus ternes voilant actuellement mon regard.
« Pourquoi ? » Demandais-je, la voix légèrement trainante et une esquisse de sourire malicieux étirant mes lèvres. Un sourire se voulant avenant, presque complice, mais un sourire qui ne remontait que difficilement jusqu’à mes yeux. « Déjà, car le sol carrelé sous mes pieds nus ne m’est guère agréable et, ensuite, car je n’ai aucune envie de me faire marcher dessus par l’aiguille d’un talon sans aucune protection ! »
Ce qui n’était, sommes toutes, pas à proprement parler un mensonge. Là se trouvait même la plus stricte des vérités.
Une vérité sur timbre de plaisanterie, mais une vérité tout de même.
« Enfin, crois-moi bien que personne ici ne souhaiterait voir mes pieds ! Ils n’ont rien de très esthétique et, les rares personnes potentiellement intéressées par leur contemplation, j’aime autant ne pas trop m’en approcher… » Nouvelle boutade. Une tentative de me lier à cette femme qui serait sans doute la mienne.
Elle voulait faire fi des conventions ? Très bien ! Je pouvais tout à fait mettre de côté certaines des miennes au profit d’une discussion légèrement moins formelle.
Peut-être que, en faisant un pas vers elle, elle en fera elle aussi un vers moi et acceptera de porter son masque au moins le temps d’une soirée.
Dans le cas contraire, et même si ce n’était pas dans l’intérêt de nos familles de faire ça, je pourrais toujours rompre nos fiançailles.
Ne pas porter le fardeau d’une femme incapable de se tenir auprès des plus grands sans faire honte à son nom et à son mari.
Sans me faire honte à moi.
A la maison, elle pouvait bien être qui elle voulait, je n’en avais rien à foutre. Cette dernière sera de toute manière bien assez grande pour pas que nous ayons à nous croiser, mais en extérieur….
En extérieur, elle se devait de porter son nom avec dignité.
Et je ne ferais aucune concession concernant cet état de fait.

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Aletheia Hill
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Hallo, wie geht es ? [PV Aletheia] EmptyJeu 18 Avr - 11:29
Il faisait un effort. La nature de celui-ci pouvait être discutable mais Aletheia savait pertinemment que ce qui se cachait derrière ses mots n’était pas venu tout seul, parce qu’elle avait posé une question à laquelle on ne pouvait pas répondre comme on l’avait toujours fait. Et ce n’était pas plus mal. Si elle devait se marier avec lui – ce qui, quoi qu’elle en pense, était le scénario le plus probable jusque là – elle préférait encore lui demander autre chose que « comment tu vas ? » , « ça va je te plais ? »,  « est-ce que t’aimes le golf ? ». On ne pouvait pas apprendre à connaître quelqu’un avec des questions aussi ridicules, et Aletheia ne comptait pas se lier à un inconnu. Qu’elle le déteste ou l’adore, ça n’avait que peu d’importance, tout ce qu’elle voulait c’était savoir avec précision à quoi s’en tenir.

Instinctivement, il y avait eu deux options pour lui répondre, c’était du moins celles qu’Aletheia avait imaginées. La première était simple : être outré, la laisser en plan, ne pas répondre, la reprendre sèchement, insister sur son manque d’éducation. Ils étaient en public mais à part leurs parents qui, même plus loin, ne cessaient pas de les observer, personne n’avait quoi que ce soit à faire de leur conversation. La deuxième, choisie apparemment par Ulrich, était de jouer le jeu. Au moins un peu. Est-ce qu’il était sincère, en répondant à sa question avec au moins un brin d’honnêteté et un sourire, ou est-ce qu’il mourait d’envie de l’étriper ? C’était ce qu’il restait à déterminer. Mais au moins elle ne pouvait pas nier qu’il faisait un effort pour que les choses ne se passent pas trop mal. Peut-être qu’elle devrait en faire un, aussi, puisqu’elle n’était apparemment pas tombée sur le plus abruti de la soirée. Elle rit un peu, mais sans méchanceté, parce qu’elle appréciait ses réponses – bien que leur authenticité soit sujette à discussions.

- Il faut savoir vivre dangereusement
, répondit-elle sur le ton de la plaisanterie quand il mentionna le carrelage et les talons aiguisés qui risqueraient de lui faire mal. Si tout le monde laissait tomber l’idée stupide de porter qui que ce soit d’aussi inconfortable, personne ne risquerait plus de se faire écraser si douloureusement. Ulrich n’avait pas l’air d’être un fervent défenseur de la promenade pieds-nus, mais tant qu’il ne s’attendait pas à la voir débarquer sur des échasses, elle pourrait peut-être faire un effort pour garder quelque chose aux pieds la prochaine fois. Peut-être.

Elle posa sa flûte sur la petite table qui se trouvait à côté d’eux, ce qui était déjà un effort en soi. Parce que s’il l’avait vraiment ennuyée, elle n’aurait sûrement pas hésité à la terminer, et même à aller s’en chercher une autre.

- Et, en dehors du fait qu’apparemment tes pieds ne sont pas la partie la plus agréable à observer chez toi, il y a quelque chose que je devrais savoir ?


Aletheia n’avait vraiment aucune idée de ce qu’il pourrait répondre à cette question et c’était bien pour ça qu’elle la lui posait. Parce que c’était assez libre pour qu’il s’amuse, pour qu’il réponde quelque chose de drôle dans la veine de leur conversation, ou au contraire qu’il se montre tout de suite plus ennuyeux, qu’il lui parle de sa dernière voiture qu’il allait préférer toute sa vie à elle, ou des ronflements qui les inciteraient, en plus de tout le reste, à faire chambre à part.

Relevant la tête, elle aperçut, un peu plus loin, le regard inquiet de sa mère. Et très franchement, Aletheia eut très envie d’agiter la main de manière tout à fait voyante pour lui faire coucou, et l’obliger ainsi à détourner les yeux. Aller, ce serait drôle, et puis ça lui apprendrait à les regarder comme s’ils avaient besoin d’un chaperon. Mais elle choisit de ne pas tout de suite abuser de la sympathie d’Ulrich. Elle aurait bien le temps de voir à quel point il supportait et appréciait la fantaisie, autant lui laisser une chance, d’abord, de s’exprimer et de voir si elle, elle pourrait l’apprécier. Ne serait-ce qu’un peu. Même si ça dépendrait surtout de sa capacité à la laisser tranquille. Elle croisa élégamment ses jambes, s’installant finalement dans une position aussi correcte qu’elle puisse l’être, ce qu’on n’aurait sans doute pas osé espérer de sa part. Et quelque part, plus loin, sa mère soupira de soulagement.

- T’es plutôt du genre à changer de maîtresse ou tu préfères garder les mêmes ?
Finit-elle par demander, avec un de ces rires artificiels attendus dans ce genre d’occasions, preuve que même si la blague était de mauvais goût elle savait tout de même contrefaire les émotions qu’on attendrait d’une dame. Et que si elle ne le faisait pas, c’était juste parce que généralement, elle n’en avait pas envie.

Parce que la question était tabou mais tellement vraie, parce qu’au fond la réponse importait à Aletheia même si elle présentait le tout comme une blague et qu’Ulrich n’y répondrait sûrement même pas. Mais il faudrait être aveugle pour croire un seul homme de cette salle fidèle. Aletheia n’était pas dupe, et elle au moins, elle l’annonçait tout de suite. Même si elle aurait plutôt dû lui demander ce qu’il faisait dans la vie, ou s’il se souvenait de leur première rencontre. Un truc comme ça. Un truc ennuyeux.
Ulrich Von Kuffner
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Hallo, wie geht es ? [PV Aletheia] EmptyJeu 18 Avr - 13:46
Hallo, wie geht es ?

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Elle rit à ma remarque et, aussi étonnant que cela puisse me paraitre compte tenu de ce début de soirée, son rire discret et communicatif me tira un sourire presque tendre. Mon premier vrai sourire de la soirée et, sans doute, le dernier.
Vivre dangereusement, qu’elle disait.
Tenter un saut en parachute, c’était vivre dangereusement. Manger un plat épicé lorsque l’on n’en avait pas l’habitude, c’était vivre dangereusement. Accepter les avances d’un homme que l’on venait de rencontrer et l’inviter à passer la nuit chez soi lorsqu’on était une jeune femme, c’était vivre dangereusement. Placer une partie de son patrimoine économique dans un brevet sans aucune garantit que celui-ci ne devienne, à terme, le nouvel Iphone, le nouveau Facebook ou le nouveau Microsoft, ça, c’était vivre dangereusement.
Marcher pieds nus dans une salle au sol carreler mal isolé et grouillante de monde, ça, on appelait ça de la folie !
Sirotant du bout de mes lèvres une nouvelle gorgée de champagne, j’observais du coin de l’œil ma compagne de la soirée poser sa flute sur l’un des petits meubles en bois noble entourant notre banquette.
Elle était belle, il fallait bien lui laisser au moins cette qualité.
Elle était grande, élancée et voluptueuse. Ses boucles blondes et soyeuses mettant en valeur son visage sobrement maquillé, presque poupon malgré ses vingt ans bien tassé.
Une taille mannequin qui, si elle manquait d’élégance, ne tarderait guère à la faire passer de sex symbol à grande asperge désarticulée.
Un corps qui devait être à la fois son plus grand atout et son fardeau.
Un corps qui, ainsi assit à côté du mien, ne me paraissait soudain pas si imposant que ça.
Frêle créature dont les boucles blondes caressaient parfois mon épaule sobrement vêtue, à hauteur de son crâne.

