Fucked up ;Tim

Lukas Elbaz
Lukas Elbazvictime de cupidon
Avatars : Diego Barueco
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Date d'inscription : 18/02/2019
Profil Académie Waverly
Fucked up ;Tim EmptyVen 6 Sep - 18:09

When the party's over
Ce qui vous rend adorable
N'est propre qu'à m'alarmer,
Je vous trouve trop aimable
Et crains de vous trop aimer :
Mon cœur à prendre est facile.


Tu t’es toujours dis que tu pourrais pardonner le fait qu’il soit triste et effrayé. Que tu pourrais tout pardonner en fin de compte. Si seulement il te l'avouait . Si seulement il te demandait de l’aide. Si seulement il arrêtait de te repousser. Si seulement il acceptait d’essayer un peu. Si seulement il te disait que lui aussi il veut que vous soyez ensemble, même s’il a peur et même lorsque ça fait mal. Tu voulais qu’il te montre aussi, un peu. Que ça compte vraiment pour lui. Que tout ça c’est pas juste une façon de s’amuser, de se découvrir en toute discrétion. Et peut-être qu’il t’a choisi parce que tu pourrais jamais lui faire du mal. Peut-être qu’il t’as choisi parce que personne viendra réclamer vengeance de ton côté s’il te brise en deux. Peut-être qu’il a vu dans tes yeux que t’étais bien plus seul que ce que tu voulais bien avouer. Peut-être qu’il a percé tes mensonges, qu’il a su que t’étais un imposteur parce que lui aussi en est un. Tu sais pas trop comment il a fait pour voir au travers de tes petites attitudes. Des sourires qui s’en vont jamais et de cet air si sûr de toi. Tu sais pas trop comment il a fait pour franchir les murs que t’avais batti. Ils étaient pourtant bien haut.Ils racontaient de belles histoires et personne voyait que tout ça c’est du théâtre. Et même lorsqu’ils remarquent, tu sais. Ils préfèrent  ignorer les trucs que tu cache au fond de toi. Tu veux pas qu’on voit que ça te brûle au fond. Toute cette solitude. Tu veux pas qu’on voit qu’au fond, ça te fait perdre toute ta confiance que tu as en toi. Tu sais plus vraiment ce que tu vaux. Et peut-être qu’il sait trop bien ce que tu cache. Peut-être que lui, il croit pas à tes petites comédies. Peut-être qu’il craint pas de te voir tomber en poussière parce qu’il sait que personne regrettera que tu disparaisse. Ou même que tu dépérisse.

Tu t’es toujours dis que tu pourrais tout lui pardonner à condition qu’il te regarde. À condition qu’il s’inquiète un peu pour toi, tu voulais juste qu’il s'inquiète que tu sois seul. Que tu sois triste. Mais Tim a jamais parler de tout ça avec toi. Il a jamais parler de rien en fait. Et peut-être qu’il voit rien de tout ça. Peut-être qu’il s’en fiche simplement de toi et de ce que tu es et d’où tu viens. Tu sais, Luke, c’est peut-être ça ton plus gros soucis. Tu attends encore que quelqu’un te sauve, alors que tous préfèrent fuir. Tu devrais peut-être juste accepter les choses. Vivre avec. Avancer. Arrêter de mourir à petit feu pour quelqu’un qui a pas une seule étincelle pour toi.

T’en as assez de mentir et de dire que tu arrêtes sans arrêter. Tu devrais peut-être commencer à dire que tu veux oublier. Oublier c’est bien et c’est peut-être plus accessible. Tu fais la tournée des bars de plus en plus souvent, de l’extérieur, accoudé à un mur, t’observes le monde virevolter entrer, sortir, sans te décider. Incapable de savoir lequel tu  vas investir, t’hésite, t’hésite, tu vois défiler les possibilités, les histoires, les rejets, possibilités imprimées dans des rétines que t’as déjà à cœur d’oublier encore plus vite.  Alors tu change d’endroit, tu évalues tes possibilités, tu préfère nettement l’anonymat des boîtes, sous les stroboscopes où tu es plus que quelconque. Un mec sans histoire, sans bavures, un visage et une voix inconnue. Une ombre dans les ombres qui se satisfait d’un peu lumière parfois, parfois, parfois. Tes doigts glissent contre les mots qu’on a embrassé pour de vrai un soir, un soir où tout était vrai. Mais qui te paraît encore trop loin. Irrattrapable en fait.  Et peut-être que ça aurait dû rester une soirée sans lendemain. Comme celle que tu t’evertue à enchaîner. Dans lesquelles tu te crèves pour plus y penser. Pour plus autant t’intoxiquer.  Plus de mensonges, plus de faux semblant. Juste l’alcool qui coule à flot dans tes veines, qui vogue jusqu'à ton coeur, pour étouffer la douleur.  T’as peur de retourner là-bas finalement. Ou ailleurs. Est-ce que le bonheur s’y cache ? Ou bien le malheur ? Sera-t-il là, encore ? Mais non. tu  chasses tout ça de ton crâne, à force de nicotine entre tes lèvres. Tu crois que t’as peur des lendemains, des jours et que la nuit dans lesquelles tu crèves d’ennui maintenant. Maintenant. Tu changes d’avis encore et encore et encore et encore et tu te rends devant un autre bar, sans jamais oser vraiment te lancer dans les nouvelles rencontres. Tu avance un peu trop dans le noir. Sans vraiment faire un pas devant l’autre pourtant.

Sous la lumière des stroboscopes, des corps qui scintillent et s’font désirer, peau contre peau, alanguies d’amour et de perditions. Marin des nuits d’ivresses, d’alcool et d’oublie et de hanches à agripper. Tu es peut-être un peu trop  de ces gens perdus, à la recherche de sirènes à écouter, te faire pigeonner et réitérer une autre fois. Vendredi soir quelque part, comme chaque vendredi, comme si c’était ton église, une salle surchauffée et inondée de lumières, de néons, des cocktails pour la messe et des cachetons sous le manteau pour l’ostie.  Amen à tous, tu es bourré. Tu pourrais faire des crises épileptiques à force de cligner des yeux en même temps que les flashs, des jeux d’ombres et de lumière, sur des silhouettes qui se font et se défont avec déraison. Trop peu à ton goût, mais t’ignores encore ce que la nuit te réserve et t’espères déjà que tu finira dans l’un de ces chiottes plus tard, accompagné ou non, toute façon tu t’accompagnes bien seul, aussi. Et qu’on vienne pas te parler de dignité, de mots d’amour, ou de dépression. C’est juste toi, tout ça. T’es bien à ta place dans cet endroit de merde, avec tout ce monde de merde.  Ici on cultive les excès. Et tu te sens excessivement seul. À crevé, même.

- - -

Tu te penche en avant, ça murmure dans le creux de ton oreille des trucs et d’autres, des conneries sans doute, mais tu dois en dire beaucoup plus à la seconde alors ça te gêne pas trop. Elle tend des mains tentaculaires pour les nouer autour de ton cou et c’est à ce moment-là que tu te rends compte que y’a erreur sur le sexe, mais après tout, quelle l’importance. T’es peut-être plus à ça prêt. Une femme, un homme, peu importe, tant que t’es pas seul, hein ? Alors un sourire te bouffe les joues, ça te donne l’illusion qu’ici tu es pas le seul à cacher des secrets. Tu crois avoir trouvé ton tout de la soirée. Mais ici rien n’est acquis, il suffit d’un slow qui traîne en longueur, d’une autre main tendue, d’un autre verre, de choses qui arrivent chaque seconde sur cette terre pourrie pour que tu te lasse. Pour que tu veuilles de nouveau changer d’endroit. Partir autre part. Pas là. Juste autre part.  T’as bu un autre verre et le chagrin est vite passé. C’est peut-être cruel peut-être qu’elle s’attendait à ce que tu la rattrape, mais très honnêtement tu n’es  pas certain d’être assez bourré pour ça. Et t’as la tête qui tourne rapidement, alors si tu  dois traverser la foule, il est possible que tu t’arrête en route pour taper discute honteusement et oublier encore.

