reborn ; CATLIE

Cat D. Brighton
Cat D. Brightonvictime de cupidon
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reborn ; CATLIE EmptyJeu 27 Juin - 18:33

reborn ; CATLIE L3QhFoY

Over the love of u

Le silence pesait lourdement. L'obscurité était telle que seul un faible halo de lumière rebelle venait se refléter sur l'un des murs blancs qui lui faisait face. Toute notion de temps et d'espace semblait avoir quitté la pièce et seule le tic tac incessant d'une montre, posée sur une table de chevet, donnait l'impression qu'il y avait encore un peu de vie dans cette pièce lugubre cet ce, même si le désordre régnant pouvait faire croire le contraire. Le linge était éparpillé sur le lit et à même le sol. Des bouteilles d'alcool vides jonchaient le sol et l'odeur de tabac froid empestait les tissus environnants. On aurait pu croire à une pièce abandonnée depuis peu, laissée dans un état déplorable, tandis que son occupant avait déserté les lieux sans laisser le moindre indice quant à sa destination. Il n'en n'était rien.

Tapie dans l'ombre, assise à même le sol entre sa fenêtre et sa commode, la maîtresse des lieux semblait hagarde. Elle répétait à qui voulait bien l'entendre qu'elle en avait assez de ces murmures incessants et qu'il fallait la laisser en paix, à présent. Son regard, inquiet, passait d'un coin à un autre, au fur et à mesure qu'elle semblait entendre ce qui lui semblait être un énième écho de voix. Ses mains tremblaient tandis qu'elle essayait d'étouffer les voix en plaquant ces dernières sur ses oreilles. Et sa mâchoire, crispée, faisait naître des douleurs qui envahissaient son crâne. Elle avait cette impression désagréable qu'on lui intimait l'ordre de fuir la suite. Qu'on se moquait de son état et que celui-ci n'allait pas en s'améliorant. N'irait jamais en s'améliorant. La larme à l'oeil parce qu'elle a peur, un peu et qu'elle aimerait être ailleurs, loin des tumultes de son âme qui pleure celui qu'elle tient pour responsable de son état. Enfin non, c'est plutôt la dépendance qu'elle tient pour responsable. Sa propre dépendance envers celui qu'elle chérissait tant que son absence la brûle et la consume de l'intérieur.

Charlie avait écopé de deux ans de prison. Il savait que ce jour arriverait. Charlie a toujours joué avec le feu, à croire qu'il aime se faire du mal. Son existence entière est basée sur la prise de risque et le danger. Il semblait n'avoir peur de rien ou de si peu de choses. Il semblait fort et courageux en toute circonstances. Cat l'a d'abord trouvé terriblement effronté et bien trop libéré. Mais sa connaissance du monde extérieur, celui qu'elle ne connaissait que trop peu, l'a rapidement séduite. Plus les jours passaient et plus l'envie de lui appartenir se faisait grandissante. Inexplicable mais délicieuse sensation à laquelle elle finit naturellement par succomber. Charlie est rapidement devenu la chose la plus précieuse qu'elle avait. Malgré les disputes, les colères et les craintes de la perte. Ils finissaient forcément pas se retrouver. Obstinément. Parce que c'est ainsi que ça fonctionne, pas vrai ? Les âmes soeurs finissent toujours pas se retrouver.

Mais le destin ne suit pas une logique précise et ce qui devait arriver arriva. Charlie fut condamné à passer deux ans de sa vie derrière les barreaux. Un coup dur pour tout le monde, surtout pour elle. Quelques promesses plus tard, de celles qui se veulent pleines de force et de courage, Cat dû se rendre à l'évidence : elle n'était ni forte, ni courageuse. L'absence de Charlie au quotidien fut d'une violence inouïe. Cat, jadis solaire, lumineuse et souriante, commença à se ternir et à se faner. La jolie rose qu'elle était perdait chaque jour un peu plus de son éclat. L'envie d'exister sans Charlie lui était impossible et la douleur des réveils devenaient extrêmement douloureux. “Pardonnez à une jeune fille souffrant de solitude. Il n'y a rien de plus triste qu'un lit froid.” Murmurait-elle de temps à autre lorsque, enfant chrysalide prisonnière des draps qui n'avaient plus l'odeur de son amant, elle se laissait aller aux souvenirs de sa relation passée.

Cat n'avait plus son allure d'antan. Ses joues s'étaient creusées, son alimentation ne se composait plus que de boissons hyper protéinées, fournies par son agent, qui lui permettait de maintenir un poids convenable. Parce que l'envie d'apprécier un hamburger avait disparu en même temps que son appétit. Seule restait l'amour de la boisson et la nécessité d'avaler le contenus de ses bouteilles d'alcool à grande vitesse, ne serait-ce que pour s'accorder quelques moments de répit. Oublier Charlie, l'espace de quelques heures, égoïstement, pour goûter au repos qui la fuyait. Elle en avait tant besoin, Cat. Etait-ce mal de vouloir oublier Charlie, un temps ?

T'es pitoyable, Cat. Regarde toi ? Assise par terre, les mains tremblantes et le coeur à moitié mort. Tu fais pitié. Cat fronça les sourcils. C'était la présentatrice météo, encore. Cette femme mauvaise ne cessait de la piquer avec cet éternel sourire aux lèvres. La jeune femme se leva fébrilement pour aller éteindre la télé. Depuis quand était-elle allumée , d'ailleurs ? Elle l'ignorait, tout comme elle ignorait le jour et l'heure qu'il était. Les démons du passé qui hantaient sa pièce n'avaient de cesse d'embrumer ses pensées et d'y déposer des moments douloureux, comme pour lui rappeler à quel point il était difficile de survivre, maintenant qu'elle était seule. Cat était devenue paranoïaque, faisait parfois des crises d'hystérie telle que Jay se chargeait de l'approvisionner plus fréquemment en bouteilles. L'alcool apaisait ses tourments et Jay pouvaient se vanter d'avoir un semblant de contrôle sur elle. Ainsi, Cat était capable de faire des prestations de qualité avant de sombrer à nouveau dans cette folie passagère qui partageait son quotidien.

