I'd rather feel pain than nothing at all

Brunhild Kraft
Brunhild Kraftvictime de cupidon
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I'd rather feel pain than nothing at all - Page 4 EmptySam 10 Aoû - 18:42

« On dirait l’un des miens… »

Difficile de décrire ce que Brunhild ressentit en entendant cette réponse là. Il avait lui aussi rêvé d'elle ? Rêvé de l'embrasser ? Elle sentait son coeur accélérer encore à cette idée, vraiment touchée, vraiment heureuse de savoir qu'elle n'avait pas été la seule à regretter leur proximité. Est-ce qu'il revoyait des images de leurs baisers, lui ? Elle, elle sentait encore le goût de ses lèvres et la douceur de sa peau quand elle fermait les yeux... Il relâcha un peu son dos, qu'il avait déjà parcouru de caresses qui ne masquaient pas leur avidité, en faisant remonter une de ses mains jusqu'à la joue de la demoiselle. Sentir à nouveau les tremblements de ses doigts contre son visage la fit sourire dans le noir alors qu'elle tentait de reprendre son souffle. Mais même si elle avait un peu de mal à respirer, elle n'aurait refusé pour rien au monde de reprendre leur étreinte. Ça lui avait tant manqué.

Et visiblement, le plaisir procuré par cette embrassade était réciproque. Son amoureux ne tarda pas à approcher, elle le sentit grâce au matelas. Il vint presser son torse contre elle, elle en sentit la chaleur, et sa main l'invita doucement à relever la tête pour qu'ils puissent s'embrasser encore. Désir et tendresse. Brunhild se redressa à son tour un peu plus -et dire qu'elle venait de s'asseoir !- pour que son visage soit à la même hauteur que celui d'Isaac, pour pouvoir à nouveau glisser ses doigts dans son cou et sa nuque sans qu'il soit gêné.

En l'attirant un peu mieux contre elle, répondant toujours avec envie à ses multiples baisers aux effets décuplés par ses caresses, la rouquine finit par se sentir basculer en arrière. Une de ses mains se resserra tout de suite sur la chemise d'Isaac, dans son dos, l'entrainant un peu malgré elle dans sa chute. L'autre s'appuya sur le matelas pour amortir cette descente imprévue mais ce ne fut pas tout à fait suffisant.

Même si la rouquine n'avait plus que la peau sur les os, Isaac n'était pas encore assez lourd pour lui faire vraiment mal, et le matelas pas assez dur non plus. Elle eut néanmoins le souffle un peu coupé, ce qui la poussa à prendre de grandes inspirations avant de... Rire. Juste un peu. Partagée entre le comique de la situation et le bonheur de tenir cet homme encore un peu plus contre elle. Elle passa ses deux mains dans son cou, sans les serrer bien sûr, mais pour empêcher qu'il s'éloigne. Pour qu'il reste.

- Ça va ?
Demanda-t-elle quand même, espérant qu'il ne se soit rien tordu sans faire exprès...

C'était un peu... Gênant. Pas déplaisant du tout, hein ! Brunhild avait encore envie de l'embrasser, mais dans cette position c'était tout de suite un peu différent, plus... Eh bien... Même si personne ne pouvait le voir, la femme se mit à rougir. Heureusement que c'était Isaac, heureusement qu'elle sentait ses tremblements et son odeur, elle aurait sans doute paniqué sinon, en sentant un homme la dominer de son poids. Mais ce n'était pas la première fois qu'ils se retrouvaient ainsi tous les deux. Voilà qui rappelait encore d'autres rêves...

La musicienne, s'aidant de ses doigts pour déterminer où se trouvaient les lèvres d'Isaac, approcha lentement leurs visages pour l'embrasser avec une douceur et une timidité qui devaient lui être plus familières que la passion qu'elle avait imprimée à leur étreinte au départ. Espérant qu'il ne trouverait pas ça... Trop bizarre... Trop gênant... Ça lui faisait du bien de le retrouver, de partager ça avec lui, mais elle sentait comme une boule au ventre à l'idée d'un rejet de sa part - quelle qu'en soit la raison. Elle sépara leurs lèvres lentement, préférant encore que ce soit elle plutôt que lui...

- Euh... Je... Tu... Tu veux que je... Qu'on...