« Je pense pouvoir dire en toute honnêteté que, sauf peut-être aux yeux de quelques rares badauds, nuls pieds ne semblent esthétique » Ne pus-je m’empêcher de répondre à sa remarque concernant les miens tandis que, un haussement d’épaules discret secouant mon corps, je  me pris à réfléchir sérieusement à sa question. Y avait-il quelque chose qu’elle devrait savoir sur moi ? Sûrement, oui. La vraie question concernait plutôt ce que moi je souhaitais partager avec elle.
Répondre sérieusement ? Lui répondre par une boutade ?
Deux choix, c’était un de trop. Surtout compte tenu de notre relation présente et à venir.
Finalement, après quelques courtes secondes d’hésitation me paraissant des années, je me décidais à répondre un savant mélange de vérité et de malice.
« Surtout, ne le répète à personne, mais… En réalité, j’ai horreur des huitres ! S’il m’arrive d’en consommer, ce n’est là que par pure forme. En vérité, je ne les supporte pas… »
Et encore, là était bien peu dire compte tenue de ma réalité vécue lorsque ces infâmes mollusques pénétraient mon système digestif.
Mets aux allures de morve saillante semblant bien décidé à prendre leurs tickets aller-retour au sein de mon estomac. Même les plus fraiches de leurs congénères.
Et si je passais volontairement les détails les plus scabreux de cette intolérance sous silence, la moue sincèrement écœurée déformant mon visage d’ordinaire flegmatique aura sans doute tôt fait d’appuyer encore un peu plus mes propos.

Suivant des yeux ceux d’Aletheia, si tenté que ce nom soi bien le sien, traversant la foule, je ne pus m’empêcher de sourire au regard de celui de nos parents porté sur nous.
Ils avaient beau avoir accepter de nous laisser un peu seuls, nuls doutes possible qu’ils passeraient le restant de la soirée à nous observer de loin entre deux sourires, deux courbettes, deux flutes de champagnes et deux gracieux dons servant à… servant à quoi au juste ?
A quelle oeuvre revenait donc l’argent récolté lors de cette soirée ? A la recherche ? A la construction/rénovation de l’un ou l’autre monument historique ? A mettre fin à la faim dans le monde ?
Je n’en avais, à dire vrai, pas la moindre idée.
Sans doute que je l’eu su à un moment donné, mais que, comme souvent, cette information avait été remplacée par une autre, jugée par mon esprit comme plus importante.
Par exemple, le tour de poitrine de cette femme ayant partagée ma couche quelques heures auparavant.
Et comme, si Aletheia venait de lire dans mes pensées les plus fugaces, sa question sortie des profondeurs du non-dit manqua de peu de me faire m’étouffer avec ma gorgée de champagne.

Etait-elle sérieuse ?
Venait-elle sérieusement de me poser une question à propos de mes, potentielles, futurs maitresses ?
Si sa posture désormais sobre et sophistiqué m’avait laissée à penser que la jeune-femme avait consentit à quelques efforts et passerait le reste de la soirée dans un semblant de respect des traditions les plus insidieuses, mes espoirs furent rapidement réduits à néant par cette simple interrogation qui, sertie d’un rire hautain, était pourtant dénuée du moindre humour.
Certes, je ne doutais pas du fait que, sous ses airs un peu rustre, cette femme connaissent mieux qu’elle ne le laissait paraitre les règles de cet immense plateau de jeu sur lequel nous évoluions tous deux. En témoigne sa présence ici, les efforts consentit pour s’asseoir de manière un peu plus convenable sur l’assise de cette banquette ainsi que son rire faux et presque en tout point semblable à celui de ma mère et de toutes les femmes présentes dans cette pièce.
Néanmoins, et même en sachant que la fidélité n’était qu’un idéal de facette pour les êtres de notre rang, je n’aurais jamais pensé entendre un jour pareille question. Encore moins de la bouche de ma future épouse qui, toute consciente qu’elle était des réalités de notre couple, était sommée par la bienséance de taire cette vérité que nuls ne saurait entendre.
Tout comme je devais moi-même taire l’hypothèse que, toute femme qu’elle était, elle-même pourrait très bien voir ailleurs si j’y étais. Ou, plutôt, si je n’y étais pas.
La seule règle, en plus de la discrétion, était pour l’un comme pour l’autre de ne jamais donner naissance à des bâtards.

Que répondre à pareille question ?
Attendait-elle seulement une réponse ?
Oh, bien sûr, je pourrais me contenter de lui répondre que jamais, ô grand jamais, je n’irais fourrer d’autres femmes que la mienne, mais elle comme moi savons pertinemment qu’une telle promesse serait un mensonge.
Déjà car on ne savait jamais de quoi demain sera fait, mais aussi et surtout car je n’avais pas la moindre envie de lui rester fidèle. Pas la moindre envie de me cantonner aux faveurs d’une seule femme pour le restant de ma vie. Pas envie d’appartenir à qui que ce soit, ni de corps ni d’âme et pas envie d’être dépendant de quiconque. Surtout pas d’une femme.
Que répondre ? La vérité ? Etait-elle seulement capable de l’entendre ?
Pour avoir posé cette question avec autant de naturel et ce dès notre première soirée, j’avais bien envie de penser que oui, mais qui savait véritablement ce qui se cachait derrière les plus innocents mots des femmes ?
On en revenait encore et toujours à cette manipulation qu’elles induisaient en nous. A cette candeur de façade leur servant à nous faire cracher nos pires secrets.
Hors que question que je ne m’ouvrir à elle de la sorte, ni ce soir, ni jamais.
Mais je ne pouvais décemment pas non plus lui mentir sur pareil sujet. Elle le saurait. Elle n’était pas aussi naïf que d’autres feignaient de l’être.
Quant à esquiver la question, ce ne serait là qu’un moyen détourner de confirmer ses propos. Que de lui montrer une couardise indigne d’un homme.
Soupirant imperceptiblement, je reportais la flute à mes lèvres pour la terminer avec calme et résignation.
Je ne pouvais ni mentir, ni encore moins fuir, mais rien ne m’obligeait à lui révéler toute la vérité. Toute ma vérité.
« Si, et je dis bien si, je devais avoir recours à quelques maitresses que ce soit, je pense que j’opterais plutôt pour des femmes de passages. La seule régulière méritant ce titre est et restera mon épouse »
Une vérité qui, pourtant, était loin d’être entière.
S’il était vrai que je n’avais pas pour dessein de posséder quelques maitresses régulières qu’il soit, ce n’était pas tant en signe de respect pour mon épouse que par désire de renouveau.
Si mes obligations me forçaient déjà à me parader avec une seule et unique femme à mon bras, hors de question, en plus de ça, de tremper toujours dans les mêmes trous.
Si même mes incartades devaient se jouer sur le même son de cloche, à quoi bon ? Autant être polygame tout de suite et dire adieu au fun. Adieu à la chair tendre et juvénile d’une pucelle et à l’expérience accrue d’une femme d’âge mûr.
Adieu à l’excitation d’une rencontre, d’un jeu de séduction, d’une séparation.
Adieu à ce qui faisait que, en plus de l’acte en lui-même, la sexualité était quelque chose d’aussi grisant. D’aussi plein de vie.
« Et toi ? Plutôt du genre à te trouver un petit amant avec lequel filer le parfait amour à l’abris des regards indiscrets où à te réconforter dans les bras d’hommes plus jeunes ? »

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Hallo, wie geht es ? [PV Aletheia] EmptyVen 19 Avr - 0:48
Aletheia devait se rendre à l’évidence : elle aimait bien Ulrich. Qu’il soit sincère ou non, ce n’était pas le débat, elle savait bien qu’on ne pouvait jamais l’être tout à fait, même elle, qui se moquait bien de ce qu’on pourrait penser les trois quart du temps, devait admettre qu’il en restait un quart pendant lequel elle portait le même masque que tout le monde. Mais au moins n’était pas en train de lui faire la morale, il ne s’empêcha même pas d’accompagner son aveu par une grimace qui semblait honnête. Et puis, elle détestait les huîtres aussi de toute façon. La différence, c’était qu’elle ne s’obligeait jamais à avaler un truc aussi dégoûtant. Elle aurait aimé avoir le loisir de finir ses jours avec quelqu’un qui aurait la même vision qu’elle de ces soirées ridicules, et qui préférerait aller s’amuser dans un coin plus sympa. Elle aurait aimé se trouver quelqu’un qui ne trouve pas utile de se faire bien voir dans des endroits pareils. Leur argent parlait tout seul, à quoi bon se fatiguer à jouer les gens plus distingués quand on savait très bien que personne ne pensait un seul de ses mots ? Hein ?

Quand il répondit au sujet des maîtresses, le sourire un peu moqueur d’Aletheia revint. Parce qu’elle se demandait s’il lui disait ce qu’il pensait qu’elle voudrait entendre, ou s’il était sincère. Ça la décevait presque un peu, qu’il se sente obligé de commencer par rappeler toute l’hypothèse que représentait le fait de prendre une maîtresse. Ou plusieurs. Mis devant le fait accompli, il prenait la peine de préciser que sa réponse ne vaudrait que «  si et seulement si » il finissait par faire appel à l’une d’entre elle. Et Aletheia, elle ne croyait pas devoir mettre un seul « si » devant cette phrase. C’était peut-être un peu prétentieux de penser connaître tous les hommes, elle n’irait pas jusque là, mais les hommes comme lui

« Et toi ? Plutôt du genre à te trouver un petit amant avec lequel filer le parfait amour à l’abris des regards indiscrets où à te réconforter dans les bras d’hommes plus jeunes ? »

Aletheia rit sincèrement, en l’entendant lui retourner la question. Il était moins coincé qu’il en avait l’air. Ou alors, trop curieux pour rester enfermé dans les jolies règles de bienséances qui semblaient lui tenir assez à coeur pour qu’il la questionne sur ses chaussures. Dans les deux cas c’était intéressant pour elle, et ça lui changeait de toutes les discussion superficielles ou ennuyeuses qu’elle aurait pu mener durant une soirée de gala habituelle.

