Another Lifetime ;Alma

Leo Diaz
Leo Diazvictime de cupidon
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Date d'inscription : 31/01/2019
Profil Académie Waverly
Another Lifetime ;Alma  EmptyLun 16 Sep - 0:24

 
I guess I'll wait another lifetime
How I wish perfect was enough
«I hope you find your way
Sorry we couldn't make it
Still, I miss you anyway, yeah
I just grew and couldn't break it »

T’aurais tout fait pour qu’il te regarde. Tout fait pour qu’il t’aime, pour qu’il te dise que tu vaux quelque chose. Que t’es pas moins importante qu’elle, moins belle qu’elle, moins intelligente qu’elle. T’aurais tout fait pour montrer que tu valais autant qu’elle. Que toi aussi tu pouvais devenir indispensable. Il t’as jamais laisser la chance. Il t’as jamais donner l’occasion. Toutes ces années, où t’as couru après lui sans arriver à attirer son attention, sans arriver à l’atteindre. Même lorsqu’il était juste au bout de tes doigts.  Même lorsque tu as presque cru à un moment pouvoir le lui prendre. L’avoir pour toi. Tu y a presque cru. Quand tu as vu comme il s’occupait de toi. Tu y as presque cru quand vous avez commencé à sortir ensemble. Tu as voulu y croire quand tu as réussi à attirer enfin son attention. Tu pensais qu’enfin, Leo t’aimerais. Tu pensais qu’enfin, il se détachait d’elle.  Qu’enfin il commencerait à vivre à travers autre chose que cette relation. T’as fais tout ce qu’il fallait, pendant cette période la.  T’as tellement essayer  de lui donner que t’as même oublier ton propre bien-être. Pendant toute cette période-là, tu pensais qu’à lui. Tu pensais qu’à lui.  Qu’à Leo et toi et l’histoire d’amour folle que vous pourrez enfin vivre. Tu t’imaginais dans une jolie robe de mariée aux bras de Leo. Tu imaginais qu’il s'intéresserait à toi et a qui tu es vraiment au fond. Tu imaginais vos samedi après midi dans des parcs avec vos enfants, les dimanches à déjeuner chez vos parents avec vos enfants. Et t’as jamais ne serait-ce que considérer un autre garçon pour ça. T’as jamais imaginer vouloir quelqu’un d’autre que Leo. On pouvait bien te traiter de traînée et de fille vulgaire, Leo, lui il savait qu’il était le premier et le seul pour toi. On pouvait se moquer de toi. On pouvait te faire des réflexions, il était toujours là pour te dire de t’en foutre. Pour te dire que c’est pas important au fond.  Oui, ça n’a jamais été vraiment important, tout ça. Leo te voyait pas comme une fille vulgaire. Encore moins comme une trainée. Tu comptais pour lui. Assez pour savoir qu’il te défendait un petit peu après de tout le monde. Tout le monde sauf cette salope d’Alma.

La vérité c’est que c’est pas que tu comprends pas cette relation. La vérité c’est surtout que tu comprends pas l’obstination. Ce truc qui fait qu’il cherchera toujours à protéger Alma au dessus de tout. Tu as déjà vu Leo ne rien dire alors qu’Alma te faisait de sales réfléxion sur ton apparence, sur ton poid, sur tes vêtements. Tu l’as déjà vu baisser les yeux et faire comme s’il n’avait pas entendu. En sachant très bien pourtant à quel point tu étais fragile là dessus. Tu n’as jamais vu Leo hausser le ton avec elle. Il a jamais oser lui dire en face à quel point son comportement était puéril. À quel point il était blessant et dangereux aussi. Parce qu’au fond, tu le sais. Pour Leo, Alma passera toujours avant tout. Même avant ta santé. Même avant ton bien être.  Et tu l’as vu de nouveau en sortant de cette soirée d’enfer. Les larmes aux yeux et les mains cramponnées sur son fauteuil roulant, alors que tu te penchais vers lui pour remettre correctement sa couverture sur ses genoux, pour le remettre bien en place sur son fauteuil. Tu l’as définitivement compris lorsqu’il t’as regardé, à peine pourtant, qu’il a ignorer tes larmes pour te dire : «-Alma  va bien ? » Il t’as regarder droit dans les yeux et tu t’es mise à pleurer un peu bêtement, mais il a pas réagit. Pas plus que ça. Il a prit ta main en te disant d’un air neutre.  «-Ça va aller.  » et puis c’est tout. Si ça avait été Alma, qui s’était mit à pleurer ? Et si c’était elle, qui pleurait devant lui ? Est-ce qu’il aurait simplement dit “ça va aller” comme ça ? Non. Bien sûr que non. Evidemment que non. Tu sais qu’il l’aurait prit dans ses bras. Qu’il aurait demander ce qui lui arrive. Qu’il aurait voulu savoir. Qu’il se serait investi. C’est ça, le vrai problème. Leo ne s'investit pas avec toi. Jamais. Avec ou sans sa mémoire. Il t’aimera jamais comme elle.

- - -

«-Je suis désolé, Riley...  » Elle me regarde, avec grands yeux pleins de larmes et je ne sais pas quoi lui dire. Je ne sais pas comment m’excuser auprès d’elle pour ça. C’est comme si je réalisais petit à petit, à mesure que je m’éveil que Leo a laissé des creux dans le coeur des gens. Qu’il a trop brisé en plongeant de cette façon dans le coma. Je me rends compte aussi que je pourrais réellement ne pas retrouver de souvenirs. Et si c’est le cas, et si je ne retrouve pas mes souvenirs, et si je ne me rappelle pas de qui était Leo, et si je grandi trop différemment de lui, et si je deviens une personne tout à fait différente, je ne peux pas obliger tout son entourage à se préoccuper de moi.  Peut-être que Leo a aimé Riley. Peut-être que leurs histoire était terminée avant bien avant qu’il tombe dans le coma. Peut-être aussi que c’est faux et peut-être qu’ils s’aimaient encore et se seraient encore aimer longtemps s’il n’y avait pas eut l’accident. Il est difficile de prendre partie dans une histoire dans laquelle moi, je ne me souviens de rien. J’ai du mal à comprendre la complexité de tous ces liens. De tout l’entourage de Leo. Sa petite amie, son amie d’enfance, ses exes, ses parents, son jumeau. Ses frères et soeurs. Tout à l’air si compliqué. Et tu vois, j’ai l’impression que je pourrais faire tout ce que je voudrais, je pourrais me remettre à marcher, à parler, à fonctionner comme une personne normale, si je ne retrouve pas cette mémoire, je ne serais jamais lui. Je ne retrouverais jamais ma place auprès d’eux. Je ne peux pas les forcer à m’en donner une, de place. Je ne peux pas les forcer à accepter que celui qu’ils ont connu toute leurs vie à disparu. Mais je n’arrive pas non plus à continuer de mentir. Je n’arrive pas à rester de marbre face à cette famille qui a été totalement brisée par son accident. Je n’arrive pas à faire face à cette petite amie aimante pour laquelle je ne ressens rien. Rien du tout. Je n’arrive pas à faire face à ces enfants adorables qui aimeraient retrouver leur grand frère. Je n’arrive pas à faire face à ce jumeau détruit, complètement détruit qui tente de tenir bon pour me rassurer. J’ai pas l’impression que c’est de moi qu’on veut. On veut Leo. Ils veulent le Leo qu’ils ont toujours connu, que je ne serais peut-être plus jamais.

«-Je ne veux pas mentir… Je ne veux pas faire semblant. Tu as été si gentille avec moi. Tu t’es tellement occupé de moi. Et je ne me souviens pas de toi… Je ne veux pas faire semblant. Et te rendre malheureuse. » Elle serre mes mains fort dans les siennes et je sens que moi aussi j’ai envie de pleurer. Je voudrais trouver la solution parfaite pour elle mais, je n’arrive pas. Je ne me sens pas psychologiquement prêt pour être amoureux.   Je ne me sens pas encore prêt à voir tout ces gens qui ont de grandes attentes que je suis incapable de combler. C’est trop dur.   «-Les médecins ont décidés que ce serait mieux pour moi de sortir un peu de tout ça. De m’éloigner.  » Elle fond en larmes dans mes bras et je comprends qu’en vérité, elle s’y attendait. Elle savait que ça arriverait.  