Peut-être qu'elle aurait mieux fait de ne rien dire, peut-être que c'était plus gênant maintenant qu'Isaac comprendrait qu'elle était gênée, mais elle n'était pas gênée de l'embrasser, elle était gênée à l'idée qu'il soit gêné de l'embrasser... Impossible cependant de trouver les mots justes pour en parler. La situation n'était pas si commune... Ses doigts quittèrent doucement le cou d'Isaac pour se placer dans son dos, espérant encore une fois l'inciter à rester même si elle savait que son hésitation pouvait faire penser le contraire.
Isaac Callum
Isaac Callumvictime de cupidon
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I'd rather feel pain than nothing at all - Page 4 EmptyLun 12 Aoû - 2:06

Isaac Callum

Brunhild Kraft

Chaos and earthquakes


Quelques secondes à peine après que nous ayons repris notre embrassade, je regrette d’avoir entreprit une nouvelle approche dans cette position… Je sens que mon dos et ma nuque me tirent, ça en devient presque désagréable… Heureusement que c’est pour l’embrasser elle, sinon je n’aurais pas la force de tenir, et j’aurais été obligé de m’éloigner un instant pour me replacer. Rapidement, Brunhild se redresse à son tour pour se mettre à peu près à ma hauteur, comme si elle avait lu dans mes pensées ou… Comme si ce n’était pas très agréable pour elle non plus. Je souris sans quitter ses lèvres, soulagé qu'elle se place ainsi, alors que je sens ses mains délicates qui commencent à parcourir mon cou et ma nuque dans des gestes doux.

Nous nous serrons encore un peu plus, nous caressant l’un et l’autre en enchaînant baiser sur baiser, jusqu’à ce que… Nous basculions. Sans vraiment que je comprenne comment, je me sens partir en avant, entraîné par Brunhild qui s’accroche à ma chemise lorsqu’elle tombe soudainement, ou qu’elle se couche un peu trop brutalement, je ne sais pas. Je me rattrape par réflexe avec mes mains, mais j’ai tout de même l’impression de m’écrouler trop lourdement sur elle. J’ai un peu le souffle coupé par la surprise, mais lorsque j’entends les premiers éclats de rire de la rouquine en-dessous de moi, je ne peux m’empêcher de me mettre à rigoler avec elle, sans bouger de là, sans même vraiment réaliser la position dans laquelle nous sommes.

« Ça va ? » Demande-t-elle sans parler trop fort.
« Oui, ça va… Toi aussi ? » Lui répondis-je, pas vraiment inquiet étant donné que je viens de l’entendre s’esclaffer.

Durant le court silence qui suit, je réalise la pose dans laquelle nous nous trouvons… Je commence à rougir, sans oser rien dire, ni rien faire. Je parviens juste à avaler ma salive, en me concentrant pour ne pas commencer à respirer trop fort. J'espère que ce n'est pas... Trop, pour elle. Après tout, on osait pas se coucher l'un contre l'autre il y a quelques minutes à peine, je ne voudrais pas qu'on... Grille les étapes d'une réconciliation. Je sens alors les doigts fins de la fille qui se glissent sur mon visage, sur mes lèvres, avant qu’elle ne vienne m’embrasser avec un peu plus de retenue qu’il y a quelques instants. Ce constat me fait sourire un peu plus, alors je calme moi aussi mon ardeur, profitant de petits bisous emplis de douceur, que j’accompagne de quelques caresses sur ses côtes et ses hanches. Et comme j'ai un peu peur de la gêner, je me déplace légèrement, restant allongé contre elle… Mais plus complètement sur elle.

« Euh… Je… Tu… Tu veux que je… Qu’on… » Bafouille Brunhild après avoir rompu le contact entre nos lippes.

Je hausse les sourcils, sans comprendre où elle veut en venir. Je lui laisse quelques secondes de plus, espérant qu’elle irait au bout de sa phrase, mais plus aucun son ne sort de sa bouche, comme si elle était paralysée d’un seul coup. Je me mets à sourire en coin, en réfléchissant à ce qu’elle a bien pu essayer de me dire, mais j’ai trop peur de me tromper et de dire une bêtise si je lui réponds… Surtout dans un moment pareil, et surtout nous connaissant, une mauvaise interprétation peut très vite arriver. Je baisse doucement la tête afin de venir enfouir mon visage dans son cou, respirant l’odeur de sa peau quelques instants avant d’y déposer mes lèvres très lentement, comme pour y déposer ma marque.