Encore, encore un effort, allez, qu’elles défilent les heures et qu’elles viennent t’apporter un peu de magie, de la langueur et des coups de sueurs. Tu pries, tu pries, putain, n’importe laquelle de ces divinités pour t’emporter loin encore ce soir. Pour que tu puisses oublier les yeux trop bleus qui te brises trop l’coeur. Pour que tu puisses oublier toutes les choses qui palpitent trop fort. Mais parfois elles ne parviennent à personne, faut croire que t’as  plus de voix pour ça. Que le ciel il en a trop entendu pour te contenter. Et tu commences à angoisser et c’est peut-être le contrecoup d’un truc pas net dans un verre ou juste la dépression qui revient toquer à ta porte parce que tu commences clairement à avoir le gosier sec. T’as atteint la sortie de la boîte.

T’es trop décousu. T’as perdu la tête, un peu ce soir. T’es pas en colère, t’en as juste assez. Et tu ne sais pas combien de temps tu fais ça. Combien de minutes, d’heures à usées à observer sans prendre le risque. Et à cette heure tardive les fêtards finissent par sortir, ou plutôt les plus raisonnables. Tu te mêles à la foule, tu t’imagines faisant parti d’un tout, d’un groupe, des amis pleins le répertoire de ceux qui comptent vraiment, pas de ceux qu’on ne voit qu’une fois, une heure, cinq minutes.

Ton répertoire est désespérément vide.

Et il est en silence radio depuis trop longtemps. Tu perd un peu les pédales, nan ? Mais tu fais contre mauvaise fortune bon cœur, t’as toujours  le sourire grand de ces gens faussement heureux. Il faut te voir irradier un peu, ton souffle battant le rythme du néon de ta vie. Quelque chose qui dit : Open. Mais qui se trouve dans un endroit trop mal famé pour être clean. C’est vrai. C’est peut-être pour ça qu’il te fuit après tout. Tu t’évades un peu au hasard des rues, tu te perds dans les rues poisseuses, celles qui sentent trop mauvais pour ne pas être vraies. De celles que choisissent des dealers ou des putes, qui s’exhibent à la lune et qui attirent les gentils. Tu pourrais être l’une de ces putes d’ailleurs. Un peu plus haut de gamme quand même. Mais pas plus difficile. T’as le mensonge accroché sur la bouche, un pseudo qui ferait fureur t’en est certain. C’est peut-être le peu de fierté qui te reste qui t’en empêche.

- - -

Et à force de divaguer, tu finis par te perdre dans les rues de la ville. T’éloigner du centre ville pour tanguer dans de nouvelles rues désertes. Tu sais pas l’heure qu’il est mais tes pas te guident toujours vers ce quartier que tu t’étais promis d’éviter. C’est pas chez toi que tu rentres, même si tu devrais. T’as les yeux qui volent encore comme des oiseaux aux ailes cassées , tu t’envole peut-être pas assez. Ça se trouble un peu autours de toi. Tu crois reconnaitre cette rue. Reconnaître cette allée et cette maison. Tu devrais peut-être pas t’arrêter. Mais tu expires et t’inspire un peu trop vite. Là , debout , à peine, devant la maison, la lumière de sa chambre est allumé. Et tu te demandes si elle est là , avec lui. Si c’est elle qu’il embrasse, alors que c’est toi qu’il devrait aimer. T’as envies de gerber en marée noire d’idées à la con, de haine et d’insulte. T’as envie de tout casser dans ta vie. Enterrer ce qu’il te reste de dignité peut-être. T’as besoin de calmer tes nerfs mais tu arrives à rien. Tu farfouille tes poches pour y trouver ton paquet de cigarette , les doigts tremblant et la clope qui tombe par terre. Merde. Tu te sens trop frénétique pour t’arrêter en si bon chemin. Tu pourrais juste continuer ton chemin. Continuer ta vie, dire adieu à tes principes à la con. Tu pourrais juste le laisser te trahir encore. Te laisser tomber encore. T’as toujours dis que tu pourrais pardonner le fait qu’il soit triste et effrayé seulement s’il t’acceptait un peu. Le problème c’est qu’il ne l’a jamais fait alors tu devrais laisser tomber. T’as plus envie de pleurer pour lui. Juste envie de déverser la colère et la peine. Lui montrer qu’il t’a bien bousillé. Qu’il t’a niqué et que maintenant, tout ce que tu fais, c’est déambuler dans l’espoir de briser assez ton crâne pour qu’il disparaisse. Alors tu sonnes , tu frappes fort à la porte en hurlant son prénom. T’en as plus rien à foutre des interdits qu’il t’a imposer. Plus rien à foutre de braver les règles qu’il a instauré.  Qu’il assume les merdes qu’il a causé. Qu’il assume aujourd’hui, ce soir. Au milieu de tous. De tout le voisinage. Et peut-être qu’il pourra plus mentir comme ça. Tu continue de taper à la porte. Tu sais qu’il finira par t’ouvrir s’il est obligé. « -Ouvres-moi, putain !  » Tu hurles, même si tu sais qu’il préférerait de toi que tu partes. Même si tu devrais peut-être partir. T’as besoin de t’exprimer. T’as besoin de faire tout sortir en putain de tsunami. Tu tiens plus debout alors tu t’appuies à la porte et tu hurles plus fort en sonnant. Encore et encore. « -Viens contempler ton oeuvre, enculé ! Viens !» Qu’il vienne voir comme il t’a brisé. Qu’il vienne contempler les contours de ta frénésie destructrice. Qu’il vienne voir !


Tim Diaz
Tim Diazvictime de cupidon
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Fucked up ;Tim EmptyLun 30 Sep - 19:13


There is a swelling storm and I’m caught up in the middle of it all.
And it takes control of the person that I thought I was, the boy I used to know


Il y a trop de choses qui se bousculent dans ta tête, trop de choses qui frappent contre ton crâne, qui se débattent à l’intérieur de toi, qui hurle, se battent et se déchirent. Trop de choses qui te hantent, et qui tournent en boucle sans s’arrêter dans ton crâne. Oppressantes, violentes, dangereuses. ça t’envahit trop brutalement, ça te fais trop mal au crane, comme envie de l’exploser pour te libérer de cette douleur là qui te déchire de part et d’autre. Comme envie de te laisser aller à toutes ces émotions, de te laisser exploser dans un vide que tu appréhendes même pas. Le pire c’est la nuit, quand il n’y a plus de bruit, plus rien pour occuper tes pensées autre que tout ça, autres que les démons qui dansent et miroitent autour de toi, rien d’autre que tes peurs qui t’envahissent, dansent autour de toi, se bousculent trop violement autour de toi. Le pire c’est la nuit, quand tu es seul avec tes pensées, avec tes démons, avec tes peurs et tes angoisses qui cherchent le meilleur moyen de te dévorer vivant. Semblablent à des monstres qui cherchent le meilleur moyen de te prendre entre leurs griffes et de ne rien laisser de toi. Tu dors peu, le moins possible, tes nuits sont toujours peuplées de cauchemars et de scènes horribles qui te hantent, de démons et de montres qui te poursuivent. Tu refuse de fermer les yeux plus que quelques heures et de toute façon, quand c’est le cas, elle finie toujours par venir te réveiller.