Sam appelait de temps en temps pour venir aux nouvelles. Cat était souvent invitée à déjeuner dans le restaurant des parents de Charlie. Invitations qu'elle honorait souvent, déclinait de temps à autre, son état ne permettant pas le déplacement. Elle n'avait pas appelé depuis trois jours mais Cat se souvient d'un échange concernant la difficulté à gérer le restaurant, en cette période de vacances. Elle n'avait donc pas cherché à la recontacter.

Son esprit lui joua un autre tour lorsqu'elle cru entendre des ricanements venir de la salle d'eau. Cat s'y dirigea à petits pas, persuadée de découvrir un monstre caché derrière la porte. Mais la pièce n'abritait que les ténèbres et rien de plus. Et lorsque les doigts de Cat  se posèrent sur l'interrupteur, elle croisa le regard de son reflet, dans le grand miroir qui lui faisait face. Le visage ravagé par les larmes noires du mascara de la veille, les lèvres tremblantes et les membres amaigris. Cat détourna les yeux et profita de sa présence dans la salle de bain pour se débarrasser de ses vêtements et se glisser dans sa douche à l'italienne. Elle fit couler une eau brûlante sur sa peau meurtrie. Une température qu'elle a toujours apprécié lorsqu'elle prenait sa douche. Et le souvenir de Charlie ne tarda pas à refaire surface.

Elle sentit ses doigts sur son échine, ses bras puissants entourer sa taille fine. Son souffle chaud contre sa nuque et sa langue sur le lobe de son oreille. Son corps entier réclamait Charlie mais ses demandes demeuraient sans réponse. Cat avait appris à combler ce vide par elle-même mais à chaque tentative, à chaque fois que ses doigts s'aventuraient en son sein, que l'aboutissement par l'orgasme approchait, la douleur et la cruauté du manque reprenaient leur droit sur la jeune femme et elle finissait par fondre en larmes, à genoux contre le carrelage froid, l'eau chaude finissant de noyer ses dernières forces.

Aujourd'hui ne fit pas exception. Cat n'avait plus le courage qu'elle avait avant. Elle était capable de se montrer forte, au début. Au début seulement. Elle se faisait violence pour se montrer digne de Charlie, pour lui et pour sa maman. Mais elle n'y arrivait plus depuis quelques temps. Davantage depuis qu'elle savait que Charlie n'avait plus droit aux visites, ni aux appels. Il avait probablement encore fait des siennes, la privant à nouveau, injustement, du bleu de ses yeux, de la largeur de ses épaules et de la chaleur de sa voix.

Cat tente de chasser ces souvenirs de sa tête, se force à se concentrer sur le démêlage intensif de sa crinière. Elle rêve d'une bouteille de gin ou de scotch, quelque chose qui pourrait l'apaiser quelques heures durant. Mais Jay n'est pas revenu depuis deux jours et la flasque de whisky qu'elle gardait dans sa boîte à gants lui a été confisquée par Charlie, peu de temps avant son incarcération.

- Ring Ring

La sonnerie de son smartphone a le don d'atténuer le souvenir et tandis que Cat quitte la salle de bain, vêtue seulement d'une serviette, elle croit reconnaître le surnom de la maman de Charlie sur l'écran. Elle prend une grande inspiration, tente d'apaiser les trémolos dans sa voix et décroche enfin. A l'autre bout du fil, Sam semble crier quelque chose à l'un de ses collègues avant de prendre conscience que la communication est établie.  Pardon ma puce, je suis entourée d'incapables. Telle mère, tel fils. Dis voir, j'ai reçu un appel de la prison, ces imbéciles ont apparemment oublié de nous signaler que Charlie était libéré ce jour. Et comme cet ahuri n'a plus droit aux appels, il pouvait pas prévenir. Cat a bien du mal à prendre en compte cette soudaine information. On ne va pas pouvoir aller le chercher, on est débordés ! Est-ce qu'on peut te laisser gérer ça ? C'est soudain, mais - Cat répond directement par un oui, faible mais pas moins enthousiaste. Sam l'en remercie, ajoutant à la hâte qu'ils fêteraient la sortie de Charlie dès ce soir et qu'elle était naturellement conviée.
Après avoir raccroché, Cat resta un moment interdite. Charlie va-t-il réellement sortir ce jour ? L'information n'arrive pas à se frayer un chemin dans sa boîte crânienne. Pourtant, elle réagit en conséquence puisqu'elle enfile un tee shirt Levi's, un short en jean et une paire de Huarrache blanche. Elle est capable de prendre son sac, les clefs de sa voiture et son téléphone, alors pourquoi n'arrive-t-elle pas à réagir à cette nouvelle inattendue ? Peut-être attend elle de le voir face à elle avant de se réjouir.

Cat prend la direction de l'autoroute pour rejoindre le Joliet Correctional Center, à quarante kilomètres de Chicago. Elle se souvient de la route, de l'enthousiasme qu'elle perdait au fur et à mesure des trajets et de l'amertume qui la gagnait à chaque retour. Elle se gare à la même place qu'à l'accoutumée, se présente à l'accueil pour signer les derniers papiers et décide d'attendre à l'extérieur. Cet endroit lui donne la nausée. Elle retourne à sa voiture, s'appuie contre le coffre et patiente. Cinq minutes, puis dix pour finir par trente. L'éternité, encore. Une nouvelle torture infligée. Trente minutes durant lesquelles, elle n'a pas quitté le portail des yeux. Et enfin, la silhouette de Charlie se dessine devant ce même portail. Il porte les vêtements moches qu'on donne aux détenus libérés et pourtant il est toujours aussi beau.

Cat se précipite vers lui, des larmes pleins les yeux et lui saute dans les bras une fois à sa hauteur. Elle l'enlace fort, si fort qu'elle pense pouvoir l'étouffer, quand bien même ses maigres forces la rendent incapable du moindre homicide. Elle l'embrasse avec un mélange de passion et de désespoir, couvrant chaque parcelle de son visage d'un baiser trop longtemps attendu. Ses lèvres ont le goût du sel et de la sueur. Son visage est marqué par ce séjour en prison et pourtant, il demeure celui qu'elle aime toujours éperdument. Son aimé, son adoré, son âme soeur. Tu m'as manqué. Son amoureux, son unique, son double. Tu m'as tellement manqué, Charlie. Me lâche plus jamais. Je veux plus que tu me lâches, t'entends ? Elle pourrait se damner pour une seule de ses étreintes. Sa vie entière contre un seul baiser.
Charlie White
Charlie Whitevictime de cupidon
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reborn ; CATLIE EmptyJeu 11 Juil - 21:09

J'peux pas perdre ma magie, j'lis ses lettres
Eh toi, tu perds du sang mais pas la tête
Noir comme une nuit où la mif t'a zappé
Celle que t'attends toute ta vie passe à tec'
Seul sur la terre sale, l'ami y'a personne
Envie d'se laver de tout, comment faire ça ?