Jules a peut-être raison , au fond. Il aurait peut-être mieux valu que je ne me réveille pas. Ou du moins, il vaut peut-être mieux que je ne m’implique plus dans la vie des gens que j’ai déjà brisé. Ça suffit. Vraiment, ça suffit.  Je crois que j’en ai assez fait. Je crois que c’est peut-être mieux si je recommence tout seul. Et je crois qu’au fond, ces gens-là aussi, même s’ils ne l’acceptent pas, iraient mieux s’ils pouvaient recommencer de leurs côté , sans mon existence pour les géné.

- - -

J’ai lu et relu, les sms échangés avec Jules. J’ai relu cette conversation, si brève pourtant. Mais aussi, très claire.   « Elle dit que ça l’importe peu mais je sais que si tu ne retrouve pas ta mémoire ça la détruira une nouvelle fois. » Détruire les gens une nouvelle fois, ce n’est pas ce que je souhaites. Savoir que je pourrais faire du mal à une gentille fille, qui commence doucement à s’en remettre, ce n’est pas non plus ce que je souhaite. Mais je comprends pas tout. Ni les histoires ni ce qui nous lient. Elle dit que Leo était son ami le plus proche, Jules dit que Leo était quelqu’un d’important mais sans plus. Elle était avec Leo dans la voiture et je ne sais pas si c’est la culpabilité ou bien vraiment la relation qu’elle avait avec lui. Ou avec moi, plutôt. Je ne sais pas qui je suis vraiment. Mais je pense à elle. Souvent. À ses yeux délavés et à la jolie robe à fleurs qui flottait sur ses hanches. Je pense à ses mains tremblantes et au regard qu’elle me lançait. Peut-être que Jules transforme un peu la réalité. Peut-être qu’il a un peu menti. Peut-être qu’il n’a pas voulu causer plus de dégats, comme il l’a lui-même dit. Peut-être aussi que j’ai plus vraiment ma place dans la vie de cette pauvre fille. Et même si j’arrive pas à l’oublier il va bien falloir que je trouve une façon de le faire. Parce qu’elle a peut-être été l’amie de Leo, mais aujourd’hui, elle est surtout la petite amie du seul ami qu’il me reste. Parce que c’est pas moi, la personne auquel elle tient. Parce que je ne peux pas m’imposer dans une vie qui a été détruite par un autre moi, que je connais pas vraiment. Et puis tout se mélange dans ma tête. Tout semble prendre des proportions étrange dans mon crâne.  Je voudrais vraiment me rappeler de qui j’étais. Et de ce qu’elle était pour moi aussi.  Et je ne peux pas penser à elle de cette façon. Mais je n’arrive pas à m’en empêcher. Je n’arrive pas à m’arrêter. Plus je pense à elle et plus je pense à elle. Et plus ça semble compliqué. Je sais que j’ignore ses sms. Je sais que je fais celui qui n’a pas vraiment le droit aux visites pour ne pas qu’ils cherchent à me voir. Et puis je n’arrive plus à regarder en face toute cette famille. Je n’arrive plus à regarder en face, ce jumeau qui m’aide tant, qu’il s’investit autant  et avec qui je n’ai aucun souvenirs. Pas à regarder en face cette mère qui cuisine pour moi, qui repasse tout mes vêtements, se lève toutes les nuits lorsque je suis chez eux pour m’aider à aller aux toilettes , qui m’aide à me laver, avec ce regard toujours au bord des larmes. Celle qui a retenu en hoquetant, des pleurs lorsqu’elle m’a aidé pour la première fois à me déshabillé, qu’elle m’a aider à prendre ma douche. Celle qui prends le temps de prendre ma main. De me demander si j’ai besoin de quelque choses à chaque instant de la journée. Je n’arrive plus à la regarder dans les yeux. À supporter combien je la brise. C’est trop. Trop difficile.

J’ai lu et relu , les sms échangés avec Jules. En me demandant comment faire pour devenir celui que j’ai toujours été. Retrouver ce Leo dont tout le monde parle. Celui qui était doux, souriant, joyeux. Et j’ai décidé que plonger dans les souvenirs qu’il avait, ses photos, ses conversations sms, sa façon de s’exprimer, sa façon de sourire et la façon qu’il avait de rire,  dans toutes ces vidéos , sur tous ses réseaux, je pensais que ça m’aiderait. J’ai demandé à Sam avant de partir, qu’il m’aide à retrouver les mots de passe et les applications pour ça. Le cloud il a dit que ça s’appelait. Et puis il m’a tout réinstaller et j’ai comme… Redécouvert qui était Leo.

Leo Diaz est pas vraiment comme moi. J’ai l’impression dans ses yeux, que la vie est simple, qu’elle est heureuse. Madame Diaz non plus, n’est pas la même. Elle sourit elle semble comme comblée par la vie. Tout le monde à l’air plus heureux, sur les photos. Dans les vidéos archivées dans des albums dans des dossiers, les anniversaires et les selfies ensoleillés. Comme si la vie glissait entre les doigts de Leo Diaz avec une facilité déconcertante. On entends sa voix sur les vidéos, on le voit, les yeux rouge, hurler dans la maison en dansant avec sa petite soeur. Est-ce que je pourrais redevenir cette personne moi ? Est-ce que je suis vraiment le même ? J’ai l’impression que non. Comme s’ils s’étaient un peu tromper. Qu’ils avaient réveillé un sosie, qui n’a pas vraiment le même caractère.  Et puis y’a tout un dossier dans les photos. Un dossier entier, remplis de photographies d’elle. Au bord de la plage, qui rit et qui sourit, de toutes ses dents. Des vidéos où elle parle, simplement. Où elle raconte des choses. Une vidéo enregistrée, d’elle qui souhaite bon anniversaire. Qui dit qu’elle va arrivé pour “notre” journée.  De voir comme il avait l’air heureux avec elle, j’envie l’ancien Leo.  De voir comme ils avaient l’air de tenir l’un à l’autre, ça me brise le coeur de savoir que je ne me souviens pas d’elle. Et je lis et je relis leurs sms. Inlassablement. Espérant y trouver quelque chose. Jusqu’à ce que ça vibre.  Que je me rende de nouveau compte à quel point ça à tout gâcher.

« Je savais déjà que j’avais de la chance de t’avoir. Mais je le réalise un peu plus chaque jours sans toi… » Ça me fait réaliser, tout ça. Que la personne qu’Alma tente désespérément de contacter et de voir, ces dernières semaines, ce n’est pas moi. Ce n’est plus moi. Que celui-là, est peut-être définitivement mort.