«-Tim ! Tim !» tu entend sa voix qui t’appelle, t’attire vers une lumière étrange, qui te sort de tes peurs. Tu entends sa voix qui t'appelle, celle de Mae, qui te secoue. Et tu va vers elle, pour sortir de la noirceur de tes angoisses. «-Tim ! » Elle te secoue une fois de plus, un peu plus fort et tu ouvres enfin les yeux dans une sorte de cri étranglé quand vos yeux se croisent. Elle soupire, elle sourit. Tu mets quelques secondes avant de réaliser où tu es. Ta chambre, éclairée par la lumière jaunâtre de ta lampe de chevet et Mae assise sur le bord de ton lit, ses boucles brunes éparpillées sur les bords de son visage de poupée. Elle te sourit, l’air un peu inquiète et elle soupire. «-ça va ? Tu hurlais encore...» elle dit. C’est la troisième fois cette semaine que Mae vient te réveiller dans la nuit car tu hurles dans tes rêves. C’est la seule à qui tu as parlé de tout ce qui est arrivé ces dernières semaines, ces derniers temps. De ta promesse non tenue à Lukas, de tes engueulade avec Cassidy pendant toutes vos vacances jusqu’à votre rupture en rentrant. Mae est la seule à qui tu as parlé de tout ça, de toutes tes angoisses, de toutes tes craintes. «-Tu devrais peut-être en...» elle commence mais tu balaye de sa main la suite de sa phrase. Tu connais la fin, tu sais ce qu’elle va te dire, elle te le répète depuis des jours. En parler à papa et maman. Evidemment ,c’est la solution qu’elle te propose car Mae a peur que tes peurs te provoquent de nouvelles crises. Voilà bien longtemps que tu n’as pas fait de crises, mais Mae a toujours cette peur de te voir en refaire une. Elle se mord la lèvre, soupire et quitte la chambre sans rien dire de plus. Après tout à quoi parler plus. «-Ils finiront par s’en rendre compte Tim.» Elle dit avant de claquer la porte. Oui ils finiront par remarquer tes absences, tes moments de confusions et ces moments où tu ne sais même plus comment fonctionne tes mains et que tu as besoin de quelques minutes pour reprendre tes esprits. Mae sait reconnaître les crises, même les plus petites, elle a l’habitude. L’habitude de déceler ces moments où les autres ne voit pas que quelque chose déraille dans ton cerveau. Comme l’autre soir, où elle a réalisé que tu faisais une crise a table. Elle a perçu le trouble dans tes yeux quand tu as perdu le contrôle de ta main et qu’elle a détourné l’attention de vos parents pour qu’ils ne remarquent pas.

Mae sait, que tu as besoin de continuer le sport, que c’est le dernier exutoire qu’il te reste, que t’as besoin de ça pour calmer les tempêtes dans ta tête, pour calmer les vagues qui te submergent. Et tes parents n’accepteront jamais que tu continue le sport si les crises d’épilepsie recommencent. Tu préfères qu’ils ne soient pas au courant, tu as trop besoin de ça, trop besoin de la boxe, le foot, la course à pied pour calmer tes pulsions, encore plus depuis que tu te sens seul. Heureusement qu’ils ne t’ont jamais entendu crier dans ton sommeil, ils se seraient sans doute posé les bonnes questions, ou simplement, Mae intervient assez vite pour qu’ils n’entendent pas te cris dans la nuit.

«-TIM » Tu n’es pas certain de ce que tu entends, pas sure que ton cerveau est encore en train de dérailler ou simplement en train de péter un plomb. Peut-être que tu deviens fou, peut-être que tu l’entend parce que t’aimerai qu’il comble ta solitude mais tu ne peux pas lui demander ça. De toute façon, personne sait où est Lukas, et même si Mae le savait elle ne te le dirai pas. Elle s'obstine à ne pas vouloir te donner de nouvelles, à te dire qu’elle ne l’a pas vu depuis longtemps et qu’il ne répond même pas à ses messages. Tu ne sais pas si elle dit la vérité, ou si elle ments car elle sait que tu t’es comporté comme le dernier des connards en réalité. T’entends une nouvelle fois sa voix qui t’appelle et la sonnette qui sonne dans tes oreilles. Tu ne rêves pas, tu l’entend, s’acharner sur la sonnette et sa voix qui cri dans la rue. « -Ouvres-moi, putain !  » il hurle à plein poumons.  « -Viens contempler ton oeuvre, enculé ! Viens !» Tu ne sais pas quoi penser de tout ça. Si finalement t’es heureux ou non qu’il soit là, si t’es heureux ou non de savoir qu’il est là. Il s’acharne une nouvelle fois sur la porte et sur la sonnette. «-TU DOIS LUI PARLER» cri Mae de sa chambre en ruminant et tu soupires en enfilant un tee shirt. Tu aurais préféré qu’elle y aille, mais tu sais aussi qu’elle veut que tu te forces à te faire violence et régler cette histoire. Ta soeur ne s’est pas montré spécialement tendre la dernière fois que vous avez parlé de ça.

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Elle se laisse tomber dans le canapé à côté de toi un peu lourdement et elle te prend la main en souriant. Mae a toujours ce grand sourire aux lèvres depuis qu’elle sort avec David. ça a l’air de la mettre en joie cette histoire même si, en réalité, ça te fait un peu de peine pour Matys qu’ils soient aussi inséparables tous les deux. ça fait des semaines que Mae a de grands discours à l’eau de rose et qu’elle rigole bêtement dans sa chambre en lisant des messages sur son portable. et gnagnagna David par ci et gnagnagna David par là. Tu pensais que les vacances avec Caddisy t’aiderai à changer d’air, arrêter de penser à ces histoires avec Lukas mais non, ça a juste amplifié les soucis. Personne ne sait qu’elle t’a quitté comme la dernière des merdes sur le trottoire quand tu l’a déposé chez elle. mais tu sais que ce n’est qu’une question de temps avant que tu doive expliquer à ta mère pourquoi elle ne vient pas dîner dimanche ou à Mae pourquoi elle ne te voit plus avec elle à la fac. «-Il faut qu’on en parle non ?» Elle dit doucement en te souriant. Parler de quoi ? Tu hausses un sourcil et elle lève les yeux au ciel. «-Lukas. Cassie.» elle dit exaspérée. Tu fais celui qui ne comprend pas, celui qui ne sait même pas de qui elle parle et elle semble s’exaspérer. C’est comme ça qu’elle a commencé un discours de vingt minutes qui te disait qu’elle savait pourquoi Cassie, qu’elle l’avait bien compris comme celle ci ne venait plus à la maison et ne lui envoyait plus de messages pour devenir super copines. Elle sait, et elle sait aussi que tu as menti à Lukas, que t’es un sale menteur et que tu ne devrais pas mentir comme ça. Et t’as rien dit, tu t’es tue mais t’avais envie de lui hurler dessus, de lui dire que tu savais que tu étais un lâche, que tu sais que t’es qu’un pauvre lâche; un sale gosse capricieux, un sale peureux.

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T’inspire avant d’ouvrir la porte, t’inspire fort avant de l’ouvrir et de tomber nez à nez avec Lukas. et ça te fait quelque chose dans le coeur, comme quelque chose qui se brise à l’intérieur de toi. ça te fais mal de le voir là. et même ça te fais mal de le voir là, dans cet état. Tu sais qu’il a raison, qu’il ne dit que la vérité quand il te dit que t’es un enculé, quand il dit que tu es le seul responsable de son état parce que tu détruit Lukas depuis plusieurs mois, parce que tu le brise en sachant très bien ce que tu fais. Tu a menti à Lukas, tu lui a fais mal, tu l’as brisé en sachant pertinemment ce que tu faisais. Tu ne pourras pas le nier. «-Arrête de hurler, je suis là. Je t’entend.» Tu souffles sans savoir quoi dire de plus. Tu soupires et tu te décale un peu de la porte. «-Tu.. tu veux entrer ? » tu demandes d’une voix un peu tremblante.