Parfois j'me d'mande si ce truc c'est pas plus une malédiction qu'autre chose. J'me demande si on aurait pas mieux fait d'jamais se rencontrer. J'aurais peut-être du me préparer. Me protéger. Tenir la distance ou j'sais pas. Je serais pas dans cette putain d'cellule en train d'vomir mes tripes. Les mains tremblantes, les jointures blanchies par la pression de mes doigts qui s'accrochent à la faïence des WC.  Les échos d'une vie tranquille rêvée, comme recouverts d'un voile opaque, de souvenirs douteux, fantomatiques. Comme un rêve qui se répète, encore et encore et encore. Une invention, un fantasme. Un souffle d'outre-monde. Pour combler le néant symptomatique d'un manque pressant à l'intérieur d'un corps noueux de doutes, de regrets, d'anarchie. Pour combler le néant qui se creuse. La malédiction archaïque, éternelle de deux êtres incapable de vivre l'un sans l'autre. Des inséparables,  forcés de rester ensemble. Quoi qu'il arrive. Et je pourrais bien la détester. Je pourrais bien vouloir être l'plus loin possible d'elle, ça changerait pas l'fait que si on s'éloigne trop, qu'on s'voit pas, on finirait pas crevé l'un et l'autre comme des chiens. Alors t'vois, ça change rien que je l'aime.  Je me sens quand-même dépérir. Et quoi que je fasse. Quelques soit les tentatives pour espérer prendre un peu de repos sans les pensées parasites qui palpitent au creux de cet être décharné. Peu importe les discours et les efforts quels qu'ils soient.  Les faits sont simple : Sans Cat, je ne suis rien. Sans Cat, je finit par mourir. Sans Cat, je perd toutes motivations à la survie. Je tombe malade. J'ai essayer de chercher des solutions. J'ai lu des livres pour nous permettre de pas dépendre l'un de l'autre. Des expériences qui ont été menées dans les années soixante-dix, ça parle de drogues crées par l'armée sur internet. Mais tout ça, ça ressemble surtout à des discours complotistes à la con. Personne connait le remède à ça.  On se rencontre et puis on est là, collés l'un à l'autre jusqu'à la fin de nos vies.

Je peine à relevé la tête de la cuvette , peine à me souvenir de la dernière fois que j'ai pu sortir de ma cellule. J'essaie de me rappeler ce que ça fait le soleil sur la peau. Ça fait presque un mois qu'ils m'ont mit au trou. Presque un mois qu'ils refusent que je sorte. Un mois ça peut sembler court. Dehors, un mois ce n'est rien du tout. Dehors un mois ça passe si vite. Ici, enfermé entre quatre murs, à la limite de la folie. Sans arrêt malade, perdu dans les méandres impénétrables d'une psyché dérangée, affaiblit par le manque, par la peine, par la maladie, ça semble être une éternité. J'sais même plus pourquoi on m'a forcé à aller au trou. J'crois que c'est à cause des menaces reçue par un gars à qui j'ai casser la gueule. Sans en être vraiment certain. J'me souviens presque plus. Ça semble flou. J'ai remarquer que j'parlais parfois tout seul. Que parfois, je perdais le fil de mes pensées. Que j'oubliais mes phrases. Et que les discutions trop longues sont devenues trop intenses pour moi. C'est peut-être pour ça que j'ai demander à c'qu'on dise à ma mère que j'ai plus le droit aux appels et aux visites. J'en sais rien. Est-ce que c'est pour ça ? Je n'y ait peut-être tout simplement plus le droit. Ça sonne fort dans les couloirs de la prisons. Et les bruits ont l'air de raisonnés si fort sur les murs de la prison qu'ils semblent pouvoir me briser la boite crânienne en deux. Je me traine jusqu'au lit, laisse tomber ma tête sur le matelas presque aussi dure que du bois. Le fin rayon de lumière traversant la minuscule fenêtre, plus proche de la meurtrière que d'une véritable fenêtre ,m'aveugle tant qu'il me faut fermer les yeux pour ne pas être prit d'une nouvelle migraine. C'est comme si j'avais le mal de mer sur la terre ferme. Et la moindre once de nourriture finit par être rejeté dans le fond des chiottes.

- - -

« -Il va finir par mourir s'il reste là. » l'homme souffle, ouvre le dossier médicale et ajuste légèrement ses lunettes sur son nez aquilin. L'air sévère et le costard trois pièce qui coûte sans doute plus cher que ma propre vie. Il s'avance vers moi, lève légèrement un sourcil m’observant de toute ma longueur, là, étendu encore une fois sur le lit de l'infirmerie. « -Écoutez, j'ai bien conscience des antécédents violent de ce prisonnier. Mais, s'il ne consulte pas un spécialiste... » Je voudrais bien observé plus attentivement le médecin carcéral essayer de me sauver la vie mais, je n'arrive même plus à lever la tête. « - Qu'il meurt. C'est un simple prisonnier. Et nous ne pouvons pas nous permettre de le transporter à l’hôpital. C'est trop dangereux. » Je souffle, retiens la nausée qui me prend relevant un peu la tête. « -Je suis pas malade ..» Je balbutie, ouvrant à peine les yeux, l'homme d'une cinquantaine d'année bien avancée, baisse son regard froid vers moi inspirant longuement. « -Vous voyez Dr.Andrews. Il n'est pas malade. Laissez donc ce jeune homme se reposer, il ira très bien, n'est-ce pas ? » Je secoue lentement la tête. « -C'est mon âme-liée. » De nouveau, l'homme lève un sourcil, surprit par la révélation. « - Monsieur, je vous en prie. Cette information change tout. Nous risquons d'être responsable de sa mort et de celle de son âme-liée. Il faut faire quelque chose. » Contraint et forcé, l'homme hoche la tête, attrape le dossier médicale et y jette un coup d'oeil plus intéressé. Il ouvre la bouche. Hésite. Referme la bouche de nouveau puis, à court d'argument, il concède :  « -En effet. Et bien M. White. Quelle chance. Nous allons vous faire sortir un peu plus tôt. » Je peine à ouvrir les yeux. Et quoi que je puisse dire, ses mots-là sont un soulagement. Je vais rentrer chez moi. Je vais partir de cet enfer et surtout, je pourrais voir Cat. Ne serait-ce qu'un peu.