- - -

Depuis quelques jours, je fais d’horribles cauchemars. Des cauchemars si intenses et si étranges que l'on m’entends hurler dans tout le couloirs de la maison de repos. J’ai été transféré dans l’unité psychiatrique pour traité de mes angoisses. Je suis avec d’autres jeunes, d’à peu près le même âge que moi. Certains sont là parce qu’ils sont en dépression post-désintox, d’autres parce qu’ils ont des troubles alimentaires et d’autres encore, parce qu’ils sont suicidaire. Ça fait quelque jours qu’on a décidé de me retirer mon téléphone portable pour mon bien. Et peut-être de m’interdit réellement les visites. Dans un sens, j’imagine que ça m’arrange. Je ne sais pas trop. On me fait participer à des groupes de discussion post-traumatiques et la psychologue m’a confié que la convalescence serait peut-être longue. Qu’il me ferait beaucoup de temps pour me remettre de cette terrible épreuve. Je n’arrive pas vraiment à savoir ce que ça veut dire. Peut-être que je finirais par rester enfermé dans cet asile pour le reste de mes jours. Peut-être que je serais jamais prêt. Peut-être qu’il me faudra encore du temps mais que ça ira mieux. Et peut-être que demain, je trouverais mes souvenirs et que tout fera sens dans ma tête. Ce qui est sûr, c’est que j’ai comme… Comme l’impression d’être attiré dans une spirale floue. Comme l’impression que Leo essaie de s’échapper mais qu’il est coincé. Qu’il ne veut pas se souvenir de ce qu’il s’est passé. On me l’a raconté pourtant. En détail.  Un camion à prit la route en contre sens. Le conducteur était ivre, il nous à foncé droit dessus. On m’a dit que j’avais sauté sur Alma comme par instinct pour la préserver. On m’a expliqué que la taule s’était plier, que mon crâne avait violemment tapé contre le pare brise. Qu’il s’était ouvert. Je sais, parce que je peux sentir la cicatrice sous mes doigts lorsque je touche mon cuir chevelu sur le côté et sur le haut de mon crâne, à peine caché par mes cheveux.  Je sais et je comprends. Mais je comprends pas pourquoi je me souviens du nom des choses. Pourquoi je sais qu’un lit s’appelle un lit, qu’une chaise est une chaise et un arbre un arbre, alors que je ne me souviens pas de ma mère. Pas de ma petite amie,  pas de mon jumeau.  Je ne comprends pas non plus pourquoi est-ce que je sens comme quelque chose hurler en moi, sans pourtant réussir à le sortir comme il faudrait.  

«-Laisse tout tomber. Laisse-toi aller.  »
C’est le seul conseil un peu censé que j’ai eu depuis longtemps. Et c’est Hailey, la fille de la chambre d’à côté qui me l’a donner. Elle a l’air abimé, fragile. Hailey est là depuis deux ans. Elle se fait traiter pour son anorexie et elle dit souvent que ce n’est pas la peine de soigné une condition. Qu’il faut se laisser aller. Qu’il faut admettre qu’on est rien. Qu’on est incapable de changer les choses et que le monde est ce qu’il est. J’aimerais pouvoir la contredire, mais ça fait tellement sens. Pour toutes les choses qui arrive en ce moment. Laisser tomber serait la bonne solution. Hailey fume en cachette et elle m’a fait essayer dernièrement. Je dois dire que ça me plait. Ça m’aide à oublier les visages déformés par la peine qui me hante. Ça m’aide à passer outre. Je note que Leo Diaz fumait, lui aussi.

- - -

Quand je ne suis pas avec Hailey, en séance de rééducation, ou chez le psychologue, je reste seul dans ma chambre. Ils m’obligent à tenir un journal où je parle de mes expériences jours après jours.  Où j’explique ce que je vis. Et où je parle de mes sentiments. Le soucis c’est que le carnet est remplis de dessin, pas une seule ligne n’y a été écrite. Je ne sais pas quoi raconter. Je ne sais même pas vraiment ce que je ressens, mise à part le manque de quelqu’un que je ne connais même pas…  «-Leo...» C’est comme si je rêvais encore. Sauf que cette fois, ce n’est pas un rêve. Pas une hallucination non plus. Alma est là, dans ma chambre. Elle a fermer tout doucement la porte et moi j’ai eut le coeur qui se brisait encore une fois. J’aurais préféré qu’elle ne vienne pas. «-Qu’est-ce que tu fais ici ? Tu as pas le droit d’être ici ! Tu devrais repartir avant qu'on te trouve. » J'ai souffler en baissant les yeux.

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Another Lifetime ;Alma  EmptySam 28 Sep - 21:11


No more tears my heart is dry.  
The guilt, the pain, the hurt, the shame...


ça te fait comme une creux dans la poitrine, un creux béant qui ne veut pas se refermer. Tu ne sais pas quoi faire pour la soulager, cette douleur qui grandit en toi inlassablement plus le temps passe. ça te fais mal, mal comme si on jouait avec ton coeur en permanence, comme si quelqu’un s’amusait à le faire rouler entre ses doigts et le compresser de toute sa force. ça t’étouffe, ça te fait suffoquer et tu ne sais même pas comment faire disparaitre cette douleur qui va en croissant dans le creux de tes chaires. Tu ne sais pas comment font les autres, comment font ceux qui arrivent encore à faire tourner leur monde d’une façon si naturelle, comment font ceux qui ont été vos amis pendant longtemps pour continuer de rire aussi innocemment. Tu ne sais pas comment, ils parviennent à trouver cette légèreté dans leurs vies alors que toi, tu as l’impression d’être sans cesse ensevelie sous un milion de pierres qui passent leur temps à t'étouffer, à te rouler dessus inlassablement. Tu ne sais pas comment faire, pour vivre avec cette douleur. Tu ne sais pas comment faire pour assoupire le temps de quelques instants cette brûlure qui t’envahit sans cesse. Comment calmer les crises de larmes, les crises de paniques et les angoisses qui t’envahissent. Comment arrêter de te réveiller en hurlant dans ton sommeil parce que ça tourne en boucle dans tes songes cette nuit là. Comment faire, pour ne pas te réveiller, endolorie d’avoir passé la nuit crispée entre tes draps à te débattre contre des murs invisibles, contre les parois d’une voiture qui se resserre, contre les phares aveuglant d’un camion qui te réveille dans un hurlement de terreur.

Ils te pensent tous devenu folle, ils pensent tous que tu as perdu toute ta santé mentale, que tu es une sorte de folle, plongée dans une léthargie sans fin. Ils n’ont pas tort quelque part, c’est un peu ce que t’es devenu. Une sorte de corps, qui est vidé de son âme, une sorte de vide qui t’as prise, envahit, qui n’a rien laissé dans une carcasse de corps. Chaque jours un peu plus, dévoré par le vide, par ce vide immense qu’il à laissé dans ta vie, dévoré par la solitude qui s'engouffre. Parce que personne ne te connaîtra jamais aussi bien que Leo, personne ne saura jamais te faire rire comme il le fait, personne ne saura jamais, lire en toi de cette façon si simple. Comprendre tes humeurs à la teinte que prennent tes yeux. personne. Même pas ceux qui pourraient y dédier toute leur vie car c’est quelque chose de plus instinctif que celui de comprendre. Comme une language entre vous que vous êtes les seuls à comprendre, comme une sorte de discussion silencieuse qui se fait toujours entre vous. C’est ça. Instinctif, cette façon qu’il avait de te comprendre, cette facilité qu’il avait à lire dans tes pensées, à savoir avant même que tu parles ce que tu allais lui dire. Si simplement il parvenait à lire cette étincelle dans tes yeux, ce sourire qui allait naître sur tes lèvres. Il n’a jamais eut à demander à quoi tu pensais. Il savait déjà.

Il n’est plus là, plus vraiment là. Juste son corps, sur un lit d’hôpital, juste cette incertitude d’un ‘jamais’ qui pourrait arriver d’un moment où un autre. Tu es mitigé, tu es partagée, tu ne sais pas vraiment quoi penser. Tu pensais que vous aviez parlé de tout, que vous aviez évoqué toutes les idées, toutes les hypothèses de vos vies. Tous ses rêves, toutes ses ambitions. Tu pensais que vous aviez parlé de tous les “et si” mais non.  Vous aviez oublié celui là. Ce si là. Vous n’avez jamais pu imaginer une situation comme celle ci. Jamais cru bon d'imaginer qu’un jour, l’un devrait apprendre à  vivre sans l’autre. Dans le fond, tu aimerai savoir, ce qu’il voudrait. Qu’on le le laisse partir, qu’on le garde un peu égoïstement. Tu sais que la décision ne t’appartiendra jamais mais tu appréhendes un peu le jour où elle devras vraiment avoir lieu. Tu appréhendes le jour où tes mères te diront qu’il faudra peut-être laisser partir Leo. Tu ne sais pas. Si tu voudrais le garder encore là, sur ce lit d’hôpital que tu n’oses même pas aller voir ou simplement si un deuil serait moins douloureux. En réalité, tu n’es juste pas prête à envisager n’importe qu’elle issue qu’il implique de ne plus avoir la présence de Leo dans ta vie.