- Je n’ai pas encore tranché la question,
annonça-t-elle d’un air tranquille, comme s’il s’était contenté de lui demander si elle préférerait porter une robe rouge ou une robe bleue la prochaine fois. Plus jeunes, plus vieux, c’est pas ça l’important. Et puis, j’aime les hommes grands répondit-elle en faisant référence au mot de « petit » amant qu’il avait utilisé, même si elle avait très bien compris que ce n’était pas exactement ce qu’il avait dû vouloir dire.

Elle n’avait de toute façon pas encore de mari à tromper, et elle n’avait trouvé personne qui soit digne d’intérêt pour le moment. Mais ses goûts en matière d’hommes étaient aussi changeants que ses humeurs, que ses lubies, et elle pourrait très bien croire au parfait amour pendant trois heures avant d’aller oublier tout ça dans les bras d’un autre. Peut-être qu’elle irait oublier ses amants décevants auprès de son mari ? Il y avait de forte chance pour qu’il veuille au moins un enfant, un jour, et il n’était pas laid. Ça pourrait se faire.

- Mais, je me rappelle que c’est toi qui as eu l’idée de cette conversation plus privée,
reprit-elle tout à coup, alors, qu’est-ce que tu voulais me dire ?

Elle se doutait que la réponse devait être « rien », qu’il ne l’avait probablement attirée là que parce que c’était ce qu’on attendait d’eux : faire connaissance, faire semblant que tout allait bien. Mais elle aimait faire comme si ce monde avait un sens et qu’elle tentait de le percevoir. Ça finissait par mettre les autres mal à l’aise, quand ils comprenaient qu’ils agissaient sans autre raison que « on a toujours fait comme ça ». Ça les mettait face à l’absurde.
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Hallo, wie geht es ? [PV Aletheia] EmptyVen 19 Avr - 10:49
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Elle est étrange, cette femme.
Cette créature aux manières plus que discutables et au rire bien trop aisé.
Pour être tout à fait franc avec moi-même, je ne sais encore trop quoi en penser.
Une partie de moi s’offusque d’aussi peu de savoir vivre alors qu’une autre, une infime autre, en vient presque à l’admirer. L’admirer d’être aussi peu… aussi… d’être elle, en faite. D’être elle dans un milieu où personne, absolument personne, n’était lui-même.
Dans un milieu ou montrer qui vous étiez était sans doute la pire chose à faire. Ou le moindre faux pas, le moindre mot de travers pouvait et serait retourné contre vous.
Un monde régit pas le faste, mais surtout pas le faux. Par le paraitre, bien plus que par l’être.
L’être devait servir le paraitre, et non pas l’inverse.
Un immense plateau de jeu duquel on n’hésitera pas une seule seconde à vous chasser pour s’assurer la victoire.
Il n’y avait pas de gagnant, à ce jeu, seulement des perdants. Et hors de question que je ne fasse partie des perdants. Jamais !
Mais elle, cette femme destinée à être la mienne, n’avait pas l’air de faire fit de tout ces risques. Elle avait l’air de se moquer copieusement des conséquences de ses actes, comme si elle était sote, naive, ou comme si elle pensait que, de par son simple statut, tout lui était dû.
Mais non.
Non.
Bien au contraire, même.
Notre statut nous assurait certes une place dans la haute société, mais c’était à nous de faire en sorte de la conserver. De l’élever !
Il était de notre devoir en tant qu’héritier de préserver ce que nos parents nous avaient laissé. Ce que les leurs leurs avaient laissé et ce que les parents des parents de nos parents leurs avaient laissé avant eux.
L’argent était un moyen, non pas un but en soi.

Esquissant un nouveau sourire à l’entente de son indécision concernant ses futures amants, je ne pu m'empêcher de rire à mon tour alors que, mes prunelles de la couleur d’un ciel d’été ancrées dans les siennes, je haussais les épaules avec nonchalance.
Elle pouvait bien se faire troncher par qui elle le désirait, cela m’importait guère, pour être tout à fait sincère. Tant qu’elle ne se faisait pas engrosser par un autre et qu’elle faisait ça discrètement, notre honneur à tous les deux ainsi que celui de notre famille serait sauf !
Les avantages à ne jamais se laisser aller à la tendresse d’une femme ailleur que dans un lit, c’était justement de ne jamais souffrir de ne pas être le seul à qui elle l’offrait.
“Pour ce qui est de tes critères en matière de taille, je pense parvenir à y répondre à peu près convenablement”
Ne pus-je m’empêcher de sourire, un éclair malicieux traversant mon regard alors que, dans un élan de bienséance, je me retenais de faire la moindre remarque concernant une autre mesure inhérente à mon anatomie. “Merci les origines Autrichiennes, d’ailleurs” Origines qui, pareilles à celles allemandes en générales, étaient plutôt connues pour donner naissance à des êtres de grandes tailles. 1m87, pour ma part.
Loin d’être un géant, je trouve ma taille presque idéale.
Ni trop petit, ni trop grand.
Suffisamment haut pour dépasser la majorité des femmes que j’ai pu connaître, même sur talons hauts, mais pas assez pour passer pour une grande perche désarticulée aux yeux des passants.
Je pouvais porter à peu près n’importe quelle sorte de vêtement que ceux ci m’allaient comme un gant et, surtout, je ne me prenais pas, ou alors très rarement, l’encadrure d’une porte en pleine poire.
Je vous l’ai dit : je mesure la taille parfaite !

Hélant un garçon au passage, je récupérais deux nouvelles flûtes de champagne que je tendit à la douce aux questions des plus impertinentes avant de porter la seconde à mes lèvres.
Les bulles chatouillant ces dernières me tirèrent un sourire amusé alors que, légalement, je n’étais même pas censé être en âge de boire dans ce pays. 21 ans. Et puis quoi encore ?
En Autriche, l’âge légal pour consommer tout type d’alcool était de 18 ans, comme dans la plupart des pays d’Europe, en faite.
Pourquoi les Etats-Unis avaient-ils décidé de monter cette limite à 21 ans lorsque le permi était passable à 16 ? Aucune idée ! D’autant plus quand on savait que la plupart des jeunes Américains commençaient à boire bien avant l’âge légal.
Quoi qu’il en soit, personne ne m’avait encore jamais demandé ma carte d’identité depuis mon arrivée ici et, dans le pire des cas, je n’aurais aucun mal ni à soudoyer le barman, ni à envoyer mon chauffeur ou quiconque acheter quelques bouteilles en mon nom.
Tirer une nouvelle fois de mes pensées par une nouvelle question d’Aletruc, je me prit à jeter un coup d’oeil discret en direction de nos géniteurs, constatant une fois encore que le regard de ces derniers était toujours porté sur nous. “Pour être tout à fait franc, j’avais surtout envie de m’éloigner quelque peu d’eux” Je fini par répondre, le plus sincèrement du monde cette fois.
Je n’avais pas de réelle raison de nous avoir conduit jusqu’ici, sinon celle de ne pas sentir le regard de ma mère épier chacun de mes faits et gestes à quelques centimètres de distance.
Cette femme était capable de me recoiffer en pleine conversation ou de venir susurrer à mon oreille qu’un plis de ma chemise était en train de ressortir de mon pantalons en plein débat auquel elle ne participait même pas.
Si certaines personnes me trouvaient trop protocolaire, ils n’avaient certainement jamais eu affaire à ma mère !
Déjà que, ainsi, leurs regards ne cessaient de revenir sur nous, imaginez si nous étions resté à leurs côtés ?
Il y avait de ça et, aussi, un peu du fait que, ayant vu débarquer la jeune femme pieds nus et manières absentes, j’avais préféré m’éloigner du gros de la foule avant de me faire juger d’eux. Mais ça, bien sûr, je ne lui en ferait sans doute jamais part.
Celui qui disait que le regard de l’autre importait peu était un idiot. Ou un prolo. Après tout, une fois en bas de l’échelle, il était difficile de tomber plus bas.
Quant à ce que j’avais à lui dire ? Pas grand chose, au final. Les seules questions traversant mon esprits étaient celle concernant ses projets d’avenir, ses passe temps et ce qu’elle faisait pour occuper ses journées les plus longues.
Les échanges basique de toutes personnes se rencontrant pour la première fois, en somme.
Même si ce n’était pas là notre première rencontre, en vérité.
Pas même notre deuxième. Mais nos entrevues avaient sans doute été si courtes, si noyés dans une infinités d’autres que, même en sachant l’avoir déjà croisé à plusieurs reprise, je ne possédais guère de souvenirs de notre passé commun.
“Est ce que tu comptes travailler, une fois mariée ?”


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Aletheia Hill
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Hallo, wie geht es ? [PV Aletheia] EmptyMar 23 Avr - 20:29
Ulrich ne semblait pas incapable de faire preuve de franchise et il ne chercha pas à dissimuler son envie de s’éloigner de leurs parents respectifs en la faisant passer pour un quelconque désir de s’entretenir directement avec elle alors que ce n’était pas vrai. C’était déjà ça. Sa remarque sur sa taille la fit un peu sourire alors qu’elle ne se gênait pas pour le détailler un peu mieux du regard. Et lui ? Quels étaient ses critères en matière de femme ? Aletheia n’était pas du genre à craindre de poser cette question, il devait s’en douter désormais, mais elle la retint simplement pour le laisser mener la conversation à son tour un moment, estimant que ce serait une autre manière intéressante d’apprendre à le connaître. Et cette fois, devant une question si banale, elle fut un peu déçue. Peut-être qu’elle en aurait appris plus en lui demandant si elle devait se teindre les cheveux pour lui convenir – ce qu’elle n’aurait de toute façon pas fait.

- Je sais pas, si je trouve quelque chose d’intéressant à faire, pourquoi pas.