- - -

Je peux sentir qu'elle est là. Pas loin. Je peux sentir la présence de Cat, là, à l'extérieur parce que j'arrive à me levé sans avoir la tête qui tourne, sans avoir la nausée ni l'impression qu'on va broyer mon crâne.  Je sais qu'elle est là. Qu'elle m'attends tout prêt. Et je m'agite un peu plus encore. J'ai hâte. J'ai peur. Ça fait longtemps que je n'ai pas vu Cat. Longtemps que je n'ai pas pu la toucher. La sentir. Ça fait tellement longtemps que je ne l'ai pas vu que j'ai l'impression de la revoir pour la première fois. De retomber amoureux , si c'était possible. Et ses yeux me font toujours le même effet. Putain d'obsession qui me hante. J'ai les mains qui tremblent. L'air hagard au visage. Entre l’appréhension et la hâte.  Quelque chose de si particulier. Je la vois, là, au bout du parking, à peine passé les portes. Et pourtant je suis là, incapable de bouger. C'est elle qui court vers moi, le visage assombrit de larmes, haletante et par automatisme, j'ouvre mes bras pour l'accueillir. C'est étrange. C'est étrange parce que j'ai rêvé ce jour. Je l'ai imaginer des dizaines de fois. Je me suis inventé tout un tas de scénarios, de possibilités.  J'en rêvais sans être certain d'en sortir véritablement un jour. J'ai penser que peut-être, je finirais par mourir dans les tréfonds de cette prison. J'ai penser que peut-être que j'arriverais jamais à m'relever de ça. A revenir parmi les vivant. J'pensais pas revoir Cat un jour de si prêt. J'pensais pas pouvoir l'embrasser d'nouveau. Alors c'est étrange, tu vois. L'impression qu'tout ça c'est un rêve. Que j'me réveillerais dans cette putain d'cellule qui sent la pisse et la gerbe. Que l’échappatoire c'était la mort.  Parce que je pensais pas survivre si longtemps privé de toute la force que j'ai un jour eut. Tout ça paraît bien lointain maintenant.  La force que j'ai un jour eut me semble presque éteinte.  Je suis fatigué. Et las.  Et elle a beau me serrer fort. Et j'ai beau la serrer fort aussi, il me semble qu'à tout moment, elle pourrait s'évaporé en un nuage de fumée. Que je pourrais me réveillé et me rendre compte que c'est encore un fantasme. Qui paraît pourtant si vrai. Le soleil sur ma peau, le goût salé de ses lèvres , mes doigts sur son visage. Rien ne paraît plus vrai. Rien ne paraît plus réelle que cette sensation d'apaisement. « -Tu m'as manqué. » C'est pourtant bien sa voix. C'est pourtant bien son timbre, tremblant. Et c'est pourtant bien ses bras. Et c'est pourtant bien ses cheveux. Et ses lèvres. Mais je peine à réalisé.  Je voudrais bien la serrer fort , plus fort encore mais , elle me semble plus fragile encore qu'avant et mes lèvres vont chercher sa joue . « - Tu m'as manqué aussi... Si tu savais...Tu vas bien ? Et maman ? » Je souffle , encore tout proche d'elle , allant chercher sa main parce que ça fait des mois que je l'ai pas toucher. Et j'essaie d'ignorer l'odeur camouflée d'alcool. J'essaie d'ignorer  parce que j'ai peur de connaître les raisons de ses excès. Parce que je ne sais même pas si je suis en position de critiquer son mode de vie. C'est après tout de ma faute. C'est bien moi qui disparaît pendant deux ans. Ce sont mes excès de colère qui nous ont attirer dans cette situation. Alors qu'est-ce que je peux bien dire ? Comment est-ce que je pourrais lui reprocher quoi que ce sois ? « -Tu m'as tellement manqué, Charlie. Me lâche plus jamais. Je veux plus que tu me lâches, t'entends ? » Elle souffle de nouveau. Et je ressers min étreinte plus fort encore. « -Je suis là. C'est fini. Je te laisserais plus jamais. Je te promet. »  C'est fini. Plus jamais séparé. C'est peut-être ça qu'il nous faut. De la proximité pour apaisé les angoisses et les malaises. De la proximité et du repos. « -Je pars plus. C'est fini. Je veux juste rentré à la maison, maintenant. » Je prends sa main dans la mienne pour l'attirer vers la voiture.  

Peut-être que cette fois, je ne vais pas me réveiller.

Cat D. Brighton
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reborn ; CATLIE EmptyVen 19 Juil - 12:24

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La complétude qui les caractérisait à l'époque, cette sensation si douce qui les enveloppait d'une chaleur enivrante, cette même sensation qu'elle avait tant espérée depuis deux ans, qu'elle avait désirée si fort qu'elle s'était sentie mourir un nombre incalculable de fois, la saveur si particulière qui en émanait, il n'en restait rien. Parce que même réunis, ils n'étaient plus complets. Marqués par deux années de manque et d'abandon, il fallait reconstruire une bonne partie des murs de leur amour, quand bien même celui-ci n'avait jamais vraiment disparu. Tout était devenu fragile, branlant, terne. Découlait de l'absence de l'un, le terrassement de l'autre. Pourquoi fallait-il accepter de telles conditions ? Pourquoi devait-elle, non pas par choix mais par obligation, souffrir ainsi par amour pour lui ? Pourquoi sa poitrine se serrait-elle, au point que le simple fait de respirer était devenu douloureux ? Cat pensait que les réponses à ses questions prendraient vies au contact de son aimé. Quelle erreur. Plus fragilisé encore par son séjour en prison, Charlie semblait avoir erré comme une âme en peine entre ces murs. Amaigri, le regard vitreux et les joues creusées. Son étreinte est faible, elle qui aurait tant voulu qu'il l'étouffe de tout son être.