« Je t’aime… Mais j’ai pas compris ce que tu voulais me demander. » Lui murmuré-je, légèrement taquin.

Je relève à peine mon visage, le bout de mon nez effleurant sa joue tandis que j’attends plus de détails, que ce soit oralement ou qu’elle me le montre directement. Je suis terriblement gêné de ne pas pouvoir m’empêcher de m’imaginer qu’elle ait envie que nous retrouvions notre intimité d’antan, mais heureusement, je parviens à me résonner en me disant que c’est sans doute le manque de ces deux derniers mois qui me font interpréter ses gestes et ses paroles de la sorte… Et puis avec ce qu’elle a vécu dernièrement, je suis persuadé qu’elle a envie de beaucoup de choses, mais certainement pas de ça. J’inspire profondément pour essayer de calmer mon cœur qui bat trop vite, plus pressé qu’angoissé de savoir ce qu’elle avait l’intention de me dire.
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Brunhild Kraft
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I'd rather feel pain than nothing at all - Page 4 EmptyLun 12 Aoû - 14:25
Isaac n‘était pas resté sur elle, mais il n‘avait pas eu l‘air de fuir non plus. Il s‘était décalé, préférant sans doute se mettre sur le côté pour éviter de l‘étouffer… Ou pour éviter de l‘effrayer. Dans tous les cas c‘était une bonne décision, c‘était le genre de gestes qui avaient toujours mis Brunhild en confiance. Elle avait toujours su qu‘il ne lui ferait jamais de mal volontairement, jusqu‘à… Jusqu‘à ce qu‘il croit qu‘elle avait abusé de sa confiance. C‘était un homme de parole, elle n‘en avait jamais douté, mais ça devenait encore un peu plus évident quand on voyait avec quelle force il réagissait à la trahison. Et il avait promis de rester près d‘elle, il avait affirmé qu‘il l‘aimait. Alors elle se sentait bien avec lui, elle avait envie de continuer à embrasser doucement ses lèvres.

Brunhild n‘était pas prête pour autre chose que le tenir contre lui, et goûter à ses lèvres. Les tremblements d‘Isaac, aussi rassurants soient-ils, ne l‘apaiseraient sûrement pas assez pour qu‘elle ose aller plus loin. De toute façon, ce n‘était pas le bon moment pour ne serait-ce que penser à plus que ça. Au milieu des débris de verre, de meubles, au milieu des vêtements éparpillés, au milieu d‘un immeuble probablement désert, ça avait un petit côté fin du monde et angoisse qui en aurait certainement séduit plus d‘un pour se laisser aller à ce genre de retrouvailles là. Mais quand Isaac souffla contre son cou avant d‘y déposer un baiser aussi tendre que suggestif, Brunhild fut convaincue que c‘était impossible pour eux. Elle se sentit frissonner, parce que c‘était agréable, et en même temps elle sentit une boule naître au creux de son estmac.

« Je t’aime… Mais j’ai pas compris ce que tu voulais me demander. » 

La rouquine serra un peu mieux ses doigts sur la chemise d‘Isaac, mal à l‘aise et… Un peu perdue. Elle aussi elle l‘aimait. Alors pourquoi était-ce soudainement si gênant de le sentir si proche, de sentir ses lèvres dans son cou ? Parce que ça rappelait d‘autres choses, parce qu’elle craignait en même temps qu’Isaac s’attende à plus que ce qu’elle pouvait lui offrir. Elle avait cru que les lèvres et les caresses de son amoureux parviendraient à chasser tout le reste. La vérité c‘était que tout cela lui avait fait beaucoup de bien, mais qu‘elle craignait de tout gâcher en s‘aventurant un peu plus loin. Pour le moment elle préféra ne rien en dire.

- Moi aussi je t‘aime
, répondit-elle tout doucement, bizarrement en anglais, venant chercher ses lèvres avec une légère hésitation cette fois.

Elle n‘avait pas envie de le repousser, ni même qu‘il croie qu‘elle en ait envie. Elle le voulait encore dans ses bras, elle voulait encore ses lèvres mais… N‘allait-il pas la trouver indécise, si elle devait ensuite annoncer que, eh bien… Elle ne se sentait pas de continuer ? Autant être sincère, dans ce cas.