Mais est-ce qu’Aletheia était seulement capable d’obtenir puis de conserver un emploi ? Elle détestait faire quelque chose qui ne l’intéressait pas réellement, et ses passions ne duraient jamais bien longtemps. Mener ses études à bien n’avait pas été de tout repose : la fille n’était pas bête bien au contraire, mais elle se lassait trop vite pour apprécier d’aller véritablement au fond des choses, et ça lui avait souvent porté préjudice. A moins que ce ne soit son caractère un peu trop libre… ? Il n’était pas dit non plus qu’elle cherche un emploi, de toute façon. Le mariage n’était qu’un moyen pour ses parents de se débarrasser d’elle – du moins elle voyait les choses ainsi – mais quoi qu’il en soit elle savait très bien qu’elle aurait largement assez d’argent pour se permettre de bronzer sans s’inquiéter jusqu’à la fin de ses jours. De toute façon, même si Aletheia avait de nombreuses lubies, elle n’était pas aussi dépensière qu’on pourrait le croire en la voyant céder de si onéreuses chaussures à n’importe qui. Elle était plus généreuse que dépensière, d’ailleurs, préférant acheter pour les autres que pour elle. Encore un trait de caractère qui ne l’avait pas rapprochée de ses parents…

La demoiselle porta à ses lèvres la flûte de champagne que son… Interlocuteur lui avait gentiment tendue. Effectivement ce ne serait pas de trop si la discussion persistait sur ces sujets là. Ce n’était pas que l’avenir ne l’intéressait pas, ni même qu’elle ne voulait pas nouer cette espèce de contrat qui la lierait invariablement à Ulrich et déterminerait à peu près ce que chacun pouvait raisonnablement attendre de l’autre : ce passage là serait obligatoire, autant pour la durée de leur « couple » que pour ce qu’ils laisseraient paraître. C’était juste qu’ils étaient à une soirée à laquelle Aletheia n’avait jamais eu l’envie de participer et qu’elle aurait aimé l’égayer au lieu de rester assise au fond d’un fauteuil confortable mais… Tout aussi ennuyeux que la tournure qu’avait prise la conversation.

- Tu aimes danser ?
Demanda Aletheia avec une arrière-pensée qu’elle ne dissimulait en rien du tout : se rendre sur la piste de danse. La compagnie d’Ulrich n’était pas encore assez désagréable pour qu’elle veuille spécialement la fuir, autant lui proposer de participer, et puis si ça se passait à peu près bien ses parents seraient contents et elle aurait la paix un moment. Peut-être même qu’elle échapperait aux réprimandes au sujet des chaussures… Ou te promener, je sais pas, je trouve qu’on s’ennuie vite ici, t’as pas envie de faire quelque chose ?

Du moins, quelque chose qui l’amuserait un peu plus que de boire du champagne en discutant d’avoir des enfants, de travailler après le mariage, du nombre de paires de boucles d’oreilles qu’elle souhaitait s’acheter dans une vie ou de passion pour le golfe. Aller demander à un autre homme de l’accompagner – ou à n’importe quelle autre fille, d’ailleurs – ne lui poserait aucun problème de toute façon. Ça ruinerait peut-être ses rêves de tranquillité mais de toute façon Aletheia n’était pas spécialement du genre à se soucier des conséquences de ce qu’elle faisait… Dans une certaine mesure. Disparaître pour aller profiter du clair de Lune dans le bois d’à côté… Elle ne se serait pas gênée, si elle en avait eu envie. Si elle avait eu la certitude qu’il y avait ce genre de sympathique et bucolique endroit non loin, il y avait fort à parier qu’elle en aurait eu envie, d’ailleurs. Mais à la place elle était là. Si Ulrich voulait continuer à lui poser des questions sans intérêt, qu’il la laisse au moins se dégourdir les jambes ou profiter de la musique en même temps !
Ulrich Von Kuffner
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Hallo, wie geht es ? [PV Aletheia] EmptySam 27 Avr - 1:23
Hallo, wie geht es ?

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Sa réponse à ma question concernant ses choix de carrières futures restent évasive, mais je m’en contente dans un hochement de tête approbatif.
La vérité, c’est que je n’ai moi-même pas grand avis sur la question.
Enfin…
Disons que j’en ai bien un petit, mais que, toutes éducations confondues, mon point de vue se rapprocherait plus de celui de la classe populaire que de la mienne. Une classe aux valeurs plus que douteuses, pour ne pas dire carrément crasseuses. Aussi, je préfère autant le garder pour moi.
Si, pour ma part, il me semblait évident que j'entreprendrais une carrière d’avocat ou de juriste une fois mon diplôme en poche, ce n’était là qu’un choix de plus induit par mon éducation qui, toute bourgeoise fut-elle, m’avait inculquée une certaine valeur du travail.
Pas la même que celle inculquée aux castes ouvrières et paysannes, certes, et bien heureusement d’ailleurs, mais une valeur qui, non contente d’élargir nos horizons et notre cercle de contacts, nous permettait de garder un pied dans cette société que nous regardions de haut. Car sans ce pied, quels sont les badauds qui penseraient à lever les yeux jusqu’au ciel pour tenter de nous apercevoir ? Pas grand monde...
Non. Il nous fallait garder un point d’ancrage dans leur réalité monotone si l’on voulait maintenir un certain ascendant sur eux.
Une fois encore, l’argent ne faisait pas tout. La notoriété était souvent bien plus puissante que lui.
Mais ce n’était pas tant ses intentions d’avoir ou non un métier que je cherchais à déceler derrière cette question on ne peut plus attendue de la part de deux promis. Non. A dire vrai, elle pouvait tout aussi bien n’en avoir aucun que de garder le même tout du long de sa vie ou encore en changer tous les six moi que, outre les scandals que cela pouvait engendrer, je n’en aurait fichtrement rien à carrer.
Mes intentions étaient bien plus profondes que ça, en réalité.
Si cette femme et moi-même devions finir par nous marier, nul doute que, à un moment ou un autre, il nous faudra penser à pondre un héritier. Et lorsque cela arrivera, il est fort à parier qu’elle fera appel à une nourrice pour s’en occuper, comme ce fut mon cas et sans doute le sien également.
Et c’est cette idée là qui me partage.
Pour laquelle je ne sais trop quoi penser.
Une partie de moi approuve cette initiative une fois encore inhérente à notre condition de hauts, mais une autre, une infime autre ne peut s’empêcher de me susurrer à l’oreille que là est sans doute notre plus grande erreur.

J’éprouve le plus grand respect qu’il puisse être pour ma nourrice.
Aussi étonnant que cela puisse paraître à tout ceux connaissant ma révulsion pour la classe populaire, cette femme m’ayant élevée mérite sans contexte toute ma reconnaissance et même plus.
Elle a su se montrer patiente face au petit garçon indiscipliné que j’étais et à m’inculquer des valeurs qui n’étaient pas les siennes, mais qui me servent encore aujourd’hui.
Elle m’a nourrit, coucher, veiller lors de mes nuits les plus fiévreuses auxquelles ma mère refusait de participer de peur d’être contaminé et de ne pouvoir assister au prochain gala… Mise en quarantaine forcé en compagnie de cette femme au coeur aussi gros que ne l’était le reste de son corps.
Un corps doux et chaud qui fut le premier à me procurer un peu de réconfort et de tendresse.
Sans doute également le dernier, d’ailleurs.
Avec du recul, je me rendais bien compte que j’avais du lui en faire voir de toutes les couleurs, à cette pauvre femme, mais elle était resté présente à mes côtés jusqu’à la fin. Jusqu’à ce que je ne quitte la demeure familiale et même le pays pour faire mes études secondaire en angleterre.
Elle avait été la première femme, et sans doute aussi la dernière, à m’aimer aussi intensément. A s’inquiéter pour moi en tant que personne et non pas en tant que fils de, comme le lui demandait son poste.
Elle avait prit le temps de jouer avec moi lorsque mes parents étaient absents et m’avait puni plus de fois qu’à mon tour.
Punitions qui, avec du recul, auraient sans doute fortement déplus à mes géniteurs qui, malheureusement pour eux, n’étaient pas suffisamment présent pour avoir le temps de s’en inquiéter.
Quoi que puissent en dire les test ADN et quoi que je puisse moi-même affirmer devant mes semblables, ma véritablement mère n’était non pas celle m’ayant donner naissance, mais celle ayant sacrifié une bonne partie de sa courte vie pour moi.
Et je lui en serait éternellement reconnaissant.
Mais avais-je pour autant pour dessein de faire vivre le même genre d’amour filiale de surface ?
Pas sûr…
Mais je le ferais sans doute, comme tant d’autres avant moi. Parce que c’était comme ça. C’était ce qui était attendu. C’était la meilleure chose à faire