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C’est sans doute une grande part d’égoïste de tenter de les éloigner l’un de l’autre, sans doute une part de jalousie aussi de vouloir qu’elle fasse une croix sur lui, une part de rancune de vouloir qu’il ne se souvienne jamais à quel point, elle a pu avoir cette place, à quel point il a pu avoir cette place pour elle. Mais il n’y a pas que ça, non il y a autre chose. Cette chose qu’elle ne voit pas, qu’elle te reproche même. Toi, tu le sais, qu’elle comprendra un jour sans doute que tu ne fais pas ça pour lui faire du mal, au contraire. Tu ne veux pas voir Alma souffrir, c’est simplement ça. Tu l’as vu, dépérir, enfermée dans sa chambre à pleurer quand il était dans le coma. Tu l’as vu, perdre du poids à vu d’oeil, ne plus parler, ne plus sourire. Tu l’as vu, cette flamme s’éteindre doucement dans son regard, ses yeux se ternir, ses joues se creuser. Tu l’as vu, cette peine dans son regard, ce tremblement dans tout son corps. Tu as vu, Alma, mourir presque sous tes yeux. Tu as vu les gens lui tourner le dos, tu as vu la solitude devenir la seule chose qui lui restait, le chagrin être la seule chose qu’elle avait. Tu as vu tout ça, et toi, t’es resté là. Même si elle te repoussais, même si elle ne voulait pas t’ouvrir sa porte, même si elle ne voulait même pas t’adresser un mot. T’es resté là, des heures, assis dans le couloir de son appartement , adossé à la porte à attendre qu’elle réponde juste à ta voix qui lui demandé de t’ouvrir car tu voulais être là pour elle. Puis après il y a eut tellement d’autres moments. Quand tu as réussis à négocier pour qu’elle accepte d’aller voir un psychologue, quand tu as réussis à la convaincre de retourner à la fac et que tu t’occuperais d’elle, quand elle a accepté d’enfin mettre le nez dehors, de remonter dans une voiture, de juste s’autoriser à vivre un peu sans se laisser bouffer par la culpabilité. Tu as vu tout ça, et personne ne sait, à quel point ,t’as enduré pendant tout ce temps là; à quel point, elle t’a repoussé, mis de côté et à quel point toi, t’as insisté pour juste l’aider à aller mieux. Alors non, c’est pas seulement de l’égoïsme, c’est aussi de l’inquiétude. Tu n’as pas envie de le revoir s’effondrer s’il ne se souvient jamais d’elle, pas envie de la voir se laisser mourir doucement alors qu’il ne se souvient même pas de ses mimiques. C’est peut-être égoïste, de vouloir les éloigner l’un de l’autre mais tu veux la protéger aussi quelque part. De la toute la souffrance que ça pourrait lui causer, s’il ne se souvient jamais.

Tu ne veux pas la revoir, être si vide de l'intérieur. Tu ne te sens pas prêt à supporter, des heures à la regarder assise alors qu’elle ne dit rien, à contempler le vide en laissant ses assiettes intactes devant elle. Tu ne veux pas, revoir ses yeux se flouter, tu ne veux plus contempler sa léthargie sans savoir si tu pourrais l’aider une nouvelle fois.

Tu ne veux plus, entendre ses cri de panique en plein milieu de la nuit, l’entendre hurler dans son sommeil. Dans le fond, tu le sais déjà, qu’elle ne t’aimera jamais autant, mais toi, tu as été là pour elle. Tu sais, qu’elle n’aura jamais cette étincelle, ça fait longtemps que tu t’es fait à cette idée, mais tu t’occupes d’elle depuis huit mois, malgré toute la colère qu’elle mettait dans ses tentatives pour te repousser. Toi, t’es resté et t’es presque sur que c’est la plus belle preuve d’amour que tu pouvais lui faire. Prendre soin d’elle, l’aider à aller mieux, continuer de prendre soin d’elle quand tu la sens si fragile parfois. Peut-être de l’égoïsme, mais aussi cette volonté de ne plus la voir se laisser aller à cette tristesse.

Parce que t’as l’impression de voir parfois à quel point elle est fragile, mentalement et physiquement. Parce que les cicatrices qu’elle porte encore, même après huit mois te rappelle a quel point, elle est fluette et cassante sous tes mains parfois. Quand tu la prend dans tes bras, tu sens quel point, elle peut-être fébrile. Tu as l’impression d’être le seul à réellement voir tout ça.

---

«-Alma ? Tu ne veux pas manger ?» Tu clignes des yeux une fois, deux fois et Jules apparaît devant toi. A moins qu’il ait toujours été là en réalité. Tu n’as pas vraiment entendu ce qu’il t’as dit et il comprend car il soupire un peu avant de t’adresser un sourire qui se veut tendre. «-Tu devrais manger quelque chose.» Il souffle en poussant un peu sur le bord de l’assiette installée devant toi. Tu regardes la sienne d’assiette et elle est vide. ça fait combien de temps que vous êtes installés là au juste. «-Excuse moi..» tu soupires et son regard se fait plus tendre avant d’attraper ta main dans la sienne. Tu souris et les traits de Jules se détendent avant de te dire d’essayer de manger un peu. T’as pas réellement faim, en réalité, manger est un plaisir qui t’es passé depuis longtemps, c’est devenu une sorte d’acte mécanique que tu fais pour leur faire plaisir à eux. T’avaler quelques fourchettes jusqu’à ce que son attention sur toi retombe et tu pose tes couverts sur le bord de l’assiette et il soupire. «-Alma s’il te plait… je t’ai dis. Tu n’y peux rien…» il dit en attrapant ton repas pour le débarrasser. Tu vois l'inquiétude grandir dans ses yeux et tu comprends ce qu’il essaye de te dire. Tu comprend, ce qu’il se passe dans son regard. Il ne veut pas que tu lui en veuille, il ne veut pas que tu lui en veuille pour t’avoir caché pour Leo.

Tu sais que tu es parfois injuste avec lui, qu’il n’a pas choisi et que s’il a accepté d’être son infirmier c’est surtout pour toi quelque part. Tu ne peux pas nier que Jules s’est occupé de toi ces derniers mois; qu’il est celui qu’il te reste alors que tous les autres se sont peu à peu éloigné de toi, lassés d’être confronter à un mur quand ils tentaient de prendre de tes nouvelles. Jules est toujours là, et tu sais, que parfois tu ne le remercie pas suffisamment pour ça. «-Ecoute, il est en maison de repos. Et moi aussi, j’aimerai que tu te reposes ma chérie. D’accord ? Je ne veux pas que tu te bousilles pour lui.. il se souviendra peut-être jamais de toi Alma. Et moi, moi je suis là, et je veux pas te perdre. Tu le comprend ça ?» Il te dit, avec un tremblement dans la voix, avec une faiblesse dans le regard, avec un doute dans les yeux.

Tu sais pourtant, que sans Jules, toi aussi tu serais peut-être en psy quelque part à essayer de calmer tes angoisses, que tes mamans t’auraient forcé à te faire interné quelque part pour te forcer à te reprendre en main. Sans Jules pour insister pour s’occuper de ta santé mentale, tu serai pas là. Mais tu sais aussi, qu’il t’as menti pour Leo, pour Riley; alors tu ne sais pas trop si tu devrais lui dire réellement merci. Tu tente de comprendre ce qu’il veut en faisant ça. Te protéger, de la douleur qui t’envahissait. Mais cette douleur, elle s’est atténuée. Depuis qu’il est revenu dans ta vie. Même si il ne se souvient pas de toi, même si il n’y a plus rien de vous. Tu sais que tu ne peux pas, envisager une vie sans Leo.

