Sweetness ; Sam

Lila Rosewood
Lila RosewoodLili la tigresse
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Sweetness ; Sam  EmptyVen 4 Oct - 21:55

Sweetness'
«-Lila, c’est Alma. Lila ouvre moi.» la voix d’Alma se fait douce derrière la porte, et tu peux entendre quelques notes d’inquiétude dans le timbre de sa voix. Pourtant tu ne réponds pas, assise là dans le fauteuil de l’appartement de Ian. Seule et les yeux rougis. Tu ne veux pas lui ouvrir, tu ne veux pas qu’elle te voit dans cet état. Parfois, tu aimerais sans doute, être un peu plus comme elle, un peu plus forte. Tu sais qu’elle n'aurait jamais laissé quelqu’un la toucher de cette façon, elle. Tu sais qu’elle plus de courage que toi, qu’elle serait sans doute déjà parti loin de ceux qui lui veulent du mal. Tu aimerai bien parfois, arriver à avoir cette force qu’Alma à en elle. Qui contraste tellement avec toute la douceur dont elle sait faire preuve. Parfois, tu aimerai bien, avoir eut la même chance qu’elle, d’avoir eut des mères là pour elles. Tu aurais aimé avoir une mère, assez forte pour ne pas laisser sa fille, une mère assez forte pour s’opposer aux choix de son mari. Mais tu sais, tu sais qu’elle n’y peut rien. Qu’elle a été élevée comme elle t’élève toi. Tu ne peux pas lui en vouloir, même si tu as cesser d’espérer qu’un jour, elle se décide à briser cette roue qui ne cesse de tourner toujours dans le même sens. «-Lila ouvre moi s’il te plait. Je sais que tu es là. Ouvre moi.. je m’inquiète pour toi.» Elle dit de nouveau de l’autre côté de la porte et elle soupire. Tu entends un petit tapotement, sans doute son front qui vient de taper doucement contre la porte de l’appartement. «-Je sais qu’il te fait du mal. Ouvre moi… je suis là pour t’aider.» elle dit, tout doucement, de cette voix que seule Alma sait prendre. Tu ne sais pas comment elle fait, pour prendre ce timbre si rassurant, tu l'imagines bien te sourire derrière la porte, tu imagines bien, la teinte de ses yeux qui pourraient te regarder avec toute la douceur qu’elle porte toujours en elle. «-Je ne suis pas là pour te juger. S’il te plaît… je veux juste te protéger. Je ne laisserai plus te toucher. Je te le promet mais pour ça… ouvre moi la porte s’il te plait.»  

Tu finis par te lever, tremblante, tes jambes peuvent à peine te porter, tes jambes peuvent à peine te soulever et tu trembles en ouvrant la porte sur Alma qui te sourit tendrement en te prenant dans ses bras. Sa chaleur te réchauffe un peu, comme si elle réveillait toutes ces choses qui sont mortes en toi ces derniers jours, comme si elle ramenait un peu de toi à la surface de la coquille vide que tu es devenue. «Alma...je...» Tu dis, la voix tremblante, mais elle t’interrompt en te serrant un peu plus fort dans ses bras. «-Je vais te sortir d’ici d’accord ? Ça va aller Lila. Je ne le laisserai pas te faire du mal encore. » elle souffles doucement à ton oreille avant que tu ne fondes en larmes dans ses bras. C’est Alma qui a rangé toutes tes affaires, qui t’as aidé à enfiler une veste, qui a fermé tes valises et t’as coiffé avant de te sortir. C’est elle qui a fermé la porte de Ian en te disant que tu ne reviendrai jamais ici, qu’elle le laisserait plus jamais t’approcher. C’est Alma, qui a prit ta main, un sourire aux lèvres pour te sortir de cet enfer. Elle n’a rien dit pour tes bleus, elle n’a rien dit pour les marques sur ton corps, pour tes yeux rougies, pour ta carcasse décharnée. Elle n’a rien dit. Elle ne t’as pas jugée comme elle te l’avait promis. Elle s’est contenté de t’aider à sortir de là et de te faire couler un bain chaud quand vous êtes arrivées chez elle.