Tu ne sais pas trop ce qui va arriver lors de cette soirée, tu ne sais pas trop ce que tu vas bien pouvoir dire, faire, tu ne sais pas trop ce qu’il va se passer. Tu sens déjà tes angoisses reprendre le dessus.

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Lukas Elbaz
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Fucked up ;Tim EmptyMar 8 Oct - 17:09

When the party's over
Ce qui vous rend adorable
N'est propre qu'à m'alarmer,
Je vous trouve trop aimable
Et crains de vous trop aimer :
Mon cœur à prendre est facile.


Comme une envie de gerber en marée noire toutes ces idées à la con. Lui rejeter la faute et le montrer du doigt. Lui crier que c’est lui pas toi, toi, toi. T’es en colère et tu sais même pas contre quoi. Sans doute contre la solitude qu’il t’oblige à subir. T’es tout seul sur ton bateau, comme un putain de marin prêt à faire le tour du monde en solitaire, tu vois plus les autres et t’as même plus les idées claires. Qu’est-ce que tu crois, Lukas ? T’as toujours su que le jour de ta chute, personne serait là pour te regarder tomber. Même pas un ou deux larron pour apprécier le spectacle. C’est déjà peut-être trop tard de toute façon, t’es sans doute déjà au fond de ton fossé.  T’es trop décousu, t’as perdu la tête ce soir. T’as perdu le reste de sanité qui trainait dans ta psyché perdu entre les liqueurs, et le vin. Et tu sais, c’est malsain comme relation, et vous tournez en rond, c’est un peu dommage, la tempête dans ses yeux à l’intention de t’couler. T’aurais peut-être préféré qu’il te demande si t’es une pute parce que t’es mignon, qu’il soit plus direct et qu’il te laisse des billets, t’aurais tout autant l’impression d’être usé. Parce qu’il t’use, comme si t’en étais une. Et t’serais peut-être pas tomber amoureux d’un gars comme ça, qui voit en toi que les jolies choses dans tes yeux, dans tes reins. Et puis t’es là à vouloir contraster avec le poid de son illusion, à vouloir le forcer à sortir de sa cachette. Hurler à ce qu’il t’entende quand finalement tu sais que c’est pas ça le problème. Il est a pas de soucis d’oreille interne. Pas la vision qui s’trouble non plus. Il te sait, il te voit. Il fait juste pas cas de toi. Est-ce que c’est pas pire dans un sens ?

Et à force de divaguer , tu perds le sens des choses et des priorités. T’es venu pour quoi, finalement ? Tu t’laisse dérivé jusque chez lui, alors que tu sais que c’est un combat trop perdu d’avance. T’es venu pour quoi finalement ? Le confronter, ça a jamais fait avancer votre affaire, quand il croise tes yeux, qu’il te regarde droit, il cligne à peine et il a pas honte de t’voir comme ça.  Qu’il vienne voir comme il t’a brisé , comme t’es plus réparable. Qu’il vienne voir qu’il a couper le moteur, qu’il te laisse à la dérive, dans une eau trop trouble, pleine de créatures trop dangereuses. T’en as juste marre qu’il soit toujours à l’opposé de toi, toujours ton antithèse, par principe ou par peur. L’impression que t’as le coeur qui explose trop en silence et que personne l’entends jamais. Jusqu’où ça va , de détruire quelqu’un d’autre ? C’est peut-être ça que t’es venu chercher, demander. T’as peut-être seulement l’alcool triste, comme des milliers d’autres étoiles, le soir. T’es peut-être venu aussi pour faire le plus de dégât possible. Et tu te laisse pas attendrir par son nouveau regard perdu quand il ouvre la porte avec cet air de gamin paumé qui t’a fait tomber amoureux. Tu tomberas plus dans l’piège de ses yeux bleus.  Nan il a intérêt à venir contempler son oeuvre, tu veux qu’il te regarde bien dans les yeux quand il le fait. Tu veux qu’il voit, qu’il constate. Qu’il accepte que si t’en es là, c’est juste sa faute à lui, pas ta faute à toi.

Mais voilà, il te regarde pas. Pas dans les yeux en tout cas et ça te fait exploser un peu plus de colère, qu’il ait même pas ce courage-là.  T’es au juste milieu entre la haine, la tristesse et la folie. Tes yeux détaillent son visage et remarquent perceptiblement un tremblement de pupille, encore le genre de signes sur lesquels t’as l’habitude de t’accrocher. Ce genre de signes qui ont gâcher ta patience au cours des mois. Jours après jours et mois après mois. Presque une année entière à lire les signes dans les nuages et les étoiles, à t’accrocher à la moindre faiblesse. «-Arrête de hurler, je suis là. Je t’entend.»  Ton regard dévie sur ses pommettes quand finalement il t’avoue qu’il est là, qu’il t'entends, , même sa réponse ressemble à une question, comme si tu ne savais plus réellement ce que tu faisais, que tu étais, ce genre de chose qu’il est parfois trop évident de perdre. Son regard s’imprime sur le sol, ton air se meut, lentement, mais sûrement, comme si tu te demandais comment toi t’avais pu finir ici. Pas étonnant vu la quantité d’immondices, mais ça te fait rire, toi tu pourrai pourtant bien  coller au décor, mais lui il porte cet air lisse et propret qui le fait devenir antithétique de toi.  Comme si dans l’affaire, c’est toi qui avait déconné. Comme si c’était toi, le fou qui s’accrochait. Alors qu’il te rappelle, à chaque fois que t’as le courage de fuir loin loin. Il te regarde même pas et peut-être qu’il a peur de voir dans tes yeux que t’as perdu un peu trop la tête. Que tes idées sont trop dissolues. Peut-être que la prochaine fois, tu pourras utiliser son truc pour utiliser les autres, le regard de chien battu et l’air un peu paumé,  si y’a une prochaine fois. Si tu  ne te dégoûte pas trop du monde et de la vie. Du temps qui file. Tu recules un peu avisant l’ombre d’une nouvelle nausée sur son visage devenu plus pâle un instant.