---

Tu sais que tu n’aurais pas du mentir à Jules, pas dû fouiller dans ses affaires pour savoir le nom de la maison de repos. Pourtant c’est ce que tu as fais. Tes mains tremblent sur le volant, ça faisait des mois que tu n’as pas reconduit une voiture et pourtant tu le fais. Parce que tu te sens peut-être poussé des ailes, ou simplement parce que t’es prête à ça pour Leo.
Tu sais que tu ne devrais pas y aller, que t’as pas les droits de mettre les pieds là bas. Mais t’as besoin… de lui parler. D’être juste vous deux, de ne pas être interrompus. Tu en a besoin, de ce moment là qu’on t’a refusé, qu’on te refuse encore. Tu as besoin, juste, d’entendre le son de sa voix. Juste besoin… de le voir devant toi.

On a pas réellement fait attention à toi quand tu es arrivé, à croire que t’as l’air aussi perdu que les gens qui se trouve dans cet endroit, que ton regard est aussi perdu et ton corps aussi épuisé que les gens qui arpente les couloirs de cet endroit. On t’as laissé rentrer, un peu comme chez toi, sans même se soucier de toi. Tu ne dois pas trop dénoter dans cet endroit avec ta robe toujours trop grande et ton gilet dans lequel tu flotte posé sur tes épaules. «-Excuses moi… tu connais Leo Diaz?» Tu demandes à une fille qui passe à côté de toi. Elle a l’air de planer totalement mais elle te fait un immense sourire et te prend la main pour t’accompagner au bon étage en te parlant un peu d’elle. Hailey t’abandonne devant la porte de sa chambre avec un immense sourire qui n’a pas quitté ses lèvres.

Ton coeur se serre quand tu le vois, installé là dans sa chambre. T’as le coeur qui se serre et qui s’effrite un peu sous ses battements. Pourtant, il bat plus fort qu’il n’a battu ces derniers mois. «-Leo...»  tu souffle en fermant doucement la porte alors qu’il se retourne pour te regarder. T’as cette chaleur qui t’envahis quand il te regarde, quand vos yeux se croisent. Cette chaleur qui te manquait depuis tellement longtemps. «-Qu’est-ce que tu fais ici ? Tu as pas le droit d’être ici ! Tu devrais repartir avant qu'on te trouve. »

Qu’est ce que tu fais ici ? Tu pourrais donner tellement de réponses à cette simple question. Parce que s’il se souvenait de vous, il se souviendrait sans doute de toutes les fois où tu n’aurai pas dû être là et pourtant. Du jour où tu es venu avec la grippe à son anniversaire, la fois où t’as escaladé jusqu’à la fenêtre de sa chambre car il était puni, la fois où vous vous êtes retrouvé enfermé dans un local à vélo toute une nuit car vous aviez décidé d’aller taguer là, quand tu t’es retrouvé à dormir sur le porche de chez lui pour qu’il arrête de faire la tête pour un rien, du jour où t’as débarqué en pleine nuit pour l’emmener voir une tempête d’étoiles filantes en dehors de Chicago. Tellement de fois, où tu n’aurai pas dû te pointer à ce moment là. «-Je… je voulais te parler… face à face...» tu dis, la voix qui tremble un peu. «-On en a pas eut l’occasion… et...» tu inspires, tu ne sais pas trop ce que tu voudrais lui dire, il y a trop de choses que tu voudrais lui dire. Que sa mémoire importe peu, que t’as pas besoin qu’il se souvienne de toi, de vous, de tout ce qui s’est passé. T’as juste besoin de lui. «-Je voulais savoir si tu allais bien.. si ce n’était pas trop dur pour toi tout ça…J’étais inquiète pour toi.»

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Leo Diaz
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Another Lifetime ;Alma  EmptyMar 1 Oct - 19:28

 
I guess I'll wait another lifetime
How I wish perfect was enough
«I hope you find your way
Sorry we couldn't make it
Still, I miss you anyway, yeah
I just grew and couldn't break it »

«-Laisses tout tomber. Laisses toi aller. » C’est un peu tout ce que tu sais dire. Un peu tout ce que tu sais donner comme conseil. Parce qu’à quoi bon se battre contre des choses qu’on ne peut pas battre. Comme tous les gamins de cette structure, il est perdu d’avance. Tu le trouve mignon, avec son air paumé, dans son fauteuil roulant, maigrichon dans des fringues trop grandes pour lui. Il te fait penser à toi. Dans le désespoir, vous vous ressemblez. Quelque part, vous êtes les même. Deux personnes paumées, qui n’ont personne chez qui rentré. Personne à aimer réellement. Même pas vous même, d’ailleurs. Parce que toute sa vie semble être celle d’un autre et ça, tu le comprends, même si toi tu t’en souviens. T’as grandi dans la famille parfaite, aux parents parfaits, avec de l’argent, une maison , un jardin, du soleil, des voyages et pleins de belles choses. T’as grandi dans cet univers parfait qui semble pourtant ne pas être le tien du tout maintenant. Tout à changer quand t’es tombée malade. Tout à changer quand t’as commencé à perdre le goût de manger. De te nourrir et de continuer comme tout le monde. Ça a commencer tôt en vérité. Assez tôt pour alarmé ta famille et t’as passé la moitié de ta vie dans des structures comme celles-si. Toutes plus ou moins les mêmes. Et t’as appris que dans la vie, ça servait à rien de se forcer. Ça servait à rien de continuer. Tu comprends pourquoi il est perdu parce que toi aussi t’es perdue. Toi aussi tu sais pas vraiment où tu vas. Combien de temps ce jeu-là de te maintenir en vie sous cloche pourra continuer. Tu vois bien que Leo aussi, il est en vie pour les autres. Parfois, tu le vois s’éteindre un peu lorsqu’il pense être seul. Tu le vois contempler simplement devant lui, les arbres et les feuilles qui bruissent au vent. Leo s’est perdu en route. Dans les méandres de son esprit labyrinthique, alors qu’il s’endormait pour ne sans doute plus jamais se réveillé, Leo s’est perdu en route. C’est un long chemin qu’il a parcouru. Une longue route avant d'arriver à s'éveiller. Et en chemin, il a dû perdre beaucoup de lui-même. Morceau par morceau, comme des miettes de pains laissés sur son chemin, il a oublier celui qu’il avait pu être un jour. Peut-être qu’aussi, c’est un voyage qui l’a changé sans qu’il ne s’en rappelle clairement.

Il te parle de ce qu’il a été et de ce qu’il aimerait retrouver, sans être réellement certain que c’est véritablement ce qu’il veut. Il te parle des gens qui l’aiment et de ceux qu’il aimerait pouvoir de nouveau aimer. Tu l’as vu parler un peu tout seul. Lire à demi voix les sms qu’il envoyait à cette fille. Ça a un peu serré ton coeur, qu’il soit si malheureux pour une femme dont il ne se souvient même plus. Mais elle le hante pourtant encore et tu le sais. Ça se vois. Ça se sent. On le capte vite quand on le voit écouter sa voix sur les vidéos. Sourire un peu bêtement quand elle prononce son prénom à travers son écran. Et tu sais , Hailey, t’es peut-être un peu paumée mais t’as le coeur romantique, t’aimerais bien être la fée qui rendra leurs amour possible. T’as pas grand chose à faire d’autre de toute façon. Pas grand chose à voir ici, coincé dans ce trou depuis des années. T’as jamais connu l’amour comme eux, c’est comme dans les livres que tu lis sans arrêt. T’es un peu trop amoureuse de l’amour et tu vois bien qu’ils seraient vraiment beaux ensemble et heureux, à des kilomètres de ce mouroir. Alors bien évidemment, t’as pas hésité une seule seconde, quand de grands yeux bleus se sont stoppé vers toi avec un air un peu perdu. Pour te demander d’une petite voix : «-Excuses moi… tu connais Leo Diaz? » Tu peux pas t’empêcher de lui faire un grand sourire, d’avoir le visage qui s’illumine parce qu’elle est venue pour lui et qu’il en avait besoin, t’en es presque certaine. Parce qu’il peut dire ce qu’il veut, il a besoin de la voir et de l’entendre. Il a beau ne plus se souvenir d’elle, t’as l’impression que tout son corps, toutes ses cellules s’en souviennent. Ça se voit lorsqu’il entends sa voix. Ça se voit lorsqu’il se redresse et qu’il pense à elle. Ça se voit lorsqu’il en parle à haute voix. Ses yeux se mettent à briller et ça te fait rêver qu’on te regarde un jour toi aussi comme ça. «-Viens, je vais t’emmener voir Leo. Il m’a parler de toi. Je suis Hailey… On est amis. » Tu as soufflé en glissant ta main dans la sienne comme si tu l’avais toujours connu. Tu l’a guidé vers la chambre de Leo en débitant des banalités pour lui rendre son sourire.