“Danser ?”
Je répète, légèrement hagard de mes pensées vagabondes alors que, mon sempiternel sourire de circonstance masquant mon trouble, je lui répondait avec amusement. “J’ai pris des cours de danse, plus jeune. De danses de salon, principalement. J’apprécie plutôt ça, et toi ?” Je demande, bien conscient de la demande latente derrière une telle question. Ais-je envie de danser, là, maintenant ? Pas vraiment ? Mais ais-je envie de m’éclipser de cette soirée alors que nos parents ont leurs yeux rivés d’espoir sur nous ? Non plus.
Alors, à choisir, je préfère encore danser.
Mais sans chaussures, cela me paraissait légèrement compromis.
Me levant d’un bond avec grâce et désinvolture, je tendis ma main à la jeune femme et l’aida à se redresser avant de lui indiquer du menton l’ouverture menant au jardin aménagé. Il faisait frais, mais l’air était sec. Avec un peu de chance, elle pourrait marcher pieds nus sur l’herbe sans trop de risque de les salir.
“Un petit tour dans le jardin, ça te dit ?”
Nouveau sourire encourageant alors que, dans un dernier regard pour nos géniteurs, j'escortais ma potentielle futur épouse jusqu’aux massifs de fleurs magnifiquement entretenue bordant l’entrée du jardin.
Dos droit et tête haute, je slalomais entre les divers convives que je saluais d’un signe de tête discret et entendu avant de quitter la foule pour un coin plus tranquille, à l’ombre d’un arbre enveloppé par les ténèbres.
“Je t’aurais bien proposé d’aller faire un tour de bâteau, mais ce n’est ni le lieu ni l’endroit pour ce faire”
Un bâteau, ou mon bâteau, d’ailleurs. Petit yacht sans prétention possédant une cabine plutôt cosy, suffisamment bien agencée pour tenir jusqu’à une semaine entière de croisière.
Bâteau que, merci papa, j’avais appris à manoeuvrer très jeune.
Et, pour être tout à fait franc, je devais bien avouer que j’adorais ça. Être en mer, là, seul sur mon yacht. La brise marine décoiffant mes cheveux et le soleil caressant ma peau.
C’était un moment que j’appréciais tout particulièrement.
Observant la jeune femme me faisant face, je me surpris à manquer de sujet de conversation.
Enfin, plutôt, de manque de sujets de conversation capable de capter son intérêt plus de quelques secondes.
Si le mariage finissait par être prononcée, j’allais définitivement devoir faire l’impasse sur les galas en couple pour finir seul représentant de notre noble famille.
Raison de plus pour lui laisser l’éducation des enfants.
Quoi que… Imaginez qu’ils finissent eux aussi comme elle ?
………
“A quel âge as tu vécu ta première fois ?” Question totalement intime, mais première question hors de chantiers battu qui me passa par la tête.
Au moins, on ne pourra pas me dire que je n’ai pas essayé !


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Aletheia Hill
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Hallo, wie geht es ? [PV Aletheia] EmptyLun 20 Mai - 8:06
Danse de salon. Aletheia ne pouvait pas vraiment être surprise par cette réponse, certes, mais il fallait avouer que ce n’était pas exactement ce qu’elle attendait non plus. Elle aussi, elle avait eu droit à ce genre de… Leçons ? Passe-temps ? Elle avait trouvé ça amusant un moment, elle était même plutôt douée, mais comme toutes les activités elle avait fini par se lasser. Alors, elle avait laissé tomber, pour reprendre ça pendant six mois un an ou deux plus tard. Et elle s’était lassée à nouveau. Et elle avait repris encore. Est-ce qu’elle appréciait ça ? Oui, plutôt. Mais elle préférait de loin pouvoir danser sans avoir à se soucier du public, danser au milieu d’une boîte quelconque où on ne lui demanderait jamais une valse parfaite. Mais danser, au moins, c’était bouger. Et dans une soirée aussi ennuyeuse que pouvait l’être un gala, avoir une occasion de bouger et de faire autre chose que de s’enfiler des verres d’alcool trop cher en souriant niaisement était toujours appréciable. Même pour une valse pourrie.

-Ouais, enfin, ça dépend des jours – et avec qui.

Un sourire rieur, un air malicieux se peignit sur son visage alors qu’elle lançait presque un regard en coin à Ulrich. Elle aimerait bien danser avec lui, ce soir. Déjà pour s’occuper, très clairement, mais aussi… Parce que ça faisait partie des moyens d’apprendre à le connaître un peu mieux. Au moins il n’avait pas l’air timide, il n’avait pas non plus refusé, peut-être que si elle devait supporter d’autres gala en sa compagnie ce ne serait pas un calvaire plus difficile à supporter que ça ne l’était en ce moment. Parce qu’il ne serait sans doute pas question – du point de vue de la politesse et de la respectabilité- de passer de bras en bras toute la soirée en délaissant son mari. Aletheia serait capable de le faire sans problème, à vrai dire, mais elle n’était pas idiote. Si elle pouvait éviter les ennuis et en même temps s’amuser, il n’y avait pas de raison de préférer une option qui aurait des conséquences fâcheuses. D’un autre côté…. A partir de quel genre de conséquences ça devenait réellement fâcheux ?

Ulrich se leva bien vite, d’un bond qui avait quelque chose de gracieux et en même temps de presque négligé, assez proche au fond de l’attitude habituelle d’Aletheia. Une fille gracieuse, quand elle ne se laissait pas tout à fait aller, oscillant toujours entre la nonchalance et la légèreté qu’on prêterait à une danseuse. Et comme tout homme charmant, il lui tendit une main qu’elle saisit en levant un peu les yeux au ciel. Que de manières !

“Un petit tour dans le jardin, ça te dit ?”

Tirant plus sur sa main que ce qu’il aurai été poli de faire – espérant lui faire passer l’envie de ce genre de galanteries vaines et ridicules – elle se dressa de nouveaux sur ses deux jambes. Le jardin, c’était mieux que la danse. Moins énergique mais bien plus tranquille. Et tranquille, ça voulait dire plus loin du regard lourd de la plupart des gens. Parce que même si le jardin n’était pas désert, nombre de demoiselles n’avait pas envie d’enfoncer leurs talons dans l’herbe et de salir le bas de leurs jolies robes longues – sans doute destinées à cacher quelque chose de disgracieux. Voyant Ulrich bien droit, dans le parfait rôle de l’homme galant, Aletheia trouve ça drôle. Alors, sur le chemin qui menait jusqu’au jardin, elle se divertit à faire de même. Se tenir parfaitement droite, avec le parfait sourire adéquat, avec la démarche attendue, avec les yeux de biches. Profitant aussi de voir les regards parfois un peu envieux d’autres demoiselles qui ne devaient pas beaucoup s’amuser, et qui auraient sans doute préféré jouir de la compagnie hypocrite d’un prince charmant. Peut-être même qu’elles croyaient encore, pour certaines, qu’Ulrich pourrait en être un. Aletheia n’était pas si bête.

Et quand ce petit jeu cessa de l’amuser, elle cessa d’y jouer. L’herbe un peu humide qui chatouillait ses pieds, la fraîcheur de l’air… C’était quand même bien plus agréable que le reste du lieu de réception. Et Ulrich marqua un point, même si elle ne l’aurait pas avoué, en l’emmenant un peu plus loin encore des autres, sous un arbre.

“Je t’aurais bien proposé d’aller faire un tour de bâteau, mais ce n’est ni le lieu ni l’endroit pour ce faire”


Aletheia haussa les épaules et pouffa un peu de dire. Elle aurait adoré, elle, aller faire un tour en bateau. Justement parce que ce n’était pas le moment. Parce que ça aurait un goût de défi, parce que ce serait drôle, parce que ça dérangerait sûrement leurs parents, aussi. Parce que ça aurait été une petite aventure, parce que ça n’aurait pas été dicté par des conventions bêtes, hypocrites et surtout ennuyeuses. Aletheia ne cherchait pas la désobéissance à tout prix. Mais elle cherchait à fuir l’inconfort et l’ennui : tout ce que sa vie ne lui laissait pas fuir, en fin de compte.

- Justement, c’est une très bonne idée.

Mais vu comme c’était parti… Elle aurait droit à un tour de bateau tout à fait convenu à un horaire acceptable, peut-être même sous surveillance, et ça perdrait tout le charme que ça aurait pu avoir. Levant les yeux, Aletheia se perdit un peu dans la contemplation de l’arbre qui les surplombait. Les branches, les feuilles dont elle observa les contours et les couleurs, essayant de se rappeler de ce qu’elle savait pour en reconnaître l’espèce. Elle avait eu une grande passion, à un moment, pour les végétaux. Et comme toutes ses grandes et éphémères amours, celle-ci avait laissé un grand savoir à Aletheia. Bien qu’il ne lui servirait sûrement jamais. Elle se laissait distraire par tout, comme toujours, papillonnant d’une idée à une autre, rêvant à des oiseaux qui peupleraient l’arbre alors qu’avec toute l’animation de l’endroit ce serait sûrement impossible avant longtemps.

“A quel âge as tu vécu ta première fois ?”

-Hmmm ?


La question avait ramené Aletheia à l’instant présent, et la demoiselle abaissa la tête vers son potentiel futur époux. La question ne la gênait pas – il n’était de toute façon pas sûr qu’une seule question puisse avoir cet effet là sur elle.

- Seize ans, si je me souviens bien. Et toi ?
Répondit-elle sur un ton ordinaire, comme s’il avait demandé ce qu’elle prenait au petit-déjeuner.

L’information n’était pas la plus intéressante, mais ce serait déjà un indice. Ulrich ne serait pas fidèle il ne fallait pas se voiler la face. De toute façon elle n’était pas sûre de l’être elle-même. Elle verrait bien. Elle ne se forcerait pas, ce n’était pas son genre. Mais à quel point serait-il infidèle ? Voilà qui était intéressant, pour apprendre à composer avec lui. Pour deviner l’espace qu’il serait bon de laisser entre eux. A quel point il valait mieux ne pas l’aimer.

- Tu m’aides ?
Demanda finalement Aletheia en entreprenant très clairement d’escalader l’arbre pour s’installer sur une grosse branche un peu trop haute. Ce serait plus simple s’il lui faisait la courte-échelle, ça lui éviterait de s’abîmer les pieds sur le tronc rugueux de l’arbre – et ça lui éviterait sûrement de tomber aussi, et donc de se ridiculiser un peu plus. Mieux valait une entreprise répréhensible mais réussie qu’un échec cuisant à une action de toute façon désapprouvée, non ? Et puis, elle verrait à quel point c’était un rabat-joie. Ou pas.
Ulrich Von Kuffner
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Hallo, wie geht es ? [PV Aletheia] EmptyMer 22 Mai - 5:52
Hallo, wie geht es ?