Tu te dis que tu devrais retourner sur tes pas finalement, que ça mène à rien, et que tout ça c’est une perte de temps, d’énergie, quand il te demande, le ton bien pâteux : «-Tu.. tu veux entrer ? » Voilà voilà, t’es arrivé là où tu voulais pas aller. Jamais mettre les pieds. Le genre d’humiliation que tu voulais t’éviter, surtout. T’avais réussi à éviter ça, depuis le début.  Et tu grattait la surface pour surtout avoir le courage de pas venir chialer à sa porte, le supplier de t’aimer. T’aurais voulu garder un peu de dignité.  Ouais. Tu te dis qu’il est aux antipodes de toi. Puis sans réfléchir tu tends la main attrape un poignet et puis tu dis, parce que ouais, parfois, t’as ce côté redresseur de torts qui fait rire les autres : «- C’est pas à moi de rentrer ! C’est à toi de sortir. » Oh, c’est plus ennuyé et colérique que tu le voudrais vraiment. Mais depuis le début de la soirée t’es agacé et le sourire t’avais décidé de le laisser tomber à la seconde où tu passais la porte de chez toi, ce soir.  T’en a assez de te paré d’illusions. C’est devenu un peu trop pressant. Un instant t’as le regard qui se perd sur vos deux mains, les sourcils froncés comme si c’était le pire qu’aurait pu arriver. Qui aurait pu t’arriver. Tu sais pas trop d’où tu tiens cette certitude, sauf qu’elle est là, entre tes doigts, t’arrive juste pas trop à distinguer les contours du destin qui se met déjà en marche depuis trop longtemps. Ça te laisse un peu de marbre ce regard qu’il te lâche, celui du gars qui s’en veut, parce que c’est peut-être trop tard maintenant, ça t’atteint pas. Plus tard tu sauras peut-être même pas raconter cette scène-là. Ça a juste l’air trop insignifiant puis en même temps, trop extraordinaire. Dans ta petite vie bien rangée, personne aurait pu parier que tu finirais comme ça, à ce genre de soirée, en train de divaguer dans les rues et venir hurler sur ton crush. Tu crois que ça va te mener où ? Nulle part. Surtout le bras accroché au poignets d’un gars pas suffisamment clair avec lui-même , avec le reste du monde. Tu sais pas trop si c’est normal, tu sais pas non plus s’il a remarqué combien t’as mal, t’as pas l’air d’exister vraiment dans ses pupilles dans ses pupilles. Si ça se trouve il te voit même pas. Il pense que tu fais juste un caprice. Et c’est peut-être le cas. Peut-être que vas faire un caprice. Et l’obliger ici et maintenant, à te dire qu’il t’aime. Ou peut-être que tu vas rentré en colère noire. T’es pas certain. Tu relâches son poignet puis tu viens pincer ton arrête, tu te penches en avant.  «-  T’as peur qu’un voisin te voit ? Qu’on remarque que tu te disputes avec un mec ? T’as peur qu’on sache que t’es une pédale ?! »  Tu le repousse un peu, de colère, d’un geste trop brusque pour être contrôler, t’aurais presque envie de le frapper maintenant.

Il te semble loin, dans ses réalisations solitaire, tu comprends même pas, tu te dis qu'il a un malaise, la nausée, tu sais pas, tu constates juste que ça va pas trop dans l’attitude. Et puis tu te dis que ça te regarde pas trop, théoriquement après tout ça, toutes les fois où il t’a jeté, il peut bien faire un malaise, c’est pas de ta faute à toi. Que tu devrais juste le laisser et puis d'ailleurs c’est ce qu’il a l'air de vouloir, il te dit pas  que tu devrais partir maintenant  mais son visage hurle à ce que tu te casses et qu’il soit enfin, finalement, définitivement débarrassé de toi et de toute façon tu te dis qu’il a raison.

T'essaies de voir son visage, celui qu’il te cache ostensiblement, peut-être par curiosité, ou simplement parce que tu te sens démunis. T’as l’impression de pas être à ta place, pas parce que tu colles pas au décor. C’est plus que ça, ou peut-être que c’est pas le monde qui va pas, mais toi. T'es persuadé qu’il y autre chose à faire que de rentrer bien. Que de le laisser sur le chemin. Qu’il faudrait faire quelque chose. C’est pas de la pitié que tu ressens, même pas un peu pour la détresse que tu perçois. Ça a pas l’air d’être le genre de gars qui a besoin d’être consolé de toute façon. Mais tu peux juste pas lever les pieds, te remettre sur la jolie route que Dieu a tracé pour toi. T’as envie de le forcer à cracher ce qu’il cache. De le forcer à hurler au milieu du quartier que c’est une pédale et que c’est pas grave. Toi, t’en es une de pédale. Et au final, ça a jamais tué personne. C’est pas parce qu’il a l’air mal que tu vas laisser tomber. Alors tu le tire encore un peu. Et tu le pousse encore un peu. Et tu veux qu’il se bouge. Qu’il réagisse. Quitte à ce que vous commenciez à vous taper sur la gueule dans sa cour, tu veux qu’il réagisse un peu.  Tu le pousses, plus fort.  «- Mets-toi en colère ou  dis quelque chose ! Réagis, putain , Tim ! Réagis , espèce de gros connard. Regarde-moi. Regarde ce que t’as fais de moi. Tout ça c’est juste parce que t’es une tapette qui s’assume pas.  » Tu pousses plus fort et tu vois qu’il se laisse faire. Comme s’il était un peu résigné mais ça te fout encore plus en colère et tu te mets à hurler encore plus fort. «- REGARDES-MOI DANS LES YEUX ! GROS LÂCHE.  » Tu vois le visage de Mae dans l'entrebâillement de la porte, qu’est venu surveillé et quand Tim recule d’un pas , tu lèves les mains en regardant Mae. Et puis tu renifle bruyamment les larmes en train de couler, t’y passes une manche. Tout ça, ça sert à rien tu te dis. C’est une sacrée perte de temps.  Alors t’as les mains levée et tu lèves les yeux vers elle. «- C’est bon. J’arrête. J’en ai fini avec lui. Définitivement. Il m’fait pitié. »   Tu dis ça et tu tournes les talons. C’est peut-être l’exutoire qu’il te fallait où tu te rends juste compte que tu cours après un mirage qui continue de s'éloigner à mesure que tu avances. C’est ton cerveau qui crée les motivations.


Tim Diaz
Tim Diazvictime de cupidon
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There is a swelling storm and I’m caught up in the middle of it all.
And it takes control of the person that I thought I was, the boy I used to know

Tu ne sais pas trop ce qui te fait peur dans tout ça en réalité, si tu devais le dire, si tu devais mettre des mots sur tout ça, sur toutes ces émotions, sur cette peur un peu étrange, tu ne sais pas ce que tu pourrais dire, tu ne sais pas ce que tu pourrais faire en réalité. Tu ne sais pas trop où tu en es en réalité. Tu ne sais pas trop ce qui peut bien réellement te faire peur dans tout ça. Peut-être le regard de tes présumé potes quand ils sauront, même si tu sais que ce n’est pas vraiment des potes dans ce cas là, même si tu sais qu’ils sont pas des mecs biens, et que si ton père ou tes frères apprenaient quel genres de mecs c’est, ils les accepterai peut-être un peu moins l’été dans le jardin au bord de la piscine. Peut-être, que tu devrais pas te préoccuper d’eux, parce que dans le fond, t’es au courant que ce sont qu’une bande de connard, mais toi, c’est un peu tout ce que t’as ces types. Et dans le fond, tu les aime bien, tu rigole bien avec eux, et t’as l’impression d’appartenir à quelque chose qui compte quand t’es avec eux. C’est les potes de l’équipe de foot, ceux avec qui tu passes tout ton temps, ceux avec qui t’es la plupart du temps, et faire partie d’une équipe tu pensais pas que ce serait la meilleure sensation de ta vie. Depuis que t’es petit, t’aime faire partie d’une équipe, d’une groupe. Ça te donne un certain sentiment de sécurité, comme si on ne pouvait pas t’atteindre et faire partie d’un groupe ça t’as toujours quelque part un peu sécurisé, ça t’as permis de ne jamais être seul et de ne jamais vraiment arrivé quelque part sans connaître personne. Faire partie d’une équipe ça a toujours permis de t’ouvrir les portes facilement, les portes des soirées, de l’amitié des gens et de pleins d’autres choses. Tu serai sans doute un peu trop comme Sam, dans ton coin si tu n’avais pas choisi le foot, et si tu n’avais pas continué. Tu te serai peut-être trop concentré sur les cours ou ces trucs là. Mais tu as toujours eu ce besoin de te sentir entouré, par ta famille, par tes amis, ce besoin de te sentir aimé quelque part. C’est ça qui te fait peur, t’as peur de perdre tout ça, de te retrouver tout seul s’ils l'apprennent. C’est pour ça aussi que t’es resté avec Cassidy si longtemps, même si ça fait longtemps qu’il y a plus grand chose. Tu es trop accrochés aux habitudes, à ce petit monde rassurant. C’est vrai, que depuis que tu as mis toute ta vie en ordre de cette façon tu as réussi à limiter les crises, réussis à te calmer d’une façon que tu n’expliques pas trop. T’as peur de la solitude, peur qu’elle laisse trop de place aux angoisses, aux peurs, à toutes ces choses dont tu as peur.