- En fait je… Je voulais savoir si je pouvais t‘embrasser sans que ça te gêne qu‘on soit… Allongés… Mais je crois que… Que c‘est moi que ça gêne un peu…


Elle sentit son angoisse s‘alourdir au fond de son ventre. Elle espérait qu‘il n‘irait pas s‘imaginer n‘importe quoi, elle adorait toujours autant ces moments qu‘ils pouvaient partager, elle avait rêvé de le prendre dan ses bras pendant des jours et des nuits entières, elle… Elle en avait envie, au fond.

- On peut… On peut peut-être se rasseoir ?
Proposa-t-elle finalement, sans oser bouger.

S‘allonger contre lui pour dormir, s‘embrasser pour se souhaiter bonne nuit, c‘était une chose. Là, c‘en était une autre. Agréable, mais un peu trop brusque à son goût. S’ils se rasseyaient, elle comptait bien se pelotonner tout contre lui, lui réitérer son amour, l’embrasser encore – du moins s’il le permettait toujours après ça. Mais s’ils restaient dans cette position elle sentait qu’elle finirait par s’angoisser toute seule et se paralyser, tétanisée par des souvenirs dérangeants qui referaient sûrement de plus en plus apparition.

- Je suis vraiment désolée
, bredouilla-t-elle, consciente qu’elle venait sans aucun doute de jeter un froid à nouveau, inquiète à l’idée qu’il le prenne mal, qu’il l’accuse d’avoir lancé ce rapprochement entre eux sans l’assumer par la suite.
Isaac Callum
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I'd rather feel pain than nothing at all - Page 4 EmptyMer 14 Aoû - 4:05

Isaac Callum

Brunhild Kraft

Chaos and earthquakes


« Moi aussi je t’aime. »

Tiens, Brunhild me répond en anglais… Je ne pensais pas que je ferais attention à ce genre de détails, mais j’ai tant l’habitude que ses déclarations soient faites en allemand que ça me saute aux yeux, là. Enfin, aux oreilles, plutôt. Je ne peux pas la questionner sur ce choix étrange, puisqu’elle vient aussitôt rechercher mes lèvres, peut-être justement pour m’empêcher de parler. Cela dit, je ne veux pas me prendre la tête avec quelque chose d’aussi insignifiant, même si je sens qu’il y a quelque chose de différent depuis que nous sommes couchés, une sorte de gêne palpable, traduite notamment par son bafouillement incompréhensible plus tôt, puis ça maintenant. C’est comme si on avait mit un énorme coup de frein d’un seul coup et que l’on continuait quand même à déraper un peu.

« En fait je… » Reprend-t-elle après quelques secondes de baiser. « Je voulais savoir si je pouvais t’embrasser sans que ça te gêne qu’on soit… Allongés… Mais je crois que… Que c’est moi que ça gêne un peu… » M’avoue-t-elle.

Alors c’est bien ça… Elle est gênée. Bizarrement, ça me fait sourire légèrement, comme si j’étais attendri par ce qu’elle venait de me dire. Et c’est en effet le cas, je la trouve vraiment adorable à se faire du mouron pour quelque chose qui, encore une fois, est vraiment insignifiant, surtout un jour comme celui-ci… Après avoir survécu à un tremblement de terre et l’avoir retrouvée, je peux bien supporter d’entendre qu’elle n’est pas très à l’aise à cause d’une chose ou d’une autre. D’autant plus que je sais qu’elle a vécu des choses horribles avec un autre garçon et qu’elle se réveille d’un cauchemar qui a sans doute ravivé des souvenirs à ce sujet… Je serais vraiment le pire des hommes si je lui reprochais quoi que ce soit.