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Ignorant dignement le regard de nos géniteurs toujours fixés sur nous, je tendis ma main à ma compagne de la soirée, l’aidant à se redresser tout en masquant la grimace menaçant de déformer mes traits en réponse à sa résistance des plus incompréhensible pour moi que, toute éducation qu’il m'ait été donné d’avoir, je choisi volontairement d’occulter.
La précédant dans le petit jardin aménagé laissé à disposition des convives, je ne pu manquer l’un des premiers sourires francs éclairant son visage alors que je la conduisait loin du gros de la foule.
Un sourire qui ne se contentait plus seulement d’étirer ses lèvres, mais qui remontait jusqu’à ses yeux pétillant d’une lueur transcendant les ténèbres de la nuit.
De toute évidence, Aletheia avait attendu avec impatience d’enfin pouvoir respirer hors du regard étouffant des autres participants au gala.
Une soif de liberté que, si je m'abstenais bien de le faire remarquer d’une quelconque manière que ce soi, je partageais moi aussi.
Ne plus voir le regard perçant de ma mère porté sur nous avait un quelque chose de revigorant.
Et, alors que j’émet mon souhait de l’amener faire un tour en bateau un jour prochain, je ne peux m’empêcher de sourire à sa réflexion qui, pour être tout à fait franc, aurait été bien loin de me déplaire si seulement l’instant présent avait été un tant soit peu adéquat.
Une fois encore, naviguer était pour moi une activité en tout points plaisante et, si je préférait d’ordinaire la pratiquer seul, je n’avais rien contre l’idée de le faire en charmante compagnie. Aussi originale ma compagne puisse-t-elle être.
Et puis qui sait ? Si notre potentiel mariage à venir n’en était pour l’heure encore qu’à ce stade de probabilité et que la jeune femme me faisant actuellement face était une bien étrange créature, elle n’en demeurait pas moins attrayante. Belle, élancée, gracile. Un corps fin et voluptueux pour une chevelure éparse et soyeuse.
Une beauté noble, mais pourtant sauvage. Un beau brin de femme avec lequel je n’aurais eu aucun scrupule à partager ma nuit, à défaut de toutes celles à venir.
Car si je ne pouvais décemment promettre de la désirer pour le restant de mes jours, il serait mentir que d’affirmer que ce n’était point le cas à cet instant précis.
Si cela ne tenait qu’à moi, et ce malgré le départ de celle ayant souillée mes draps il y avait de ça quelques heures seulement, je n’aurais pas hésité à la retourner telle une vulgaire poupée de chiffon pour la baiser sur le champs. Là. Contre cet arbre au tronc rigide. Épais.
Mais je ne le ferais pas. Jamais.
En partie dû au fait qu’il n’était guère distingué de pratiquer pareille action dans un tel lieu et avec pareille personne, mais aussi et surtout dû à celui que ma partenaire fantasmée semblait pour l’heure bien plus absorbé par ledit arbre que par ma personne. Et, tout homme dans la fleur de l’âge que j’étais, j’étais bien loin d’être suffisamment désespéré pour abuser d’une femme à l’intérêt restreint.
Si vraiment un besoin pressant se faisait sentir, il me suffisait simplement de remettre un pied à l’intérieur de la salle de balle pour trouver chaussure à mon pied. Ça ne serait ni la première fois, ni pas non plus la dernière que j’aurais à m’éclipser en douce le temps d’une petite heure afin de tester l’une ou l’autre pièce laissée vacance en très agréable compagnie.

Sans doute que cette pensée aussi fugace qu’impromptue initia la question traversant la barrière de mes lèvres avant que je n’ai le temps de réfléchir plus en avant à son impact qui, fort heureusement pour notre futur commun, ne sembla pas la troubler le moins du monde.
Alors soit, contre toute attente, la jeune femme maniait l’art de l’impassibilité avec finesse, soit elle n’était pas choqué le moins du monde par pareille interrogation. Dans un cas comme dans l’autre, cela jouait en sa faveur. Une femme du monde se devait de ne pas laisser transparaître ses émotions n’importe quand tandis qu’une femme digne de mon intérêt se devait de ne pas s’offusquer du moindre mot.
D’aussi loin que puisse remonter ma mémoire, je n’avais jamais trop compris ce que certains hommes trouvaient aux prudes. Aux ingénues.
Elles étaient d’un chiant !
Même si je pouvais comprendre que ravir la pureté d’une femme puisse satisfaire quelques égos limités, je trouvais personnellement largement plus satisfaisant de marquer celles en ayant vu d’autres.
S’enorgueillir d’être le premier ne valait guère la satisfaction d’être le meilleur. Faire jouir une femme capable de vous rendre la pareille tout en surpassant ses précédents amants valait mille fois une heure passée à rassurer et éduquer une femme passant le plus clair de son temps à faire l’étoile de mer.
La passivité, c’était pas vraiment mon truc.
Sûrement dû au fait que même ma première fois avait été avec une femme plus âgée plus expérimenté que je ne l’étais alors. Petit puceau incapable de tenir plus de quelques secondes dans cet antre chaud et humide que j’eu depuis de nombreuses occasions d’explorer.
Hochant la tête en réponse à la sienne, je ne rajouta nul commentaire quant à cette dernière.
16 ans, c’était un bel âge. Ni trop tard, ni trop tôt. Un âge passe partout que peu de monde serait à-même de juger. Une moyenne, en somme.
C’était d’ailleurs celui de la femme ayant ravis ma virginité, alors que je n’étais encore qu’au collège. “Je devais avoir quelque chose comme 13 ans…” Répondis-je à son retour de question d’un air nonchalant. Si je n’étais pas particulièrement fier de ma précocité, j’étais pourtant loin d’en rougir.
L’occasion m’avait été donné de le faire et j’y avais tout simplement répondu. Ni plus, ni moins. “Ouais, 13 ans. C’est bien ça.” Confirmais-je d’un air solennel, me rappelant que cette première foie fut rapidement suivie de la découverte de la maladie de ma nourrice. Maladie qui me l’avait ravis quelques semaine seulement après mon 14ème anniversaire.

Perdu dans mes pensées nostalgiques, je ne remarquais pas tout de suite mon amie s’approcher de l’arbre et tenter d’y grimper.
Il fallu que sa voix ne transperce la nuit pour me rappeler à elle, mon regard nuageux constatant avec affliction quelles inepties elle était en train d’initier.
Que faire ? Tenter de la rappeler à une raison à laquelle elle semblait sourde ou bien répondre à sa demande et la suivre dans ses lubies avec l’infime espoir d’initier un contact permettant à nos deux familles de lier leurs futurs dans une entente des plus avantageuse ?
Ou bien tourner des talons et l’ignorer purement et simplement. Faire comme si cette soirée n’avait jamais eu lieu et demander à rompre nos fiançailles.
Jetant un regard alentour comme pour m’assurer que personne ne nous avait vu, je m’auto congratula mentalement de nous avoir à ce point éloigné de la foule avant de m’approcher, bon gré mal gré, de celle qui n’allait pas tarder à me rendre dingue. Et pas dans le bon sens du terme. “Tu vas déchirer ta robe” Ne pus-je m’empêcher de notifier, pourtant déjà bien conscient que ce genre d’argument ne faisait nullement sens dans son esprit différent si drastiquement du mien. De celui de la plupart des gens, sans doute. Même les prolétaires que j’ai pu côtoyé semblaient plus à même de réfléchir convenablement que cette femme. Et Dieu seul sait ce que cela m’en coûterait de l’avouer à voix haute. Ce que cela m’en coûte déjà rien que de le penser.
Un nouveau regard circulaire balayant les lieux et déjà me voilà contraint par mon devoir d’héritier à aider la jeune femme à se surélever de mes bras.
Seul lot de consolation pour ce geste me coûtant en intégrité et en noblesse : être ainsi placé me donnait tout loisir d’observer les cuisses galbées de la jolie -mais néanmoins tarée- blonde.
Les lèvres pincés, je priais pour que personne ne nous ai vu et ne soit allé rapporter à ma mère que son fils unique s’adonnait à pareilles incongruités digne d’un enfant de dix ans.
Littéralement.
Car, si aujourd’hui le simple fait d’être vu sans mon habit de bienséance m'insupportais, fut une époque où je m’adonnais moi aussi à ce genre d'acrobaties sous le regard terrifié de Margaret.
Une époque pourtant pas si éloignée, mais me paraissant pourtant vieille de plusieurs siècles.
Sans doute que, d’une manière inconsciente, c’était ces souvenirs qui me poussèrent à accepter de l’aider, plus encore que l’idée d’unir nos deux familles.
Enfin… Disons que l’une et l’autre de ces raisons eurent raison de mon hésitation.
Ca et le fait que cette partie du jardin nous soit quasi intégralement réservé.
Déboutonnant ma chemise sur mesure bien trop cintrée pour pareil activité, je vérifiais une fois de plus l’occupation des quelques téméraires sorties prendre l’air avant d’attraper à mon tour une branche d’assez gros gabarit pour m’y hisser et m’y laisser choir avec une grace sommes toutes assez relative.
Jetant un coup d’oeil à Aletheia assise sur sa jumelle, je profitait de la pénombre environnante ainsi que des feuilles juvénile du végétal pour me positionner plus convenablement sur mon perchoire de fortune. “Et maintenant ?”
Pitié qu’aucune écharde n’ait le malheur de déchirer mes vêtements, sans quoi retourner à la fête allait se montrer quelque peu plus compliqué que prévu.