Chaque porte qui claque, chaque bruit te fait sursauter. Chaque bruit de pas, et même dans la nuit, le bruit de la voix de Leo qui s’adressait à Alma réussissait à te faire peur. Cette peur qu’il puisse apparaître là au milieu de la nuit à côté de ton lit, cette peur horrible qu’il puisse se cacher derrière chaque rideau, chaque porte, ou même juste dans un placard. La peur idiote, qu’il pourrait sortir de n’importe ou et te récupérer pour te ramener dans l’enfer qu’il contrôle. Cette peur ne te quitte pas, celle de te réveiller à côté de Ian a un moment de la nuit, qu’Alma et Leo ne soit qu’une illusion que ton cerveau a créé pour supporter tout ça. Tu entends encore ses cri dans tes oreilles, ses insultes contre ta peau et ses mains, brûlantes et brutales qui te marquent. Tu l’entend encore, te traiter de salope, tu le sens encore, presser ses mains entre tes côtes, tu le sens encore brûler entre tes reins, sa main sur sa gorge et ses ongles dans ta peau. Tu le sens encore enfoncer dans ta gorge des cachets pour ‘te calmer’. Tu sens encore, la douleur de ses coups, tu sens encore, la brulures des cigarettes sur tes cuisses, et l'odeur de son corps qui se presse contre le tien. Tu  l’entend encore te dire, qu’il laissera ses amis venir s’occuper de toi si tu ne restes pas docile. Tu as cru que tu allais mourir, une fois, peut-être deux, tu aurais sans doute préféré qu’il finisse ça rapidement. Que tu n’ai plus mal. Mais Ian sait faire preuve de délicatesse quand il s’agit de te maintenir en vie, il sait faire preuve de douceur quand il ne faut pas abimer ton visage. sans doute la dernière chose qui lui plaisait encore chez toi, vu toutes les autres choses qu’il a abimé. Ton corps ressemble à un champ de mines, mustéfié et abîmé, lacéré et détruit. Ta peau ressemble à une scène de guerre, vallonnée par les bleus, par les bosses, par les coups.

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Tu es là, plantée au milieu des gens qui vont et viennent à la mesure qu’ils aperçoivent ceux venus les chercher. Tu es là, au milieu de la foule, de la houle de l’euphorie des retrouvailles, du brouhaha de l’agitation du terminal d’arrivées de l’aéroport de San Francisco. Il n’est pas encore quatorze heure. Tu es là, debout, ton sac à tes pieds, tremblante un peu. Ton corps amaigris dans tes vêtements un peu trop grand. Tu es là, ton visage délavée, tes bras encore recouverts de bleus et pourtant, tu as l’impression d’avoir le coeur léger pour la première fois depuis des semaines, des mois, des années. Comme une sensation de liberté en toi qui te fais du bien d’un coup. Pourtant, tu te sens nerveuse à l’idée de le voir, après toutes ces semaines, après tous ces jours, après toutes ces histoires. Tu t’es  couvertes les bras et les jambes, tu ne veux pas qu’il voit, pas les marques, pas les coups. Tu ne veux pas que cela viennent gâcher ce moment, ce moment que tu attends depuis que tu es montée dans l’avion. Ce moment, qui fait battre ton coeur plus fort dans son écrin de chaire. Et tu regardes tout autour de toi, pour apercevoir ces yeux que tu pourrais reconnaître entre mille, pour apercevoir, ses traits que tu connais par coeur. Tu as l’impression, d’être de retour dans la voiture, de retourner à cette soirée, que cette fois tu pourrais prendre la bonne décision,, que tu pourrais faire le bon choix. Que tu pourrais le choisir lui, plutôt que tout ça, que tu pourrais te sentir pousser des ailes avec Sam.