Mae a réussis à extérioriser tout ce que vous avez vécu au lycée, certes pas d’une bonne façon mais elle a réussi à tourner la page quelque part même si elle garde quelques truc. Mais toi, t’as tout gardé à l’intérieur de toi pour ne pas causer plus de soucis à tes parents, pour ne pas causer plus de soucis à Mae. Tu as voulu être là pour elle, en disant que toi tu n’avais pas besoin qu’on soit là pour toi. Pourtant… pourtant t’as vu ce mec, tirer sur tout le monde avant qu’on lui foute une balle dans la tête. t’as vu un de tes potes ne pas se relever, t’as vu ce gars péter un plomb parce qu’il vivait l’enfer en silence. C’est peut-être aussi ça ta peur, peur de finir comme ce type si les gens autour de toi se détourne , peur de te retrouver seul et de devenir dingue comme lui. de rentrer un jour au hasard et de t’oublier toi même dans un excès. C’est tes potes, même s’ils sont cons, même si c’est pas les plus fins ou les plus délicats, même si beaucoup de leurs comportements te déplaisent qui t’ont permis de ne pas extérioriser tout ça. C’est dans le sentiment de l’équipe, c’est dans le sport que t’as trouvé ton échappatoire et tu veux pas renoncer à tout ça. Pas à ce qui te permet de rester calme, de ne pas laisser les émotions te submerger un peu trop fort. C’est peut-être de ça que tu as peur, de te retrouver tout seul, de te retrouver tout seul même si ça veut dire que tu dois te passer de Lukas. Mais est ce que t’es pas un peu seul quand il est pas là. Tu sais pas trop, ça se mêle un peu trop, ça devient un peu trop le bordel dans ta tête quand tu penses à ça. Trop douloureux, trop bordélique. Ça s’engouffre trop dans ton esprit, ça le noie trop. Tu perds pieds trop rapidement quand tu penses à ça.

Pourtant, tu sais qu’ils sont des connards, dans le fond tu le sais, tu l’as toujours sut. que la seule personne valable de ton entourage c’est peut-être Tys, c’est même pas peut-être, c’est lui. Tu sais que c’est des connards, tu le sais à la façon dont ils parlent de Tys, le seul autre pote que tu as à la fac à part eux, et même quand ils parlent de Mae. Et tu sais que si ton père ou tes frères les entendaient parler comme ça, ils se feraient explosé d’une droite et toi aussi sans doute pour les avoir laissé dire ça de Mae sans même dire quoi que ce soit. Tu sais que Chace dit des trucs tout à fait déplacés sur Mae, et que ça fait longtemps que t’aurais peut-être dut lui foutre ton poing dans la gueule, que t’es pas censé le laisser dire ce genre de trucs quand elle passe devant vous à la fac. Pourtant, tu fermes ta gueule. Toujours cette putain de lâcheté en toi.

---

«- C’est pas à moi de rentrer ! C’est à toi de sortir. » il te dit, sa main entourant ton poignet tu sais pas trop pourquoi, malgré toute la colère dans sa voix, ça te fais ce frisson un peu étrange comme à chaque fois que Lukas te touche. Tu voudrais bien que ça s’arrête , ce genre de frisson quand il est là, cette envie que ça soit plus long comme contact, cette envie que ça continue encore malgré tout. tu voudrais bien, que ça se poursuive plus longtemps. «-  T’as peur qu’un voisin te voit ? Qu’on remarque que tu te disputes avec un mec ? T’as peur qu’on sache que t’es une pédale ?! » Il te lache et toi, tu sais pas trop ce que tu devrais faire, pas trop ce que tu devrais dire, encore à moitié conscient , plongé dans ce cauchemars fait hurler tout à l’heure. Tu sais plus trop, si t’es réveillé et si c’edst vvraiment la réalité. Tu perds un peu à peu la notion de tout ce qui se passe. Tu entend pas vraiment, la voix de Lukas, tu comprends juste qu’il est en colère quand il te pousse un peu. Et toi, tu te laisse aller, comme une poupée de chiffon sans trop comprendre ce qui est en train de se passer dans ta tête. Tu voudrais fermer les yeux quelques secondes, te concentrer car tu la sens venir, la crise, là tout de suite maintenant. Tu voudrais qu’il arrête de parler si fort dans tes oreilles, pour te concentrer deux secondes, pour tenter de la repousser. Tu voudrais qu’il s’en aille, tu voudrais qu’il parte là, et qu’il te laisse sur le perron de la maison, juste le temps de reprendre tes esprits. Tu voudrais, qu’ils s’en aille et tu peine à trouver tes mots, ça se mélange dans ton crane et tu sens ce sentiment désagréable qui monte en toi. Ces petits moments d’absence. Pars. Pars. Tu voudrais lui demander de partir, tu voudrais qu’il comprenne qu’il faut qu’il parte. Tu voudrais que Mae arrive, qu’elle te sauve, là tout de suite, maintenant. Tu voudrais bien qu’elle apparaisse comme elle sait si bien le faire. Il te pousses une nouvelle fois, en criant plus fort, mais tu ne comprends pas trop ce qu’il te dit. «- Mets-toi en colère ou  dis quelque chose ! Réagis, putain , Tim ! Réagis , espèce de gros connard. Regarde-moi. Regarde ce que t’as fais de moi. Tout ça c’est juste parce que t’es une tapette qui s’assume pas.  » Ça parait flou. Ses mots, les bruits, le monde. Tu vois juste ses lèvres qui bougent, tu comprends pas les sons, comme si tu n’avais jamais appris à parler. Tu vois juste sa bouche, tu vois juste l’expression de sa colère, tu vois juste une sorte de haine étrange dans son regard. tu vois juste ça. Sa bouche qui bouge, et le bruit de ses mots qui sont de plus en plus fort alors qu’il appuis encore sur le haut de ton corps pour te pousser de nouveau. «- REGARDES-MOI DANS LES YEUX ! GROS LACHE.  » Tu ne comprends plus les mots, tu ne comprends plus rien de ce que Lukas est en train de te dire, et tu ne sens même plus ses mains qui te pousse. tu ne sens même plus l’air sur ton visage, et tu sens que ça commence à se troubler autour de toi. Comme un grand flou qui te gagne peu à peu. Comme un grand vide qui t’avale, comme le noir qui se rapproche peu à peu. Et ta vu qui divague. T’entend rien, pas même les pas de Mae dans ton dos, pas le bruit de la porte qui s’ouvre dans ton dos. peut-être que tu rêves, a trop espéré qu’elle vienne te sauver, qu’elle vienne t’aider à gérer ça. Ce trop plein qui t’envahit de nouveau. T’entend rien. Tu sens juste sa main qui se pose sur ton épaule.