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Hallo, wie geht es ? [PV Aletheia] EmptyMer 22 Mai - 20:05
Treize ans, c’était un peu tôt. Mais Aletheia ne répondit rien, elle n’ajouta rien. Elle n’avait pas été du genre à rechercher avec ardeur ces contacts là – que ce soit avec des hommes ou des femmes – et généralement elle se contentait de voleter d’occasions en occasions. Pourquoi gâcher un bon moment ? Pourquoi refuser de s’amuser un peu quand la fameuse occasion se présentait ? Aletheia, elle avait toujours beaucoup compté sur les circonstances, sur le moment opportun. Oui, voilà, c’était une opportuniste : elle ne manquait jamais quoi que ce soit qui aille dans son sens. Et si l’occasion s’était présentée plus tôt, elle l’aurait sans aucun doute saisie plus tôt. L’honnêteté de la demoiselle la poussait à accepter cette idée, et l’éloignait de toute forme de jugement qu’elle aurait pu porter sur la réponse d’Ulrich. Et puis de toute façon, qu’est-ce que ça changerait ? C’était peut-être même positif, peut-être qu’il avait de l’expérience puisqu’il avait commencé tôt, peut-être que leur nuit de noces serait sympa. Ce n’était pas qu’elle attendrait sagement jusque là si l’envie leur prenait de goûter à ce genre de choses auparavant, mais elle n’aurait pas voulu s’avancer en ce qui concernait Ulrich. Peut-être qu’elle ne l’intéressait pas – même d’un point de vue strictement physique. Peut-être qu’elle n’était pas du tout son genre.

Et ce fut sur cette pensée qu’Aletheia décida de continuer à profiter de la soirée en changeant de perspective, c’est-à-dire en se hissant non sans mal sur une épaisse branche d’arbre. La tâche fut ardue, elle dut demander l’aide d’Ulrich pour la mener à bien. Il la surprit agréable en accédant à sa requête, prouvant une nouvelle fois qu’il n’était pas le plus coincé de la soirée même si elle se doutait bien qu’elle devait l’agacer. Peut-être que ce serait pas si terrible de l’avoir pour mari. Peut-être que si elle faisait un effort pour ne pas pousser le bouchon trop loin, ils pourraient bien s’amuser tous les deux. A défaut de s’aimer, à défaut d’être fidèles l’un à l’autre, il y aurait peut-être quelques bons moments. Qui sait ?

Alors la blonde baissa les yeux vers celui qui lui était destiné, et elle fut à nouveau surprise. Parce que non seulement il l’avait aidée à s’installer – malgré une tentative de protestation – mais en plus il la rejoignait. Un large sourire, tout à fait sincère, s’installa sur son visage. Elle ne se retint pas non plus de profiter de la vue plus qu’attrayante de son torse qu’on pouvait apercevoir entre les deux pans ouverts de sa chemise, qu’il avait été obligé d’ouvrir pour réussir son entreprise d’escalade.

“Et maintenant ?” 

Bonne question. Aletheia n’avait pas pensé à ce qu’elle ferait après. Elle n’était pas du genre à se pencher trop longtemps sur les conséquences que pourraient avoir ses actions, Ulrich l’avait sans doute déjà compris. Ou alors il devait croire qu’elle les connaissait mais qu’elle s’en moquait, ce qui revenait au même.

- Quoi, tu veux monter plus haut ?
Demanda-t-elle sur un ton rieur, se doutant bien que ce n’était pas ce que pouvait vouloir Ulrich, mais tentant de lui faire comprendre qu’elle n’avait rien cherché de plus que le bonheur de s’installer là, et de pouvoir observer de plus près les feuilles de l’arbre.

Aletheia coinça sa robe sous ses cuisses, contre la branche, avant de se laisser doucement pendre en arrière. Hors de question de prendre le risque que son vêtement lui tombe dessus et qu’elle se retrouve nue devant tout le monde. Devant Ulrich tout seul, ça ne l’aurait sans doute pas gênée, mais même si les autres invités étaient loin et ne semblaient pas même les voir, elle n’avait pas envie. Elle tendit ses bras vers le sol, comme si elle avait la moindre chance de toucher l’herbe avec ses doigts, un sourire rayonnant sur le visage. Faisant néanmoins travailler ses abdominaux, Aletheia se redressait de temps en temps, comme pour vérifier que personne ne pouvait voir ses sous-vêtements. Il fallait dire qu’elle était du genre à se dépenser et qu’elle était donc relativement bien musclée.

- Je pense qu’on peut bien s’entendre, tous les deux. Pas toi ? Sois franc.

Elle n’était pas du genre à dire ça pour lui faire plaisir : l’hypocrisie ne faisait pas partie de ses habitudes et Ulrich avait déjà eu l’occasion de le constater. Mais il n’avait pas l’air d’être le plus mauvais parti de la soirée – même si les critères d’Aletheia pouvaient être particuliers. Elle espérait en tout cas qu’il serait franc, et qu’il oserait lui dire s’il pensait au contraire qu’ils couraient droit vers la plus sérieuse catastrophe. Même si ça ne suffirait peut-être pas à tout annuler, au moins ils ne pourraient pas dire qu’ils n’étaient pas au courant.

De toute façon, bien s’entendre, ça ne signifiait pas grand-chose au fond. Qu’ils pourraient se supporter ? Faire des efforts pour vivre ensemble sans finir par se détester ? Sûrement. Qu’ils s’apprécieraient ? Peut-être. Les parents d’Aletheia s’aimaient bien, même s’ils se voyaient probablement plus comme un duo d’hommes d’affaires que comme un vrai couple. Elle savait bien, elle, qu’elle était incapable d’être comme eux. Alors peut-être qu’Ulrich serait incapable de l’apprécier, tout comme elle ne parviendrait peut-être pas à apprécier quelqu’un qui partageait sans doute tous les codes qu’elle avait en horreur ? C’était difficile de prévoir, au fond. Mais cette soirée ne commençait pas trop mal, de son point de vue. Du moins, pas aussi mal que ce qu'elle avait cru.
Ulrich Von Kuffner
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Hallo, wie geht es ? [PV Aletheia] EmptyVen 31 Mai - 22:37
Hallo, wie geht es ?

Hallo, wie geht es ? [PV Aletheia] Giphy

Qu’est ce que je fou là ?
Non, mais sérieusement, qu’est ce que je fou là ?
Le regard rivé sur mes jambes pendant lamentablement dans la pénombre de la nuit à peine transpercée par la lueur des lampes de jardin disposer ici et là à quelques mètres de distance, je me prend à m’insulter mentalement face à la bêtise de mon action.
Pareilles aux branches d’un saule pleureur fait de chair, je vois mes membres bien trop longs pour pareille cachette fendre l’air d’un air nonchalant, cachant tant bien que mal le malaise que me procure pareille position. Une assise plus que discutable dans un lieu des plus incongru.
Et si quelqu’un nous voyait ?
Et si ma mère, inquiète de ne pas nous voir revenir, se décidait à venir nous chercher ?
La honte que j’avais pu ressentir le jour ou Margaret m’avait surpris en train de me masturber n’égalerait en rien celle que je ressentirais si cette femme m’ayant donné la vie pour mieux la modeler à son image me surprenait dans un tel état de disgrâce.
Au moins ma nourrice s’était-elle excusée de son intrusion, n’intervenant que quelques heures plus tard pour un cours d’éducation sexuel improvisé responsable de l’un de mes plus grand moment d’inconfort passé.
Si ma mère nous débusquait en pareille position, nul doute qu’elle ne prendrait aucun gant pour me dire ô combien mon irresponsabilité lui causait des misères. Ô combien elle se rendait malade de faire de moi un homme meilleur et ô combien elle aurait pensé qu’à mon âge j’aurais cessé pareils enfantillages.
Car s’il est une vérité immuable dans la plupart des familles de notre rang, c’est bien que le paraître passe bien avant l’être. Passe bien avant tout autre chose, d’ailleurs.