Et quand tu l’aperçois enfin, perdu au milieu de la foule, perdue au milieu des gens, ton coeur loupe un battement, ton souffle s’apaise et toutes tes peurs semblent s’évanouir quand enfin, après une éternité vos regards se croisent. Et tu te perds, trop longtemps dans ce moment, comme figée, incapable de faire un pas vers lui. Et ton coeur s’agite dans ta poitrine, comme s’il voulait sortir de là. Et tu souris, un peu bêtement quand tu captes son regard, quand vous restez là, quelques instants à vous contempler. Et tu as peur, de faire un pas de travers, d’être trop maladroite, de ne pas avoir le bon geste. Tu devrais faire quoi là tout de suite, maintenant ? Lui sauter dans les bras, attendre qu’il vienne à toi ? Et puis comme instinctivement, quand ton corps voit bouger le siens vers toi, c’est tes pas qui te portent, c’est tes jambes instinctivement qui s’en vont vers lui, laissant ton sac par terre, laissant tes doutes là où tu te trouvais avant. Un pas, deux pas, trois pas, de plus en plus vite. jusqu’à atterrir devant lui  et sentir le monde autour de vous s’arrêter. Et le monde pourrait s’effondrer là, il pourrait tomber en ruine, exploser, la terre changer de sens, rien ne pourrait avoir plus de force que ça. Rien ne pourrait être plus fort, que ce qui t'attire à lui.

Et tu restes là, à quelques centimètres de lui, un peu maladroite sans savoir ce que tu devrais faire, ce que tu devrais dire maintenant qu’il est là face à toi. peur d’être maladroite, de le toucher et qu’il s’évanouisse comme un nuage de fumée. Pourtant, ta main, lentement, doucement s’élève calmement pour aller frôler sa joue délicatement. Pour  la caresser , la frôler du bout des doigts. Et juste ce simple geste, provoque en toi, un milliard de frissons. Muette et immobile, ta main s’arrête sur sa joue. Il est bien là, tu ne rêves pas. «-Tu es venu.» tu souffles enfin en laissant ton corps aller heurter le sien, peut-être trop violemment. Et là, au milieu de l’aéroport de San Francisco, tu te laisse imprégner par la chaleur de Sam, par l’odeur de son parfum, par sa présence qui te donne ce sentiment de sécurité que tu n’avais pas ressentie depuis longtemps.


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Sam Diaz
Sam DiazPetite pute
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Sweetness ; Sam  EmptyDim 6 Oct - 22:30

 
Don’t let me down
Saw you crawl into my bed
«Cause you’re so far from home...
The crack in your eye
Invited all of this light »