- - -

Quand je ne suis pas avec Hailey, en séance de rééducation, ou chez le psychologue, je reste seul dans ma chambre. Je reste seul à m'entraîner à écrire. À essayer de me souvenir aussi. Tu sais c’est comme si tout avait été effacé mais qu’il restait des résidu, qu’on avait couvert d’une grosse couche d'enduit des tâches et des écritures. Comme les traces de crayon qu’on laisse sur les feuilles blanche, j’ai l’impression qu’à tout moment, je pourrais tendre le bras pour accéder à ma mémoire. Qu’elle est là, devant moi. Qu’elle est comme posée sur une étagère que je pourrais atteindre si je tendais le bras, mais qu’il est paralysé, ce bras. Que je ne peux que regarder ce truc, l’observé , cette boite clause, sans jamais pouvoir l’ouvrir. C’est frustrant et ça m’agace. Je voudrais pouvoir trouver le déclic nécessaire à ça. Je voudrais pouvoir me souvenir de tout, me souvenir de toi. Mais c’est comme si tu m’échappais et puis j’ai pas envie de t’user plus que tu ne l’es. Y’a déjà quelque chose de tellement fragile en toi. Je vois bien que ton équilibre ne tient qu’à peu et que tu pourrais encore sombrer d’une seconde à l’autre. Un mot de travers pourrait te faire fondre en larme et même si je ne t’ai croisé que cinq minutes, je sais déjà que j’aurais mal que tu pleure. Comme si l’autre Leo me menaçait au fond de moi. Comme s’il me prévenait de ne pas te faire souffrir. Je pourrais dire que tout ça , toute cette idée vient de Jules mais en vérité, moi non plus je ne veux pas que tu souffres. Leo non plus ne veut pas que tu souffres. Il veut pas que tu te bousille, et je le sens palpiter en moi d’une façon étrange quand je pense à toi. Je le sens appuyé sur les parois de mon coeur, bizarrement , trop bizarrement. Comme s’il avait ce besoin viscéral de te savoir en sécurité, et en pleine forme. Et comme si ce besoin entachait ma propre conscience. Est-ce que c’est étrange de dire que les seuls moments où je me sens vraiment être Leo Diaz, ce sont les moments où je pense à toi ? Est-ce que ce n’est pas un peu cruel pour le reste du monde ? Pour ceux qui ont toujours été là ? Qui ont toujours garder espoir ? Je sais bien que je ne devrais pas penser comme ça. Je sais bien que je suis Leo Diaz et pourtant, on est tellement différent que j’ai l’impression que ce n’est plus vraiment moi.

Et si je ne redeviens plus jamais le même ? Et si je me souviens, mais que ça ne change rien ? Si j’ai trop changer pour que tu m’apprécie comme tu m’as apprécier durant toute ta vie ? Je ne me sens pas comme lui. J’ai l’impression de ne plus vraiment être lui. Et de ne pas tout à fait être moi non plus. Parce qu’au fond, je suis le seul à reconnaître ma propre identité, bien différente de celle de Leo, du fameux Leo. Et ça me fait trop de peine de voir tous ces gens espéré que je sois celui qu’ils attendent comme le messie. C’est trop de pression, trop d’inquiétude et trop de peine. Trop de douleurs que j’ai causé, ou qu’il a causé, je me perds un peu. Sans doute moi, parce que lui s’est endormi et refuse de se réveillé pour faire face aux conséquences de son sommeil. C’est comme si Leo Diaz m’envoyait pour faire face à toute la douleur autours. C’est comme si lâchement, trop lâchement, il se planquait à l’intérieure de nos chaires parce qu’il n’est simplement pas encore prêt pour voir les dégâts que son absence à causer. Une famille éclatée, un jumeau détruit, une meilleure amie perdue, amaigrie, presque brisée , deux gamins complètement démunis face à une situation qui les dépassent. Et trop de personnes touchées par tout ça. Trop de souffrance que je n’arrive pas à regarder en face et que Leo Diaz refuse de voir. C’est peut-être pour ça que j’ai une réaction de rejet tout de suite après t’avoir aperçu. Parce que ça me fait trop mal de faire encore face à ça. «-Je… je voulais te parler… face à face...» Tu souffle , la voix faible et moi j’ai comme seule réaction de défense de détourner le regard. Je dois pas céder par égoïsme. Je dois pas céder pour céder. Je dois pas céder pour te voir encore t’effondrer comme la première fois. Parce que ça m’a déjà fait trop mal. «-On en a pas eut l’occasion… et...» J’ai comme le coeur qui se serre et j’ai comme la respiration qui se coupe. Je baisses les yeux en soupirant. Comme l’impression que ce soir, les cauchemars seront plus violent encore. Comme l’impression que j’ai du mal à trouver mon souffle. «-Je voulais savoir si tu allais bien.. si ce n’était pas trop dur pour toi tout ça…J’étais inquiète pour toi.» Bien sur que c’est dur. Bien évidemment que ça fait mal. Je suis là, devant toi, le coeur prêt à se décrocher parce que je sens mon cerveau bouillir complètement et ma respiration se couper encore plus fort.

Comme une crise d’angoisse qui me prends d’un coup. Les larmes qui se mettent à couler en flot rapide et la tête qui se secoue de gauche à droite. Tu devrais pas être là. Tu devrais pas venir me voir parce que tu me fais cet effet étrange que je n’arrive pas à comprendre. Qui me fait peur, qui me fait mal qui me terrifie. Qui m’angoisse aussi. Comme si tout ça me ramenait au soir de l’accident. Et je me mets à suffoqué d’un coup , reculant un peu dans ma chaise roulante. «-Tu devrais pas être là. Tu... devrais pas… Je... veux voir p...personne. » J’ai comme un sursaut dans le coeur qui tambourine quand je vois ton regard un peu impuissant. «-Je suis pas Leo Diaz. Il est mort, d’accord ?! Je….» Non, et il faudrait peut-être qu’elle le comprenne. Qu’elle s’y fasse. «-Je suis désolé d’avoir prit sa place, mais je suis pas lui. Lui c’est un autre gars. On se ressemble pas. » Mes mains finissent par accueillir mon visage tuméfié par le manque d’oxygène, je ne comprends même pas pourquoi la simple vue de tes yeux me fait ça. Pourquoi je suis si mal. Mais je voudrais juste que tout le monde me laisse tranquille. C’est trop difficile. «-S’il te plait… C’est juste trop dur… .Je suis pas Leo Diaz. » Je souffle un peu vainement. Et puis je m’éteins , juste complètement. D’un coup. Je me sens juste fatigué par ça.

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Another Lifetime ;Alma  EmptySam 2 Nov - 21:02


No more tears my heart is dry.  
The guilt, the pain, the hurt, the shame...