Ignorant la pique d’Aletheia me proposant de monter plus haut encore tant dans cet arbre que dans ma bêtise, je jetais un rapide coup d’oeil vers l’entrée du gala comme pour m’assurer qu’aucune tête blonde reconnaissable comme étant ma mère ne se décidait à s’approcher de nous.
Mon père passe encore, il aurait au moins la décence de me sermonner en privé avec flegme et raison, mais ma mère…
Ma mère, fonction de son humeur et de si elle était seule spectatrice de ladite infraction, était capable de s’outrer à qui voulait bien l’entendre se complaindre dans son dur labeur de mère qu’elle n’avait jamais véritablement embrasser.
Avec un peu de chance, le fait qu’il n’y ai d’autres témoins à mon incartade lui fera temporiser sa honte et l’empêchera de débuter une scène qui, digne des plus grandes actrices de séries Z, m’affichera de manière bien plus préjudiciable à notre famille que l’action responsable de ladite crise en elle-même.
“Comment ?” Ne pus-je m’empêcher de l’interroger, tirer de mes pensées parasites par sa question des plus inattendue.
Bien s’entendre… En était-on véritablement capable ?
Pour être tout à fait sincère, je n’en avais pas la moindre idée.
Je suppose que oui. Que, dans une moindre mesure, il nous serait possible de “bien nous entendre”. Tout du moins, de ne pas nous écharper à la première occasion.
Déjà, aussi excentrique soit-elle, Aletheia avait conscience de certaines réalités que d’autre aimaient à ignorer. A nier. A espérer ne pas être leur vérité à elles. L’infidélité, en premier lieu. L’absence plus que très probable d’amour ensuite.
Elle semblait plutôt maligne, pour une femme. Maligne, mais ingérable.
Le genre de femme qui me couvrirait de honte sitôt quitter les quatre murs de notre manoir.
A cette pensée, je ne pu m’empêcher de grimacer, prenant tout à coup conscience que je pensais là comme ma mère. Comme cette femme insipide que j’aimais presque autant que je l’excécrais.
“Pour être franc ? J’en sais trop rien… Disons que si tu ne me fais pas grimper aux arbres à chaques soirées, nous pourrons trouver matière à ne pas nous entretuer avant disons… Dix ans de mariage ?” Ne pus-je m’empêcher de sourire, taquin malgré un fond de vérité que ni moi ni elle ne pouvions nier. “Dans tous les cas, mieux vaut qu’on descende avant qu” “ULRICH THEODORE NATHANIEL URIEL THADDEUS VON KUFFNER VEUILLEZ DESCENDRE TOUT DE SUITE DE CET ARBRE !” Coupa la voix criarde de ma mère alors que, ne l’ayant pas vu arriver, concentré que j’étais sur la question de ma compagne, je sentais ses doigts squelettique manucurés de rouge s’enrouler autour de ma cheville.
“Vous devriez avoir honte ! Et si quelqu’un vous avait vu ?” Continua-t-elle, baissant d’un ton, mais montant du fait encore un peu plus dans les aigus sous l’effort manifeste que lui demandait pareil contenance. “Seigneur, et si votre costume s’était pris dans une branche, hein ?” Le visage impassible malgré la colère emplissant l’intégralité de mon être et faisant vriller chacune de mes cellules, j’attrapais la branche sur laquelle je me tenais perché et me laissait retomber au sol avec grâce et détachement. “Votre chemise ! Bon dieu, mais qu’est ce que c’est que cette tenue ? Vous avez décidé de m’achever ?!? Et vous mademoiselle, vous le laissez faire ?”
Elle crie, encore, son regard azur cherchant un peu de réconfort dans celui de ma compagne, sans même penser une seule seconde que ce pût être elle l’instigatrice de tout ceci.
Quelque soit la faute, celle-ci avait toujours été et sera sans doute toujours mienne, de toute façon. C'était ainsi avec cette femme. “Personne ne nous a vu, mère. Et calmez-vous, vous semblez à deux doigts de la crise d'apoplexie” “La faute à qui ? Seigneur… oh mon Dieu Ulrich, vous allez m’achever !”
Retenant le rire moqueur menaçant de franchir la barrière de mes lèvres à ces mots, je la laissais remettre en ordre mes cheveux décoiffés par le feuillage tout en refermant un à un les boutons de ma chemise avec une lenteur calculé n'ayant pour seule finalité que de l'énerver un peu plus. Jetant un rapide coup d’oeil à l’intention Aletheia, je ne pris pas longtemps avant de reporter la mienne sur ma mère qui, finissant d'ajuster mon allure général, ne reçu pour unique soutient de ma part qu'un sourire faussement compatissant étirant mes traits. “Je suis sûr qu’une flûte de champagne saura vous requinquer mère. A défaut d’autre chose…”


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Aletheia Hill
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Hallo, wie geht es ? [PV Aletheia] EmptyLun 3 Juin - 16:23
Aletheia rit doucement en entendant la réponse d’Ulrich. Elle n’aimait pas la routine, elle trouverait bien d’autres idées pour occuper leurs prochaines soirées et il y avait fort à parier qu’il n’entendrait plus parler d’escalade avant un moment – ou alors ça ne concernerait pas des arbres, ou ne serait qu’une étape d’un plan plus grand. Mais elle comprenait bien ce qu’il voulait dire, au fond : qu’il ne supporterait pas toutes ses idées, et probablement qu’il faisait déjà un effort. Dix ans de mariage, c’était déjà pas si mal avant de se taper dessus, songeait-elle d’un air distrait. Ses parents avaient probablement eu envie de la faire disparaître bien plus vite que ça, et ils l’auraient sûrement fait d’une manière ou d’une autre s’ils avaient réussi à avoir quelqu’un d’autre pour leur succéder. Mais il n’y avait qu’elle, et les pauvres avaient dû apprendre à composer avec son caractère pour le moins inadapté. Comme si Ulrich avait deviné qu’elle avait compris ce qui lui en coûtait de se tenir sur cette branche, il entama une proposition que pour une fois Aletheia s’apprêtait à accepter. Descendre de l’arbre. Un effort, chacun son tour. Elle n’eut malheureusement pas le temps de prouver sa bonne foi.

“ULRICH THEODORE NATHANIEL URIEL THADDEUS VON KUFFNER VEUILLEZ DESCENDRE TOUT DE SUITE DE CET ARBRE !”


Aletheia fronça un peu les yeux, elle trouvait cette voix désagréable. Baissant le regard, elle aperçut qu’il s’agissait de sa potentielle belle-mère, qui avait apparemment la même manie insupportable que sa génitrice : déballer tout son état civil à la moindre contrariété. Mais madame Von Kuffner n’avait sûrement pas l’habitude de trouver son fils excentrique en quoi que ce soit, contrairement à madame Hill qui aurait sans aucun doute été soulagée d’apprendre que sa fille n’avait rien fait de plus grave ou déshonorant que s’amuser un peu dans le jardin.

La dame continua à parler, insistant sur le problème que ç’aurait été qu’ils aient des témoins, sur la honte que cet acte devait engendrer… Aletheia descendit gracieusement de sa branche, à peu près en même temps qu’Ulrich, juste à temps pour que ses pieds nus disparaissent entre les bruns d’herbe épaisse quand madame Von Kuffner se tourna vers elle pour lui reprocher d’avoir laissé son cher fils se comporter ainsi. Mais Aletheia, elle n’avait rien laissé faire, elle avait été l’instigatrice de toute cette histoire, et elle ne le regrettait pas le moins du monde. Tournant un peu la tête, elle chercha à croiser le regard d’Ulrich pour savoir ce qu’il pensait de cette histoire et de ces remontrances mais elle ne trouva que celui de sa mère, qui semblait chercher en vain chez elle une confirmation de ce qu’elle pensait.. Ulrich ne chercha pas à l’accuser, acceptant la responsabilité de cette minuscule bravade sans broncher. La blonde apprécia le geste, qui montrait bien qu’Ulrich n’était pas du genre à se comporter en traître à la première occasion.

Ils étaient presque mignons, tous les deux. Ulrich qui reboutonnait méticuleusement -et, lentement – sa chemise en même temps que sa mère, toujours très agitée trouvait utile de réarranger ses cheveux. Son regard semblait juger son apparence toute entière, comme la mère d’Aletheia lorsqu’elle vérifiait que sa fille était présentable… Sauf que cette dernière savait que son travail serait toujours balayé en un rien de temps.

“Je suis sûr qu’une flûte de champagne saura vous requinquer mère. A défaut d’autre chose…”

Aletheia retint tout à fait le sourire taquin et curieux qui aurait été le sien si elle n’avait pas voulu faire un effort. A défaut d’autre chose ? Quelle chose ? Elle se demandait ce que pouvait vouloir sous-entendre Ulrich, bien qu’elle ne pose pas la question. Il avait endossé la responsabilité de leur escapade devant sa mère alors qu’il aurait pu à juste titre tout lui mettre sur le dos. Elle ne s’en serait pas plaint, elle savait bien qu’elle l’avait cherché. Hors de question de le pousser à plus d’effort pour le moment : elle ne voulait pas être méchante ou désagréable mais s’amuser. Et elle préférait essayer de conserver une occasion de s’amuser avec Ulrich.
Sa mère ne tarda pas à faire demi-tour pour retourner à l’intérieur, non sans jeter quelques regards insistants pour s’assurer que les deux jeunes gens la suivaient et ne tenteraient pas de lui fausser compagnie. Enfin, Aletheia pensait que ce devait être sa raison d’agir ainsi, mais madame Von Kuffner n’avait peut-être pas ce genre de soupçons envers son fils. Il n’avait, après tout, pas grand-chose en commun avec elle.

La blonde attrapa avec douceur le poignet d’Ulrich, juste quelques secondes, juste le temps d’attirer son attention, avant de lui murmurer un discret merci assorti d’un charmant sourire sincère qui disparu dès qu’elle détourna le visage pour laisser place à une expression un peu plus distante et sérieuse. Qui veut voyager loin ménage sa monture… Comparer son peut-être futur mari à une monture lui donna envie de rire mais rien ne parut sur son visage. Se tenant droite, avançant à pas mesurés et gracieux, dignes d’une dame de sa condition pour une fois, on aurait pu la trouver parfaitement intégrée à ce petit monde à cet instant là… Si seulement elle avait eu des chaussures à ses pieds. N’osant oublier la présence de la mère de son acolyte, Aletheia réfléchit un moment à la formulation de sa proposition avant de se lancer pour ne pas trahir bêtement les efforts d’Ulrich et en même temps essayer de montrer un peu de bonne foi à son tour.

- Tu aimerais faire quelque chose de particulier ?
Demanda-t-elle d’une voix bardée d’innocence et pleine d’un intérêt qui passait véritablement pour sincère – sûrement parce qu’il l’était un peu. Continuer notre conversation à l’intérieur, peut-être ? A moins que tu ne préfères profiter un peu de la soirée avec d’autres convives, conclut-elle comme pour laisser une occasion à Ulrich de s’évader. Le regard d’Aletheia se posa alors sur sa mère. Laisserait-elle seulement faire une chose pareille ?

Elle, en tout cas, elle avait bien envie de continuer à faire connaissance avec Ulrich, tant qu’ils ne tombaient pas tout à fait dans une discussion sans intérêt sur la pluie, le beau temps, ou sur des remontrances idiotes parce qu’elle l’aurait couvert de honte ou au moins de ridicule. Si sa mère voulait des explications, elle pourrait en trouver cent, ils n’auraient qu’à prétexter une envie de se remémorer leur enfance, leur première rencontre, un délire de romantisme soudain, n’importe quoi. Quoique. Elle pourrait bien faire un effort pour supporter ça. Du moins, un petit. Un peu. Tant qu’il l’empêcherait de s’ennuyer tout à fait, elle devrait pouvoir s’empêcher de lui faire tout à fait honte.
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