Et pourtant, Cat acceptait tout de cette situation qui transpirait le désespoir. Elle le voyait comme celui qu'il avait été jadis, malgré les outrages du temps. Elle le voyait robuste, fier et arrogant, s'attendait à ce qu'il sorte l'une de ses vannes dont seul lui avait le secret. Elle se projetait en s'imaginant rire aux éclats en mangeant des glaces avec lui, devant un épisode d'une sitcom pourrie. Elle visualisait sa vie d'avant, bloquée dans un passé qu'elle avait tant chéri, un passé réconfortant parce que le présent ne miroitait que de la détresse. Elle le voyait avec les yeux de l'amoureuse éperdue. Sourire de façade sur visage blême. Cat se donnait l'ordre de ne rien laisser paraître. Il fallait supporter encore un peu, juste un peu, le poids de la douleur de sentir son adoré à moitié détruit par deux années de chaos.

Il voulait juste rentrer, quoi de plus compréhensible ? Retrouver la chaleur d'un foyer, symbolisé par une suite d'hôtel qui sera rapidement rangée par les femmes de chambres, comme Cat l'avait demandé avant de se précipiter dehors. Elle ne pouvait décemment pas montrer l'état réel de son lieu de vie à Charlie, c'était se montrer indigne de son retour. Elle se laissa guider vers sa voiture, pris place au volant et boucla sa ceinture de sécurité. Mais elle resta prostrée quelques longues secondes, face à la route, avant de démarrer la voiture. La jeune femme devait se montrer forte pour Charlie, pour elle aussi, mais n'y parvenait pas spontanément. Pour se faire, il fallait qu'elle plonge dans son imaginaire. Dans les souvenirs vécus, quelques années auparavant.

Mais les souvenirs, ça fait mal. Surtout lorsqu'ils sont bons. Les siens avaient le goût du miel, s'habillaient de crépuscule ou de nuits étoilées, s'accompagnaient de chaleur étouffante ou de brise parfumée et mourraient dans des caresses insolentes et des promesses murmurées. Ces souvenirs étaient parfaits. Trop parfaits. Le retour à la réalité, par sa brutalité, lui était insupportable. Et si le masque du bonheur tenait parfaitement sur son visage, l'intérieur était ravagé. Il n'en restait que des ruines. Un regard à Charlie, pour se rassurer de sa présence. Ses yeux se perdent sur les mains tremblantes du jeune homme. Cat se permet d'en saisir une, glisse ses doigt frêles en les siens et les porte à ses lèvres. Elle y dépose un baiser, puis un autre, avant de serrer cette main si chère contre son coeur. Retenir ses larmes lui donne mal à la tête, mais pas question de se laisser aller, pas maintenant. Je serais ton pilier, je ne craquerai pas. Pense-t-elle alors. Je ne craquerai pas,  je ne craquerai pas. Leitmotiv qu'elle se force à se répéter intérieurement.

Le retour à l'hôtel se fait dans une ambiance discutable. A l'accueil, les employés chuchotent de manière peu discrète, tout en lançant des regards inquiets à Charlie. Le mec des infos, l'ex taulard, le criminel. Les surnoms fusent et Cat se fait bouclier devant son amour, glissant un bras de soutien autour du sien pour lui rappeler de faire face sans faillir. Bon retour, mr White. Smiters, par cette seule phrase, suffit à faire taire les harpies de l'accueil.

Bon retour à la maison.

Déclare-t-elle, après avoir déverrouillé l'entrée de la suite. Les femmes de chambre ont fait un excellent travail ! Tout est rangé, aéré, les draps sont propres et plus rien ne traîne. Cat ressent un soupçon de honte, l'état des lieux laissait vraiment à désirer.
Son regard se perd sur la silhouette de Charlie, qu'elle observe dans ses moindres détails, tandis qu'elle s'appuie contre la porte pour la refermer. Son regard toujours aussi vitreux, ses mains qui tremblent obstinément. La courbure de son dos, comme si le poids de la culpabilité pesait bien trop lourd sur ses épaules fragilisées. Cat s'approche, un peu plus près, avec l'envie de redécouvrir cette carrure qui semble avoir perdu de sa superbe. Une fois à  sa hauteur, elle presse ses mains sur les épaules du jeune homme, pour le faire asseoir sur le bord de son lit. Ainsi, elle le surplombe et peut, à sa guise, profiter de ce visage si marqué et de ces iris, moins perçantes qu'avant. Où es-tu, Charlie ? Si ton corps est avec moi, toi, tu sembles perdu dans un néant que je n'arrive pas à atteindre. Ces mots, elle se contente de les penser, tandis que ses mains viennent soutenir la mâchoire de son adoré, qu'elle cajole de ses pouces. Lentement, elle pose son front contre le sien, soupire contre ses lèvres et lui murmure un je t'aime qui se consume dans un baiser.

L'envie de lui qui renaît, comme avant. Cette façon, bien a lui, qu'il a de succomber, comme avant. Cette braise exquise qui les font tout deux s'abandonner, comme avant. Si son être lui avait manqué, l'absence de son corps avait été la première des fatalités. Le sentir à nouveau la chamboule. Le désespoir est palpable dans sa gestuelle, dans sa façon maladroite de lui retirer son tee shirt, de hoqueter sans s'autoriser à pleurer. Le buste de Charlie est marqué des vices de la prison, Cat en est doublement déchirée. Elle effleure les cicatrices, embrasse les contusions en veillant à n'être que douceur sur ces traces encore fraîches.



Charlie White
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reborn ; CATLIE EmptyLun 2 Sep - 20:01

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Seul sur la terre sale, l'ami y'a personne
Envie d'se laver de tout, comment faire ça ?