Quand Leo est parti il a emmené quelque chose avec lui, une grosse part de toi, de ta vie, de ta santé aussi. Il a prit beaucoup, beaucoup sans même s’en rendre compte. Il a prit des souvenirs, des promesses idiotes et aussi un tas de projets. Oui, quand Leo est parti, il a prit beaucoup avec lui.. enomément avec lui même. Il a prit les weekend a la plage, les semaines de campings, il a prit les premiers battements trop intenses de ton coeur. Leo et ses sourires, Leo et sa douceur, cette façon qu’il avait de calmer tes angoisses et d’être ce pilier. Leo qui a toujours été ce qui te donnait le plus de force dans ta vie, une raison d’accomplir tes rêves. Dont il faisait partie pour la plupart. Un tour du monde avec lui, des vacances sur un plage désertique, un tour des États Unis dans le vieux vans de tes mamans avec juste lui.. un million d’idées, de projets, d’ambitions. Juste avec lui. Oui tous ces rêves, tous ces projets avaient été fait pour être accomplis avec Leo et personne d’autre. Personne d’autre avec qui faire tout ça. Alors ces projets tu les enterrer. Mis de côté, dans un coin de ton cœur avec tous tes souvenirs. Et tu as arrêté de vivre ... tu t’es juste contenté de survivre. Parce que la vie, sans Leo, ça n’est pas vraiment la vie, la vie sans lui, ça n’a pas vraiment de sens et tu sais, a quel point, tout ce qu’il a laissé derrière lui c’est un champ de mine, dans la vie de beaucoup de gens. Dans la tienne, celle de sa famille et même celle de Riley même si tu ne l’a jamais supporté. Vous avez au moins le point commun d’avoir aimé Leo aussi fort que ça.

Tu es nerveuse quand tu t’apprête à sonner car ça fait des mois que tu n’as pas mis les pieds là, à cet endroit qui était comme ta deuxième maison. Tu n’as pas remis les pieds ici , alors qu’avant tu y passais une grande partie de ta vie, et tu ne te souviens pas le nombre d’été passé au bord de la piscine, le nombre d’anniversaires, de soirées passé dans le creux de cette maison. Tu ne comptes plus les moments de joies entre ces murs et les grands éclats de rires qui ont habités l’endroit mais même de l’extérieur, la maison semble vidé de toute sa substance. Tu aurais du sans doute venir plus tot, tu aurais sans doute du prendre ton courage plus tot pour venir sonner à cette porte mais tu n’étais a sure de savoir appréhender le vide qu’il a laissé, encore plus grand dans cette maison que dans ton coeur. Tu sonnes, un inspirant bien fort, tu sonnes et tu as cette appréhension immense qui t’envahit. Tu as peur de venir trop tard, tu as peur de voir quelque chose dans ces regards que tu ne veux même pas voir mais quand elle ouvre la porte, de ses yeux immenses et toujours de cette même couleur si claire, elle te sourit. Elle te sourit, de ce même sourire plein de douceur et elle te prend dans ses bras comme si vous vous étiez quitté la veille. Elle te prend dans ses bras, te serres de toute sa force presque et caresse tes cheveux d’une douceur extrême. « -Alma » elle souffle doucement à ton oreille en te serrant un peu plus fort et d’un coup tu te sens encore plus coupable de ne pas être venue ces derniers mois. Tu te sens encore plus coupable d’avoir fuit toute cette famille, qui est un peu de la tienne. Tu te sens coupable, de finalement, de pas avoir fait tout ce que Riley elle , a fait. Mais tu te sentais tellement coupable d’avoir prit un fils, un frère aux gens de cette maison. « -Je suis contente de te voir » elle dit doucement en se détachant de toi et tu tente un sourire doux. Elle te sourit en retour, d’un sourire qui se voudrais presque heureux et, étrangement, ça réchauffe quelque chose dans ton coeur. Quelque chose qui te manquait depuis un moment. Comme une douce chaleur, celle que Leo mettait dans ton coeur. Elle te prend la main doucement pour t’entrainer à l’intérieur. La maison est la même, mais elle parait plus calme, comme vidée de toute sa substance, un peu comme l’intérieur de ton corps en réalité. Elle semble vide, il manque trop de choses… il manque la joie,  il manque les cris, il manque la chaleur de la vie. « -Assieds toi je t’en pris. » elle dit en te montrant le canapé ou elle prend place. Toi, tu ne te sens pas vraiment à ta place, pas vraiment à l’aise quand elle te dit de t’installer là. Tu te sens, maladroite, mal à l’aise, comme si tu n’avais plus vraiment le droit d’être là après ce qu’il s’est passé. Elle te regarde de nouveau, te souris, t’encourage avec un regard et tu te laisse tomber dans le canapé sans avoir retiré ta veste. Tu es rigide, enfoncée là, dans les coussins. Tu as du mal à te sentir à l’aise, comme l’impression que le silence qui règne ici c’est un peu de ta faute. « - Je.. » tu commences à dire mais les mots s’échappent de ta gorge et c’est plus une gémissement de douleurs qui sort à la place. Tu es venue ici pour quoi au juste ? Tu n’as pas eu le courage de venir tout le temps où il n’ouvrirai peut-être plus jamais les yeux et là tu te pointes ? Tu te pointes pour quoi ? Pour demander de la compassion à Maddie assise en face de toi, ses yeux délavés autant que les tiens ? « -Je… je suis désolée » tu murmures en retenant du mieux que tu peux tes larmes. Tu ne fais que ça, pleurer depuis que tu l’as vu de toute façon. Pleurer toutes les larmes de ton corps dès que tu penses a lui, dès que quelque chose te fait penser à lui. Mais presque tout te fait penser à Leo dans ta vie. Toutes les choses qui t’entourent, toutes tes habitudes, tout. Alors tu pleures, tu te demandes encore comment ton corps fait pour arriver à produire encore des larmes. « -De quoi? » elle demande, d’une petite voix en te regardant, l’air perdu. Elle veut te torturer? Ce n’est pas le genre de la maison, et pourtant, tu as l’impression qu’elle attend de toi plus d’explications ou plus d’excuses. « -Je .. suis .. dé.. désolée de ne pas être venue avant. Et… de vous avoir pris Leo. » tu finis par dire, sans retenir cette fois un tremblement plus fort que les autres, un gémissement de désespoir dans la voix. Elle te regarde, les yeux rond avant de te prendre la main et de te serrer dans ses bras. « -Ma chérie.. tu n’y es pour rien. Tu n’es coupable de rien. C’est le conducteur de ce camion. Il était ivre mort, il roulait en sens inverse. Ce n’est pas toi. Tu n’y es pour rien. C’est pour ça que tu ne venais plus? » elle demande en passant une main dans tes cheveux, dans ton dos alors que tu trembles de tout ton être dans ses bras. Tu hoches la têtes et elle soupires en te serrant un peu plus fort. « -Alma.. personne ne te tiens coupable de quoi que ce soit… et on ne t’aurai jamais demandé de rester tu sais… tu es jeune, tu as toute la vie devant toi. Personne ne t’aurai reproché de vivre ta vie, et même maintenant qu’il est réveillé… personne ne te demande de prendre soin de lui, ou de t’accrocher, ou de subir tout ça. Et même si un jour il revient, je sais qu’il ne t’en voudra pas. » elle dit doucement alors que ses doigts viennent chercher ton menton pour que tu la regarde dans les yeux. Elle passe une main sur ta joue, t’adresse un nouveau sourire et te serres de nouveau contre elle.