« On peut… On peut peut-être se rasseoir ? » Propose-t-elle d’une voix plus faible. Je souris d’avantage en comprenant qu’elle ne veut pas qu’on cesse nos petites attentions, mais qu’elle est juste gênée qu’on soit dans une position trop suggestive.
« Bien sûr, viens par-là ! » Lui dis-je, venant l’embrasser rapidement avant de commencer à me redresser en tirant doucement sur ses mains pour l’aider à faire de même.
« Je suis vraiment désolée. » L’entends-je dire tout bas tandis que je l’aide à se remettre sur ses fesses.
« T’excuse pas mon cœur, y a pas de soucis. Je peux comprendre que ça soit un peu… Bizarre, pendant un certain moment. »

Je m’assois alors en tailleur, relâchant ses mains après l’avoir attirée suffisamment pour pouvoir l’enlacer. Etrangement, je suis assez soulagé qu’on s’en tienne à nos câlins et à nos bisous, sans doute parce que les rapports plus intimes ne m’ont pas beaucoup manqués durant ces sept semaines. Enfin je veux dire, bien sûr que ça m’a manqué, mais bien moins que ces moments de tendresse durant lesquels nous partageons baisers et papouilles sans arrière-pensée, juste pour profiter d’être ensemble… J’ai toujours adoré ce genre de moments, ces grasses matinées à me tenir tout contre elle sans échanger le moindre mot alors que l’on savait très bien tous les deux que l’autre était réveillé, ces soirées devant la télévision à écouter un film dans les bras l’un de l’autre, et j’en passe. Je pense que je pourrais aisément passer ma journée entière à caresser ses cheveux, et ça ne m’ennuierait pas un seul instant.

« Pardonnes-moi si jamais j’ai fais quelque chose qu’il fallait pas. Tu sais que… Que c’était pas mon intention. » Ajouté-je tout de même, au cas où je l’aurais mise mal à l’aise à cause de quelque chose en particulier que j’aurais fait, comme par exemple le baiser un peu audacieux que je suis venu déposer dans sa nuque… Je ne pense pas avoir exagéré, mais si jamais elle a trouvé cela déplacé, c’est normal que je m’en excuse.

Je sens alors un bâillement venir du plus profond de ma gorge, tellement intense que je n'arrive pas à le contenir et que quelques larmes coulent de mes yeux. C'en est si ridicule que je me mets à rire doucement juste après, d'un rire un peu nerveux, signe supplémentaire de ma fatigue grandissante. Il faut dire qu'avec le peu que j'ai réussi à dormi, ce n'est pas très étonnant. Pourtant, je ne veux pas m'allonger tout de suite, parce que je veux encore goûter aux lèvres de ma bien-aimée, parce que je veux sentir ses doigts se balader dans mes cheveux ou sur ma nuque, parce que je veux la serrer dans mes bras et sentir la chaleur de son corps contre le mien...
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I'd rather feel pain than nothing at all - Page 4 EmptyMer 14 Aoû - 14:23
« Bien sûr, viens par-là ! »

Elle sentit qu’Isaac attrapait ses mains, sans doute pour l’aider à se relever puisqu’il l’attira un peu. Brunhild bougea un peu ses doigts pour attraper plutôt ses poignets, sans quoi elle n’aurait pas osé profiter de son aide de peur de lui faire mal. Elle ne connaissait pas véritablement les limites à ne pas dépasser, elle avait toujours pris le plus grand soin de ne pas le faire souffrir bêtement et ce n’était pas maintenant que ça allait changer ! Autant être prudente. Ils avaient bien assez souffert tous les deux.

Timidement, elle entreprit de faire ses excuses à son amoureux, toujours aussi mal à l’aise de l’avoir embarqué dans cette situation. Elle n’avait pas fait exprès de tomber bien sûr, mais c’était tout de même sa faute et c’était encore elle qui venait l’ennuyer pour qu’ils s’assoient alors même que ça n’aurait pas dû être si gênant pour eux de se retrouver ainsi l’un contre l’autre. Isaac avait même fait attention à ne pas l’écraser… Elle n’avait vraiment rien à lui reprocher, et c’était peut-être même ça qui la mettait le plus mal à l’aise au fond. Il avait été tendre et attentionné, et elle… Elle avait été gênée.

« T’excuse pas mon cœur, y a pas de soucis. Je peux comprendre que ça soit un peu… Bizarre, pendant un certain moment. »


Brunhild sourit en entendant cette réponse. Ce fut tout de suite comme si un grand poids quittait ses épaules, il ne lui en fallut pas plus pour se sentir infiniment soulagée. Ce n’était pas vraiment que la situation était bizarre. Enfin si, entre le tremblement de terre et leurs retrouvailles, on pouvait sûrement dire ça. Mais là, c’était… Autre chose. Quelque chose que la femme n’eut pas envie d’expliciter en répondant, cette fois, et elle se contenta de se pelotonner tout doucement contre Isaac, collant sa joue contre le haut de son torse pour respirer son odeur sans plus oser bouger alors qu’il l’enlaçait avec la même délicatesse.