Elle a changer. Elle est différente de mon souvenir. Ou peut-être que mes souvenirs s'emmêlent dans mon crâne. Peut-être que je l’ai fantasmé, que je l’ai réinventé. Et peut-être aussi, sans doute que je l’ai bousillé. J’ai un peu l’impression que ça tourne à vide à l’intérieur de moi. Que les idées sont plus vraiment en place. Que tout ça à bouger des choses qui n’auraient jamais dû bouger. Ça a Juste un peu brisé la surface trop lisse de toute la relation qu’on avait toujours eut. On a plus rien du couple goal qu’on a toujours été avant, qu’on avait l’impression de représenter... Avant y’a trop longtemps. Ça a changer nous. Ça ressemble plus qu’à l’ombre de tout ce que ça a toujours été. C’est plus si doux, et encore trop loin d’être brillant. Ça s’est fragilisé, c’est peut-être même un peu malsain parce qu’on mélange nos folies, qu’on les accepte trop simplement , qu’on les laisse nous transformer, nous modeler. C’est plus tout à fait comme avant et surtout, elle est plus tout à fait comme avant. C’est un peu le soucis avec nous. Avec moi. C’est le gros problème de ma vie. J’ai l’impression que je bousille tout ce que je touche. Que je brise tout ce que j’essaie de protéger. J’y repense un peu plus à chaque fois. À chaque regard qu’elle me lance et chaque sourire qu’elle se force à me faire. J’y pense toutes les secondes et toutes les minutes depuis le début de mon incarcération. Sans moi, Cat irait bien. Elle irait mieux, du moins. Et y’a cette peur, qui s’infiltre un peu. Toutes les réminiscences des angoisses adolescentes que je pensais avoir réussi à laisser derrière moi, celles qui me font me sentir trop maladroit, et simplement de trop dans le monde. J’ai du mal à visualiser la vie maintenant. Du mal à identifier ce que pourra être notre avenir ensemble, à quoi ressemblera le monde lorsque les émotions fortes de nos retrouvailles se seront effacés. Devra t-on repartir comme avant ? Nos vies pleines de choses, de gens, le travail, les shooting, le tatouage, les soirées , les fêtes. Ça parait tellement futile maintenant. Tellement lointain. Tellement normé. Et j’ai peur aussi. De ce qui pourrait se passer demain. De ce qui pourrait m’arriver si j’arrive pas à gérer mes démons et les siens. Si j’arrive pas à faire en sorte qu’on soit meilleur ensemble. Qu’on se bousille pas l’un et l’autre. Je me dis que ce serait bien si seulement on pouvait effacer tout ça. Repartir à zéro. Peut-être chacun de notre côté.

Je me souviens un peu des silences et des disputes. Des hurlements et de l’amour. Je me souviens de la peau qui s’irise sous mes doigts, qui frissonne et le souffle chaud dans mes oreilles. De la petite voix qui soupire mon nom, fébrile et fiévreuse. Je me souviens de l’amour et du calme. De l’apaisement des doutes et des peurs tant qu’elle était là. Tant qu’elle était prêt de moi. Je me souviens de combien c’était facile de l’aimer. Et combien ça a été facile de la bousillée aussi. Je me souviens de toutes mes erreurs et de toutes les choses que j’aurais pas dû dire. Certainement pas dû faire.

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Je quitte la cellule et inspire fort. J'essaie de retrouver l'air qui me manque. Trop d'angoisse. Trop de stress. Des émotions que je ne connais pas. Que je suis incapable de gérer. Trop intense pour ma petite boite crânienne. Tout tourne trop vite autours de moi et je me sens pris d'un vertige. J'veux rester fort pour Cat, continuer de faire parti du monde pour elle. C'est peut-être pour ça que je m’isole dans les douches. C'est parce que j'ai l'impression que chaque pan du tissus de ma vie s'étiole. Tout tombe en lambeaux autours de moi. Y'a plus rien qui tient debout. Je suis le seul. Le seul qui ne tombe pas. Qui tient debout comme obligé d'être en vie. Comme obligé de rester droit, comme forcé de ne pas flancher. Et très sincèrement je n'ai aucune idée de comment je fais pour être debout. Je ne sais même pas comment, entre l'inquiétude, l'angoisse, la souffrance, la peur , le manque et puis la fatigue, j'arrive encore à porter mon corps qui me paraît peser une tonne. Une tonne. Le poids du monde sur mes épaules. J'veux pas perdre Cat. Je veux pas non plus qu'elle se perde toute seule. Et l'air me manque, j'ai l'impression que je vais étouffe, que je vais mourir. Je suis en pleine crise d'angoisse, assis là, sur les chiottes, l'odeur de mon vomis me rappelant à chaque inspiration combien je tombe en miette. Je pense à Cat qu'est toute seule, là-bas , de l’autre côté des murs de la prison. Loin dans la ville. J'voudrais qu'elle m'aime encore ou en tout cas , qu'elle soit heureuse. Assez heureuse pour pas avoir à tout détruire autours d'elle pour pas avoir à se détruire elle même.

Mais, j'ai beau essayer, je suis pas assez fort. J'suis pas encore assez adulte. Pas encore assez mature pour rendre heureuse une femme qui a besoin d'un soutien inconditionnel. Peut-être que c'est ma faute , tout ça. Peut-être que j'ai que ce que je mérite parce que je sais pas faire de sacrifices. Parce que les sacrifices qu'elle m'impose sont trop important pour moi. Peut-être qu'elle a raison. Peut-être que c'est moi qui l'abandonne en ayant choisis la vengeance plutôt que prendre soin d’elle lorsqu’elle en avait simplement besoin. Peut-être que je me trompe. Que c'est moi qui fait mal les choses. Peut-être que je ne sais pas lui parler. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je ne sais plus quoi faire, et j'ai beau essayer et essayer encore de trouver un peu de bonheur dans cette situation, j'ai beau essayer de rendre le tableau moins gris, je n'y arrive pas. J'ai l'impression que tout s'écroule. J'ai l'impression d'être entré en enfer. Peut-être même que c'est le cas. Cette prison sera peut-être mon putain de tombeau. Et cet enfer sera peut-être le même que le prochain. Dans ce cas, y’a pas vraiment d’échappatoire. Autant y mettre fin.