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Tu ne devrais pas, regarder par la fenêtre ce qu’il se passe, tu ne devrais pas, écouter à la porte ce qu’ils se disent pourtant, tu n’entend que la voix de Lukas qui raisonne dans les rues vides. Il va ameuter les voisins et tu es contente que tes parents soient sortis ce soir. Tu descends les marches, deux à deux, pour leur demander de faire moins de bruit, et peut-être aussi pour calmer Lukas. Tu connais les crises de Tim, tu sais que c’est le genre de situations qui pourrait les déclencher sans trop expliquer pourquoi, ni comment tu le sais. Tu sais juste que c’est ça, le bruit, le stress, les cri qui peuvent les animer en lui. Toi, tu ne veux plus jamais voir Tim faire de crises trop violente. la dernière était quelques jours après la fusillades. Tu as toujours eut du mal à le voir faire de grosses crises, tu as toujours eut du mal à savoir quoi faire dans ces moments là, même si tu connais les démarches à suivre, même si tu sais qu’il faut appeler les urgence si elle dure trop longtemps, tu sais qu’il faut le calmer, ne pas le toucher, faire attention à ce qu’il se calme rapidement. T’entend le ton qui monte derrière la porte, de plus en plus fort et tu finis par passer la tête à travers la porte quand Lukas te voit avant de lever les mains.  «- C’est bon. J’arrête. J’en ai fini avec lui. Définitivement. Il m’fait pitié. » Il dit avant de tourner les talons et c’est là que tu le vois tomber sur le sol. C’est là que tu vois Tim s’effondrer sur le perron de la maison dans un bruit sonore. Que tu vois ses yeux rouler dans leurs orbites, tu vois son corps se convulser sur le sol. Tu laisses échapper un cri entre tes lèvres, quand tu le vois comme ça. Tu cherches instinctivement dans ta poche ton téléphone pour appeler de l’aide, pour faire venir n’importe qui. Pendant quelques secondes ton mode s’arrête; La dernière crise convulsionnaire de Tim est trop lointaine dans tes souvenirs, et tu ne sais presque plus quoi faire face à son corps qui se contracte, à sa tête qui tape le sol. Et quand dans un bruit sourd, son crâne cogne sur le sol tu retrouve tes moyens, en retirant ton pull pour le glisser sous sa tête. «-Tim.. Tim..calme toi...» Tu cherches une nouvelle fois ton portable mais il est resté dans ta chambre. Mais il se calme. Son corps se détend, ses yeux se ferment et tu restes là, les mains tremblante avant de jeter un regard à Lukas. Planté là. Dans le milieu de l’allée. «-Pourquoi tu lui as hurlé dessus comme ça ! Pourquoi t’as fait ça ?!» Tu cri, presque hors de toi, la panique dans ta voix. «-T’es content ! Tu voulais une réaction ! t’as eut ta réaction !» Tu hurles à pleins poumons les bras tremblants avant de te mettre à pleurer. Tu dois appeler les urgences.


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Lukas Elbaz
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Fucked up ;Tim EmptyMar 22 Oct - 20:37

When the party's over
Ce qui vous rend adorable
N'est propre qu'à m'alarmer,
Je vous trouve trop aimable
Et crains de vous trop aimer :
Mon cœur à prendre est facile.


T’es venu pour quoi, finalement ? Tu t’es laissé dériver jusqu’à sa porte sans vraiment réfléchir aux conséquences ou même aux mots qu’il faudrait poser. Tu t’es laissé dériver en pensant surtout à la colère et puis à la tristesse. A ce vide qu’il à poser , comme une empreinte dans ton coeur.  T’es peut-être ce marin trop solitaire, à la pêche à l’espoir de plus jamais se retrouver tout seul.  Tu sais pas vraiment ce que tu espères au fond. Peut-être un signe du seigneur, du monde. Juste un geste ou un regard. N’importe quoi, tant que ça arriveras à te faire te détacher pour toujours de Tim. Tu vois défiler devant tes yeux, les souvenirs, les rejets, les possibilités que t’as cru entrevoir, à force de te faire des films tout seul, sa peau, imprimé trop profondément dans la tienne. Toutes les choses que t’aurais déjà à coeur d’oublier mais qui continuent pourtant de te pousser vers lui, inlassablement, immanquablement, et qui te heurtent quand t’es mit au pied du mur.  T'as pas l’air si malheureux, pourtant,  là tout de suite. T’es surtout trop en colère, finalement. Les tempes qui pulsent et les yeux un peu fous. Tu sais que l’amertume réglera pas la peine de coeur. Que ça changera pas le monde. Pas le tien, pas le siens en tout cas. Tout ce que tu vois c’est qu’il est comme une poupée de chiffon entre tes bras. Qu’il a pas envie de réagir. Pas envie de te conforter dans ton idée stupide d’étoiles et de destin. Pas envie de t’aider à arrêter ou même à continuer. Tu déteste être dans cette situation, entre deux eaux à attendre que quelqu’un fasse quelque chose. Que quelqu’un te sorte de ça. De cette solitude qui s’acharne sur toi depuis le départ de Lev, celui de tes parents et le suicide de ta sœur.  Tu sais même pas si quelqu’un est au courant. Si quelqu’un sait que tu habite seule dans la maison de tes parents parce qu’ils osent plus faire face ni à toi, ni à la mort de ta sœur.  Si quelqu’un sait que derrière tes sourires, y’a vraiment quelque chose de triste, de nostalgique.

Tu as beau condamner les chambre, faire semblant que ces pièces n’existent pas, elles sont bien là. Et les souvenirs aussi, sont là. Alors qu’est-ce que tu peux faire, Lukas ? Qu’est-ce que tu peux faire, mise à part faire semblant que tu n’as pas mal. Que tu n’es pas en train de tomber petit à petit en ruine.  Peut-être parce que depuis le départ de Lev, tu as véritablement pris conscience de ta solitude.  Tu pensais vraiment qu’il t’abandonnerais jamais. Qu’il te laisserais jamais tomber. Dans ta tête ça résonnait comme une sorte d’évidence , que vous seriez toujours ensemble. Tu pensais qu’il serait la dernière personne sur terre à t'abandonner parce qu’au fond, même s’il y avait toujours cette sorte de pudeur qui te déplaisait pas, loin de là.  Parce que tu voulais pas que le monde vous vole vos moments. Ces moments juste à vous, et peut-être aussi que tu portais des œillères et que c’était plus facile pour toi de pas voir son mal être et la souffrance qui allait avec. Tu étais peut-être trop occupé par tes propres angoisses, par toutes les peines qui t’entouraient. Et puis sans doute un peu par le deuil.  T’as peut-être pas entendu les appels à l’aide. T’as peut-être pas eut la force de rendre Lev heureux. T’es même plus certain de connaître le responsable de vos échecs, sans doute  que vous avez participé  tous les deux à l’extinction de cet amour.  Tu ne pourrais pas dire ce qui a précipité votre chute.  Tu sais juste que tu aurais aimé qu’il reste.

Tu aimerais que les gens restent mais, ils ne semblent jamais disposer à t’offrir cette chance.  Tim non plus il compte pas vraiment resté. Il a jamais caché ses intentions. Jamais caché que pour lui t’étais juste une erreur qu’il ne cessait de produire. T’es venu pour quoi, finalement ? T’es venu pour dire quoi ? Pour faire quoi ? Qu’est-ce que tu penses que ça changera ? Peut-être simplement cette fois pour qu’il te voit. Pour qu’il voit que tu te bat , pour lui. Que t’es prêt, à prendre les armes et te lever fièrement, s’il en a besoin.  Tu es peut-être venu pour ça. Pour lui montrer que sans lui t’es rien. Pour lui dire toutes les choses qui pourrissent à l’intérieur de toi depuis que tu l’as rencontrer. Lui dire que finalement, Lev c’était rien comparé à vous deux. Que finalement, c’était peut-être un signe du destin, Lev est peut-être parti pour lui laisser la place à lui. Mais il t’écoute pas vraiment, il est presque inerte. Il réagit pas et ça te mets plus en colère encore.