Vous avez discuté comme ça, plusieurs heures sans même que tu ne t’en rende compte, jusqu’à ce que la porte s’ouvre sur Tim et Mae qui rentraient de l’école en courant dans la maison. « -maman ! Maman! Adi a dit qu’il nous déposait juste parce qu’Arwa elle est malade » dit la voix de Mae en rentrant dans la salon suivit de Tim. Le manteau de travers, le cartable sur le dos et ils se figent tous les deux quand ils te voient dans le canapé. Tu ne sais pas quoi leur dire, tu ne sais même pas si tu devrais leur sourire, ou peut-être simplement t’en aller car ça doit être assez compliqué pour eux tout ça. Comment tu peux expliquer que tu reviens, que Riley a été plus là que toi ces derniers mois. Mais Mae fait un immense sourire et Tim aussi et ils te sautent dessus tous les deux en criant ton prénom. « -ALMAAAAAAA » dit Tim en enfonçant son visage contre ton coup et alors que Mae vient t’enserrer de ses bras. Tu les serres contre toi, aussi fort qu’eux le font et ils sont contents de te voir apparemment car Mae te raconte pleins de choses, même si tu ne comprend pas tout et Tim reste installé sur tes genoux à jouer avec tes cheveux en refusant de te lâcher la main. Maddie sourit, tu ne sais pas trop pourquoi mais elle t’adresse un grand sourire et après trente minutes de câlins, quand les petits te lâchent enfin pour aller dans leur chambre faire leurs devoirs, elle rigole. « -Tu leur a manqué. Je suis contente, ça faisait longtemps que je ne les avait pas vu aussi heureux. Ça me fait plaisir. » elle dit en prenant ta main et toi, ton coeur se sent un peu plus léger. Tu sais que leur situation est compliquée, tu sais ce qu’ils traversent. Tes mamans te l’ont dit, elles passent de temps en temps, prendre des nouvelles de toute cette famille qui est devenue au fil des années un peu la leur aussi. Elles apportent des plats qu’elles ont préparés pour faciliter la vie un peu à Maddie. Tu sais qu’Ati et elle se sont séparés et quelque part, ça te fait du mal, car pour toi, c’était comme une sorte d’évidence, qu’ils avaient un amour fait pour durer toujours. Quand la lumière commence à décliner tu te dis qu’i est tant de repartir. Maddie t’embrasse, et quand tu t’apprête à passer la porte après avoir embrassé les petits Tim revient en courant avec une feuille de papier qu’il te tend. « -tiens. » il dit en te la donnant pour que tu regardes. « -on l’a fait avec Mae a la place des devoirs. » il dit en regardant sa mère qui lui fait un visage un peu un colère. « - Tu pourras le donner à Leo ? » il demande avec ses petits yeux brillants. Tu comprends qu’ils pensent que toi, tu es celle qui leur ramènera leur grand frère et ton coeur se serre un peu. « -Tu sais, il ne se souvient pas trop… mais on a dessiné tout le monde pour l’aider à se souvenir. » il dit quand tu regardes le dessin ou chacun est représenté avec son prénom en dessous accompagné de ce qu’on pouvait nommer ‘sa fonction’. Ainsi, sur le papier tu vois se dessiner Maddie, accompagné de la mention maman, Ati qui se suit de papa évidemment, Sam comme jumeau, Tim et Mae, Mia, les chiens, Leo lui même, Sun aussi, et même toi avec la mention ‘amoureuse’ et ils te font un immense sourire avant de tourner les talons et de repartir en courant dans le salon. « -Reviens nous voir. » dit Maddie quand tu lui fais un geste de la main avant de fermer le portail derrière toi.

—-

« -Alma ? » tu dis doucement, contre la porte de la salle de bain. « -Alma ? Ouvre moi.. je les ai fais partir » tu dis doucement, en prenant appuis sur la porte, le tête contre le bois, en soupirant. « -Mon amour s’il te plait… ouvre moi. » tu dis avant que le verrou ne tourne de l’autre côté et elle apparait, ses yeux une nouvelle fois embués de larmes, de tristesses et elle te parait une nouvelle fois si fragile, là devant toi, maigre et tremblante. Tu la prend dans tes bras, mais quand tu la serres, tu ne sais que du vide, qu’une carcasse presque, vide et mince qui n’abrite plus grand chose. Entre tes bras elle parait si minuscule. En réalité, Alma ne ressemble plus vraiment à la Alma d’avant. Elle a toujours ses airs de poupée, mais c’est bien tout ce qu’il reste. Le rose de ses joues à disparu, ses côtes, ses clavicules se dessinent trop sous sa peau, et ses yeux paraissent trop grand pour l’étroitesse de ses traits à présent. On dirai une sorte de fantôme, elle est là, comme bloquée entre la vie et la mort. Elle n’est plus si solaire, la dépression a envahit tous les pores de sa peau. Et même si tu pensais être à la hauteur d’être celui qui pourrait la soigner, qui pourrait lui redonner de la vie, tu n’es pas certain que tu arriveras un jour à faire revenir à la surface celle dont tu es tombé amoureux au premier regard que tu lui as lancé. Elle n’a plus ce sourire, plus ce rire et plus cette étincelle dans le regard. Elle ne l’a retrouvé que ce soir, quand elle la vu lui entrer dans la pièce. Tu as vu l’ancienne Alma, resurgir, quelques secondes quand il est entré dans l’appartement mais elle est repartie deux secondes après quand il lui a demandé s’ils se connaissaient… Il n’y a que lui qui saurait la faire revenir, que lui, qui saurait la faire sourire comme avant.. il n’y a que lui, et dans le fond, c’est pour ça que tu le détestera tout ta vie, que tu feras tout pour les éloigner, car tu sais, qu’il pourrait te la voler si facilement. Ça a toujours été comme ça.

Alors.. c’est peut-être odieux et malhonnête de faire semblant d’être l’ami de Leo, c’est peut-être cruel, et purement intéressé que tu l’as poussé dans les bras de Riley. C’est purement dans ton interet que tu lui a dis qu’Alma avait déjà trop souffert à cause de lui. Mais c’est la vérité, tu l’as vu se détruire pour lui, se laisser plonger dans la dépression pour lui. Tu sais que le seul moyen qu’elle aille mieux c’est que ce soit lui, qui la repousse, lui qui lui dise qu’elle ne doit plus s’accrocher, qu’elle n’a plus sa place à ses côtés. Tu sais.. qu’elle ne l’abandonnera jamais, qu’il doit lui briser le coeur, pour qu’elle soit enfin à toi.



«-Tu devrais pas être là. Tu... devrais pas… Je... veux voir p...personne. » il te dit avec cette peur dans la voix, avec cette angoisse dans les traits et il y a quelque chose en toi qui se déchire sous ses mots. «-Je suis pas Leo Diaz. Il est mort, d’accord ?! Je….» Il continue et la plaie s’élargie dans ta poitrine. Leo est mort.. Leo n’est pas mort, tu le sais, parce que quelque part… tu sais qu’il est encore un peu Leo parce qu’il porte ses traits, ces traits et ses expressions qu’il prend sans savoir, que ce Leo Diaz qu’il prétend mort avait les mêmes. «-Je suis désolé d’avoir prit sa place, mais je suis pas lui. Lui c’est un autre gars. On se ressemble pas. » Il poursuit et dans ta poitrine ta poitrine qui s’agite te dit qu’il n’as pas conscience… a quel point, ils peuvent se ressembler. Parce que quand il te parler, même avec angoisse, tu as envie de le rassurer et dans les quelques mots que tu as échangé, tu as sentie ce lien, un peu étrange, cette évidence de vos conversations et tu ne veux pas qu’il dise que ça n’existe pas. Que lui ne l’a pas ressentie. non.. ll ne peut pas te dire ça. «-S’il te plait… C’est juste trop dur… .Je suis pas Leo Diaz. »  il fini par dire en se cachant le visage. Et toi, tu restes là, dans ton manteau, à l’entrée, contre la porte et la seule chose que tu trouves à faire c’est de te laisser tomber par terre, appuyée contre la porte en fermant les yeux. Tu fermes les yeux, tu inspires. « -Oui… Leo est mort. Leo Diaz est mort. » tu finis par dire, car tu t’es fait à l’idée que Leo pouvait être mort, depuis longtemps.. tu t’es fais à cette idée là, et tu t’es fait à l’idée que tu en était la principale cause. « -Mais toi.. tu dois te sentir tellement seul. Moi aussi.. je me sens seule tu sais… » tu souffles doucement, les yeux toujours perdue, la tête toujours appuyée contre la porte. «-D’accord.. tu n’es pas Leo Diaz.. Leo est parti. De toute façon.. Alma Davis aussi est morte en même temps que Leo. » tu dis doucement, d’une voix douce de ta voix qui se veut la plus calme pour ne pas pleurer. « -Je ne te demande pas d’être Leo… Je veux juste être ton amie... et me sentir moins seule.. parce que t'es le premier avec qui j'ai aimé parlé ces derniers mois. Je veux juste être ton amie.  » tu dis avec une gémissement de supplication. « - Je sais que Leo ne reviendra jamais. Je le sais car c’est moi qui l’ai tué. Alors s'il te plait.. laisse moi une chance de me racheter. » tu finis par dire en enfonçant ta tête dans tes genoux.

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