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J'ai du mal à tenir la cigarette entre mes lèvres tant je tremble. De tout mon être des spasmes de panique alors que les larmes me brouillent la vue. J'ai décidé ce matin , que j'arriverais pas à passer cette journée. À peine lever, la cellule vide, là, perdu dans le silence. Les cellules d’isolement, c’est pas comme on imagine. On pense qu’on sera seul et peut-être tranquille. J’avais toujours eut cette idée que si un jour je finissais en taule, je m’arrangerais pour me mettre en isolement. Pour ne pas avoir à me mélanger aux cas sociaux des prisons. Mais l’isolement ça rends véritablement fou. j'revis inlassablement la même journée qu'hier. Je vais pas mieux parce que j'ai dormi. Bien au contraire. J'vais pas mieux parce que j'ai dormis. C'est même pire. Parce que j'ai toute ma tête , maintenant. Parce que je suis quand même épuisé. Parce que je suis quand-même épuisé , par la vie. Par tout ce qui m'arrive. Alors je sais. Je sais en me réveillant, que je veux pas passer cette journée. J'oublie Jude et j'oublie ou je suis. Un court instant seulement. Une heure peut-être j'oublie juste,les conséquences. Je me dis que c'est pas ma responsabilité. Que je devrais pas avoir à être obligé de vivre pour pas faire trop de mal à mon entourage. Je veux plus. Je veux plus supporter ça. Je veux plus supporter tout ce qui se cache dans ma tête. Tout l'orage qui gronde , qui tambourine , qui se déchaîne sur mes tempes , qui trempent mes joues d'eau salé , parce que l'océan dans ma tête, les abysses dans mes yeux , sont en train de déborder. J'ai plus la force. Plus aucune force. Ça fera pas trop mal. Ça ira vite. J’espère que ça ira vite. J’espère que tous les tranquillisants qu’ils me filent rendra l'opération plus rapide encore. J'vais juste m'endormir et plus jamais me réveiller. Tout laisser couler. Jusqu'à disparaître un peu plus. Jusqu'à disparaître complètement et ça ira. Ça ira pour les autres , ça ira pour moi. Et si l'seigneur est si miséricordieux, il m'en voudra pas trop parce qu'il comprendra que je souffrais trop. Que c'était trop dur. Il comprendra que je pouvais plus. Que j'voulais juste le rejoindre. Lui ou rien du tout. Le seigneur ou le néant. Et peut-être un peu l'enfer, sur le chemin. Tout sauf ça. Tout sauf la douleurs qui me prends à la gorge. Qui m'entraine dans un tourbillon terrible. Tout sauf la terreur que je ressens. Alors j’attrape le stylo bille qu’ils m’ont laisser pour écrire les lettres et par instinct un peu , sans vraiment réfléchir, je griffonne quelques mots d’adieu et puis je sors la lame de rasoir planquée entre le lit et le plafond, celle avec laquelle le type à essayer de me planté y’a deux semaines. Et puis je m'approche du lavabo. Retirant mes vêtements un par un , puant la lessive chimique de la prison. Je retire tout , dans des gestes si lents. Tremblant de tout mon corps. De peur, de peine et puis de sanglot. Je pleure, je pleure toutes les larmes de mon corps , je gémis de douleurs, avant même de m'être ouvert le bras. Parce que j'ai mal d'être en vie. Mal d'être encore vivant. De ne jamais être capable d'être heureux. Pleinement heureux.

Je vois bien mes mains qui tremblent. Ce sentiment qui se calme jamais, qui me terrorise, le manque et l’angoisse. Comme un putain de drogué à l’héroïne qui donnerait tout pour une dose. Je supportes plus ce sentiment-là. Et je fais mes adieux dans ma tête. Je demande pardon , d'une voix basse à Cat. Et quand je porte la lame à mon poignet , il me faut m'y reprendre à deux fois avant que le sang se mette à couler. À couler vraiment. Flot intarissable de liquide rouge qui s'échappe de moi, tâche le tapis de bain blanc de la cellule miteuse où je me trouve. Et je pleure plus fort encore, je me sens avoir la tête qui tourne. J'inspire fort serre le poignet dans un réflexe stupide. La sensation de mes veines qui pulsent en dehors de mon corps me donne la nausée. La vue aussi. Et je pense à elle. J'y pense fort. À ma mère aussi. Je me rends compte qu'hier matin, pendant les visite c'était la dernière fois où j'ai vu ma mère. Je lui ai pas dis que je l'aimais. J’ai oublié de dire à tellement de monde que je les aimait. J’ai laissé une note incomplète, pas d’indications. Et je me rends compte aussi que si je meurs. Cat mourra aussi. Qu’elle finira par s’éteindre parce qu’elle est contrainte par dieu ou par le monde, je sais pas trop à ne dépendre que de moi. Ça finit par me faire hurler. Super fort. À appeler quelqu’un. Je peux pas mourir et la tuer par égoïsme. Je peux pas. J’y arrive pas. Et ça me fait paniqué. Et malgré les larmes, la douleurs et puis la panique, j'me sens retrouver un tout petit peu l'envie de vivre. Première fois depuis des jours, que j'me sens plus aussi vide. Peut-être parce que la douleurs galvanise, j'en sais rien. Mais j'attrape un morceau du draps qui traine , pour empêcher le sang de couler, j’entends la porte de la cellule se déverrouillé, il était peut-être pas trop tard pour regretter.


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J’ai du mal à me concentrer aujourd’hui. Habité par les tics nerveux, par les tremblements et l’anxiété sociale d’un monde qui m’a l’air d’un coup si grand. Immense, même. Énorme qui ne se résume plus du tout aux murs de ma putain de cellule. Trop de gens, trop d’air, trop de choses et ça me met presque mal à l’aise. Ça me fout un peu la pression. J’ai peur de pas avoir eut le temps de vraiment me préparer. Je suis sorti si vite. Et je suis tellement profondément enfouis dans mes pensées. Dans les souvenirs qui se brouillent, qui se mélangent, qui flétrissent un peu dans ma boîte crânienne, que je remarque à peine les regards qu’on me lance à l’accueil. Les chuchotements. Les voix qui pourrissent dans ma tête parlent bien trop fort. Et j’ai pas vraiment le temps de dire quoi que ce soit que nous voilà déjà devant la porte de la suite de Cat.