Tu aurais dû. Tu aurais vraiment dû partir. Vraiment dû ravaler la haine, la colère, le désespoir qui mène à rien. Qui changera pas votre situation. T’aurais dû et tu réalises trop tard, peut-être. Sans doute quand tu vois les yeux horrifié de Mae, qui t’observe avec ce visage un peu étrange. Comme si elle te reconnaissait pas. C’est à ce moment-là que tu te dis que t’es plus toi-même. Que les substances ont dû un peu trop te monter à la tête. Et voilà. Voilà… T’es arrivé là où tu voulais jamais aller, jamais mettre les pieds. Ce stade de folie , de manque, de tristesse qui te pousse à blesser ceux que tu aime, même ceux qui ne t’ont rien fait. T’as levé les mains , et prit l’air dégouté parce que tu sais Lukas, si on en est là, y’a plus d’espoir et pas de retours en arrière possible. C’est un point final à votre histoire. Le moment où on commence à se faire trop mal, où l’amour est même plus assez fort pour combler les vides de la vie.

Et même si tu sais déjà mentir et cacher des choses. Et même si tu savais qu’il mentait lui-aussi. Qu’il cachait lui- aussi, tu pensais pas possible de découvrir une chose pareille de cette façon. Alors que t’étais décidé à stopper le massacre. Rentrer chez toi et oublier ça. Cette faiblesse d’une soirée. Tu réalises presque pas le bruit sourds lorsqu’il tombe de toute sa longueur contre le pavé de la cour. Tu réalises pas vraiment mais tu te tourne. Tu t’attends à les voirs rentrer ensemble, peut-être un peu dépité. Mais c’est pas le spectacle que tu voulais. Et tu restes figé sur place quand t’entends sa tête cogner plus fort contre le pavé sous les spasmes. Tu ne sais pas vraiment ce qui lui arrive mais tu sais que c’est de ta faute. Tu comprends pas vraiment ce qu’il a mais tu vois, au regard que te jette Mae que c’est toi.  «-Tim.. Tim..calme toi...» Elle dit doucement et toi , t’es là, le cœur qui se serre et qui se calme à mesure que ses convulsions l’animent.

Son corps ce relâche. S’arrête. Se calme. Et il bouge plus.  Pendant un court instant qui semble durer mille ans , tu te demande si tu l’as tué. S’il est mort. Là, sur le pavé glacé. Dans le froid de la nuit, juste à cause de toi. Parce que t’as voulu le forcer à être quelqu’un qu’il est certainement pas. T’as les certitudes qui volent en éclats et tu captes enfin. Est-ce que tout ça, ça valait le coup qu’il meurt ? Tu sens un trou béant se former dans ta poitrine , bien forcé de constater que ton bonheur vaudra jamais que quelqu’un y perde sa vie. Même si tu captes au fond de toi, l’ironie de ce que tu racontes. Tu te rends compte que c’est toi, le problème, certainement pas la solution. C’est toi qui a ce besoin maladif d’amour, de connexion. C’est toi, Lukas, qui cherche à l’imposer à quelqu’un qui n’en veut pas. Que ça rends même malade. Et qui tu es, pour ça ?  Tu représentes quoi ? Et qui ? Comment t’as pu en arriver là ? T’es comme figé dans le temps, là, droit comme un i , à attendre qu’il se réveille, qu’il ouvre les yeux, qu’il fasse quelque chose. C’est la voix de Mae qui te réveille quand elle te hurle, quand elle t’aboie : «-Pourquoi tu lui as hurlé dessus comme ça ! Pourquoi t’as fait ça ?!» T’as le coeur qui se déchaîne dans ta cage thoracique, et les larmes qui explosent au coin de tes yeux, en flot encore plus discontinu qu’avant.

T’as l’impression qu’il reste plus que ça de vous deux. Des larmes, de la maladie. T’es rongé jusqu’à l’os et tu sais même pas quoi dire. T’as l’impression que des excuses c’est trop désuet.  Et tu réalise que t’as perdu ta seule véritable amie, en même temps que cet amour qui valait certainement rien dire. Tu sens ta gorge se nouer plus fort encore et les larmes hurler plus fort encore quand elle continue et qu’elle te dit : «-T’es content ! Tu voulais une réaction ! t’as eu ta réaction !» Oui, mais c’est pas ce que tu voulais. Tu voulais pas le tuer. Pas le rendre malade. Tu voulais juste qu’il te dise droit dans les yeux… Tu voulais juste une réaction. Mais pas celle là. Pas le forcer au point qu’il en soit malade. Tu sais pas quoi dire, tu gémis de douleurs et puis tu voudrais aller lui prendre la main, le toucher, le secouer même , si ça permettait de le réveiller, mais t’es personne et t’as perdu ce droit. Depuis bien trop longtemps, certainement. «-Je… Je suis désolé… Je...» Et tu perds les mots. Tu te rends compte que ça, ça sert à rien. T’essaies de penser à quelque chose d’utile et tu recules d’un pas pour chercher dans tes poches, ton téléphone.

«-911, quelle est votre urgence ? Allo ? 911 quelle est votre urgence ? » Tu souffle quand tu entends la voix, un sanglot incontrôlé qui t’empêche de parler. Pourtant tu te fais violence et tu ouvre enfin la bouche :  «-Il a fait un malaise… Il faut… » La dame tente de te calmer en te répétant que ça va aller, qu’elle a localisé ton appel et qu’elle envoie déjà une ambulance. «-Je lui ai crié dessus… Il s’est mit à convulser… Je suis désolé… Je… je voulais pas...» Et elle te répète ses questions.  «-D’accord, monsieur, écoutez- moi, c’est important, est-ce qu’il respire ? Est-ce que vous avez prit soin de le mettre sur le côté, pour qu’il ne s’étouffe pas. Monsieur ? » Tu fonds en larmes et puis tu te tourne vers Mae. Tu lui demandes s’il respire. S’il a un poul. Avec au fond du ventre, cette espèce de peur immonde qui remonte le long de ta colonne vertébrale.  Elle fait oui de la tête et toi, tu répète :  «-Oui, il respire..»

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T’es resté là, à le regarder Tim étendu contre sa soeur. T’es resté là, avec le téléphone en main, tremblant comme une feuille , à chialer, toutes les larmes de ton corps. Et quand t’as vu les urgences arrivé au coin de la rue, quelques minutes plus tard qui t’ont paru être une éternité, quand enfin ils sont arrivé, tu as tourner les talons, le plus vite possible et tu t’es mit à courir sans but. T’as couru et couru encore jusqu’à ta rue à toi. Tu t’es arrêté, à bout de souffle, au bout de ta rue, un peu net. Parce que t’as reconnu cette silhouette. Qu’elle trompe pas, tu la reconnaîtrait entre toutes. Même dans cent ans. C’est Lev qui t’attends là. Devant chez toi. Il porte cet air un peu étrange au visage quand lui aussi il t’aperçoit, il s’approche doucement et puis toi, comme un gamin, tu fonce dans ses bras en sanglotant si fort. Tu sais pas pourquoi c’est ce soir qu’il réapparaît. Pourquoi maintenant ? Après toutes ces années de silence où t’as presque penser qu’il pouvait être mort. Il glisse sa main dans tes cheveux.  «-Ne t'inquiète pas, Luke, ça va aller, maintenant. » Il t’a soufflé dans l’oreille en embrassant ton front et puis vous êtes rentré dans cette maison vide, où t’as passé la nuit à pleurer comme un gamin, sans rien dire. Même pas lui dire que t’avais fais du mal à quelqu’un que tu aimes. Tu voulais même pas vraiment croire qu’il était là. T’avais presque peur en vérité, qu’on te fasse une mauvaise blague. Tu t’es recroquevillé et t’as posé ta tête sur ses genoux, en te promettant que tout irait bien, maintenant que Lev était revenu.


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