Assise, elle se sentait moins… Vulnérable. Les bras d’Isaac, enroulés autour d’elle, lui faisaient comme une protection à l’intérieur de laquelle elle se sentait bien, rassurée. Il la couvrait avec beaucoup d’amour et ses mots étaient apaisants, voilà qui lui permettait de souffler un peu et elle ne tarda pas à se détendre contre lui. Il était si compréhensif, elle avait tant de chance de l’avoir auprès d’elle, de l’avoir retrouvé. Elle avait tant de chance qu’il l’aime. Cette pensée trouva bien sûr un écho, dans toutes les vacheries que Thomas avait pu lui écrire en disant à la fois qu’elle ne méritait personne et qu’elle ferait bien de se laisser approcher par le seul et unique à s’intéresser à elle – sous-entendu, lui. Elle se répéta plusieurs fois qu’il avait tort, sans trop y croire, persuadée effectivement qu’il ne s’agissait que de chance pour qu’Isaac ait pu s’intéresser à elle et rien d’autre. Un peu inquiète à l’idée qu’il lui retire tout ça le jour où il se rendrait compte qu’elle n’était pas si bien que ça, pas si intéressante. Pas belle. Trop mince, trop épuisée, trop difficile à soutenir, trop fatigante à aimer.

« Pardonnes-moi si jamais j’ai fais quelque chose qu’il fallait pas. Tu sais que… Que c’était pas mon intention. » 


La musicienne se serra un peu mieux contre lui, sincèrement émue par ses excuses. Il n’avait rien fait de mal, elle ne voulait pas qu’il se sente coupable de quoi que ce soit, mais elle ne pouvait pas s’empêcher d’apprécier encore une fois sa bienveillance. Une qualité qui lui faisait le plus grand bien en cet instant, et dont elle n’avait que rarement eu l’occasion de bénéficier jusque là dans sa vie.

- Non, non !
s’empressa-t-elle tout de même de répondre. Ne t’en fais pas c’est… C’est juste moi le problème.

Elle n’attendait pas réellement de réponse de son amoureux et heureusement, parce que si ça avait été le cas elle n’aurait peut-être pas apprécié de l’entendre bailler avec une telle force. Il dut en être surpris, ou quelque chose comme ça, parce qu’il ne se retint pas de rire et elle se joignit à lui, à l’unisson, un peu amusée mais surtout… Elle n’aurait pas su dire. Pas vraiment inquiète, mais un peu ennuyée qu’il soit fatigué à cause d’elle. Après tout, elle avait bien dû le réveiller avec toutes ses histoires, non ?

Voilà qui lui rappela la première nuit qu’ils avaient passée ensemble, quand Isaac essayait vainement de rester réveillé pour lui tenir compagnie alors qu’il était évident pour tous les deux qu’il n’avait qu’une seule envie : se reposer. Un sourire un peu amusé finit par étendre ses lèvres, cette fois, alors qu’elle se rappelait un peu mieux les détails de ce moment… Ce qui lui inspira quelque chose.

- Tu as besoin d’une berceuse ?
Proposa-t-elle doucement en venant loger sa tête contre l’épaule de son compagnon, cherchant déjà ce qu’elle pourrait lui chanter s’il lui disait que ça lui ferait plaisir.

Ce n’était pas qu’elle manquait d’idées : elle maîtrisait un répertoire probablement bien plus grand que ce dont il pouvait se douter. La possibilité de lui chanter quelque chose l’enchantait c’était vrai, elle espérait qu’il ne refuserait pas, elle se souvenait encore de sa voix toute endormie quand il avait dit qu’il aimait ça… Mais ça lui rappela tout de même la perte de son instrument fétiche, et le vide qui allait se faire dans sa vie sans cet exutoire là. Ce fut donc avec un léger pincement au coeur qu’elle attendit sa réponse, se demandant si elle ne ferait pas mieux également de retourner chercher la batterie pour qu’il ait son portable à disposition quand il se réveillerait, ce qui pourrait être une agréable surprise pour lui. En attendant, elle passa simplement ses doigts dans les cheveux étrangement longs d’Isaac, et dans sa barbe aussi parfois. Sans faire le moindre commentaire.
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