J’ai jamais aimé cet hotel. J’aurais voulu qu’on se trouve un vrai appart pour nous deux. Un vrai truc. Pas une suite d’un hotel, avec un personnel qui supporte pas ma sale gueule, un endroit à nous. Mais tout ça, c’est plus si important maintenant. C’est plus si nécessaire. Ce sont des besoins qui n’ont plus l’air si vitale. Une chambre d'Hôtel, c’est sans doute largement plus que ce que je vaux. D’une voix faible, elle me souhaite bienvenue chez moi et même si ce n’est pas vraiment chez moi, je hoche la tête, n’ose pas débattre. C’est pas chez moi, mais un peu quand-même, au fond. Pas chez moi mais là où il y a ma liée, j’y suis aussi. C’est chez moi, là où elle décide, ça a toujours été comme ça, j’imagine. Ça à toujours été plus simple et plus confortable, de ne pas contredire Cat, peut-être parce qu’on s’est assez disputé pour une vie. Assez déchiré et assez bousillé aussi. Alors on s’en fout. C’est chez moi si elle le souhaite. Tout ce dont j’ai besoin , là, c’est d’une clope, d’un peu d’elle aussi. Et du calme. Alors incertain, un peu comme si j’attendais que rien n’ait changé, je file vers la chambre pour espérer y trouver mon paquet de cigarette prêt de la table de nuit. Le cendrier à demi plein que je laissais toujours et qui l’agaçait. Je sens qu’elle s’approche dans mon dos. Qu’elle cherche à retrouver un peu de chaleur, mais il fait trop froid à l’intérieur de moi. Et je sais plus comment offrir ça. Même si , elles m'avaient manqué , les étreintes. Ça fait si longtemps que j'ai pas toucher une femme que je me sens presque perdu. Presque incapable , je presse juste mon corps contre le sien, glisse une main dans la cambrure de ses fesses cherche ses lèvres dans une traînée de baisers et je l'embrasse , me sens rougir , un peu , je n'autorise aucune distance. Tant pis si elle change d'avis. Pour ça aussi , c'est trop tard. J'voudrais lui dire à quel point je la trouve belle , mais les mots sortent pas. Alors je glisse la veste qu'elle porte sur ses épaules au sol. « Je t’aime. » Qu'elle souffle, alors que je me mord la lèvre, de nouveau affamé par ce corps qui a hanté un peu trop mes nuit, mes matins et mes après-midi, ces dernières années. Et puis son t-shirt s'en va rejoindre sa veste, alors que mon autre main se presse contre ses fesses et short galbant ses jambes bien faites. Elle a minci encore plus qu’avant. Et je le sais parce qu’elle repousse mes mains, comme à chaque fois qu’elle maigrit. Parce qu’elle a honte de pas être plus en chaire, plus comme j’aime. Qu’elle oublie parfois que peu importe comme elle est, je l’aimerais toujours. Et je me laisse pousser sur le bord du lit, retirer mon t-shirt même si je sais qu’elle aura plus mal que moi, des blessures qui se perdent. Des nouvelles cicatrices qui ont remplacé les ancienne, bousillé des tatouage.

Je la laisse faire parce que j’imagine que ça la rassure, de savoir qu’elle peut encore avoir le contrôle sur ce que je vois, ce que j’arrive à constater. Je ne dis rien parce que je ne sais pas quoi dire. Et comment le faire. Je sais que ça marche pas. Je sais que je suis cassé et que je risque de ne pas y arriver. Je sais que je pourrais gâcher le moment qui nous unis, là maintenant. On se rends compte de beaucoup de choses dans l'absence. Peut-être parce que l'absence laisse le champ libre aux réflexions profondes, peut-être qu'on voit plus de chose quand on perd une personne que quand elle est là , quand elle est acquise, quand la question ne se pose pas parce qu'on ne pense pas la voir disparaître du jours au lendemain.. C'est compliqué de savoir. C'est toujours très compliqué. Ce qui est sûr c'est que lorsqu'elle s'éloigne un tout petit peu trop , y'a un creux dans mon estomac qui se crée. Profond , étrange. Que j'avais jamais eue avant. Avant Cat. Et c'est pour ça que j'ai peur de gâcher l'instant de grâce, les retrouvailles et puis enfin , l'idée même d'avoir une petite amie. Une vraie, pour une fois. L'idée même de m'engager, d'y aller, tout en étant pourtant cassé, abîmé et effrayé à l'idée de ne pas être à la hauteur. Et peut-être que je n'aurais pas dû me jeter sur elle, peut-être que j'aurais du être sage. Laisser du temps pour y arriver, doucement , petit à petit. Mais je suis pas un homme patient. Je ne suis pas le genre de garçon qui suis un programme en douze étapes de réhabilitations sexuelle, avec un conseiller et puis des petites règles à suivre chaque jours pour aller mieux . Non. Moi je veux tout, et je veux tout de suite. Je veux Cat, là. Gamin trop capricieux qui n'arrive même pas à désiré de façon raisonnée. Ce que j'aimerais la prendre, là maintenant. Mais, sa main se glisse contre ma braguette ouverte et j'inspire géné. Je voudrais me reculer et puis lui expliquer, justifier, lui assuré que ce n'est pas de sa faute, mais elle n'a plus envie de parler, ma liée. Elle n'a plus envie de parler et certainement plus envie de penser. Alors je me laisse faire, sous ses caresse. Peut-être qu'il m'a abandonné, le petit soldat, mais la sensation de caresse contre mon sexe n'en est pas moins agréable. Et je grogne, ferme les yeux et soupire, doucement, toute la frustration qui me gagne de ne pas pouvoir la prendre, là, dans la pénombre d'une chambre habité seulement par nous deux, ce soir. Et elle ne se démonte pas non plus , Cat. Elle a comprit, peut-être. Pour une fois, elle comprends sans que je n'ai besoin de parler. Elle tire sur mon pantalon d'un geste vif, se laisse glisser à mes genoux pour tomber devant moi, alors que ses lèvres démarrent une danse bien trop frustrante sur l'origine de mes problèmes. Pourquoi est-ce que ça ne fonctionne pas ? Pourquoi est-ce que ça ne fonctionne pas...

PUTAIN !

Et je grogne, je m'agace, je m'agite. Mais rien ne fonctionne et ça me mets en colère. Alors je l'attrape doucement par les épaules pour la faire se reculé, agacé, la voix enrailler par l'agacement et l'excitation mêlé à une frustration, je me sens trembler de tout mon être. Je me lève pour m'éloigner en silence me lever et chercher dans le tiroir de la table de nuit mon paquet de clope que je trouve pas. Elle a dû le jeter, depuis le temps. Ou le terminé. Et je sens mon corps se brusquer, énervé par le manque. Je lance mon poing dans le mur. La colère, toujours. Comme seule et unique expression du malêtre.


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