Tu sais pas vraiment à quel moment t’as abandonné l’idée d’être avec elle. Sans doute peu de temps avant qu’elle se sépare de son parasite. Quand elle t’a dit qu’elle le quittait, qu’elle se sentait bien mieux de l’avoir quitter et puis qu’elle t’a dit qu’elle était bien seule. Heureuse. Tu sais pas vraiment à quel moment t’as abandonné parce que t’es même pas certain d’avoir eut un jour l'espoir de fréquenter Lila. C’est comme si vous avanciez dans deux univers différent l’un et l’autre, comme si tu voyais son univers parfois se heurter au tiens, sans vraiment que l’impacte n’arrive à briser ses barrières. Et puis quand vous avez décidé de vous donner rendez-vous pour la première fois et qu’elle a annuler en te disant qu’elle voulait pas que tu l’utilise pour un article, t’as compris aussi beaucoup de choses. Déjà, t’as compris que la vision qu’avait Lila de toi, n’avait jamais changer. Qu’elle n’avait jamais essayer de gratter sous la surface pour tenter de te connaître comme tu l’espérais mais qu’elle s’était contenter d’en rester là. De rester à cette image de toutes les femmes qui t’entourent. Peut-être même que ta propre mère te voit comme ça. Et que le seul à ne pas être en accord avec cette vision-là, c’est toi-même. Tu sais que Sun aussi, quelque part, pense que t’es juste un garçon froid, charmant et un peu trop imbu de lui-même pour ne serait-ce que ressentir quoi que ce soit pour une autre personne que lui. Lila a jamais cru possible que tu puisses l’aimer. Non seulement parce qu’elle a une vision biaisée de toi, mais aussi parce quelque part, tu l’as découvert un peu au cours de tes entrevues avec elle, elle pense qu’elle ne mérite pas mieux que ce qu’elle a déjà. Elle s’imagine que t’es de ceux qui ont des listes. De ceux qui les enchaînent et qui se prennent jamais la tête à ramasser les coeurs brisés dans ses sillages. Elle s’imagine que t’es le genre de type à rigoler et comparer avec des photos. Que tu les collectionne comme une sorte de trophée sans jamais te poser de question. La vérité est toute autre, Sam. La vérité c’est qu’à chaque fois qu’il a été question de sentiments, tu n’as jamais eut les couilles de t’engager. Qu’à tout moment tu es capable de fuir, lorsque ça devient trop intense. Tu ne fais jamais de promesses que tu ne peux pas tenir, simplement parce que tu sais que ce serait trop compliqué pour toi de justifier des choix et des fuites. Alors tu dis toujours aux femmes que tu fréquentes que tu veux t’amuser. Qu’au fond tu attends le grand amour et que tu veux pas t’engager avec n’importe qui, n’importe comment. Et parfois elles comprennent. Parfois, elles s’imaginent simplement qu’elles peuvent être spéciales et elles tentent de t’amadouer sans jamais vraiment réussir. Tu sais pas pourquoi Lila et pas quelqu’un d’autre. Pourquoi c’est d’elle que tu es tomber amoureux et pas d’une autre. Pourquoi c’est avec elle que tu as envie de faire des choses et pas une autre. Tu sais simplement que c’est avec elle que tu ressens le plus. Qu’elle te fait cet effet assez étrange au fond de toi. Celui de perdre le contrôle et d’en vouloir encore un peu. Encore un peu plus. Sans jamais réussir à te laisser aller complètement. Tu sais que t’es tomber amoureux de Lila presque tout de suite après avoir commencé à discuter véritablement avec elle. Et que tu sais peut-être pas quand t’as abandonné mais tu sais que c’est son premier rire qui a déclenché le premier battement.

T’as définitivement laisser tomber l’idée quand tu t’es retrouvé là, en face d’Ian et qu’il t’a fait comprendre que c’était toi ou lui mais que vous survivrez jamais ensemble dans le même univers. Quand il t’as fait comprendre que cette manche-là, il l’avait gagnée et que maintenant, t’avais plus d’autres choix que de partir loin , dans un endroit que tu déteste, avec des gens que tu détesterais sans doute. T’as compris aussi que tu pourrais jamais t’engager avec Lila tant que cette histoire avec Ian ne serait pas totalement réglée. Tu peux pas tenter de construire des choses sur un terrain trop glissant, boueux, trop affaibli. Tu peux pas essayer de construire des choses sur un manque de confiance en toi, un manque de confiance en-même et puis avec un ex qui lui tourne autours. Alors t’as juste laisser tomber. T’as casser la gueule d’Ian par principe, surtout, pour défendre son honneur mais tu savais déjà que vous deux c’était mort. Que de toute façon, elle préférait encore Ian à toi. Ian à ce que tu pourrais lui faire. Parce que Lila t’imagine comme une sorte de marionnettiste, capable de manipuler toutes les personne qui l'entoure avec une facilité déconcertante. Elle s’imagine qu’en toi, pas une once de sincérité n’est possible. Et qu’avant tout, tu n’agis que par intérêt.

Pourtant, c’est pour elle que t’as décider de partir. Pour elle que t’as décidé que c’était mieux. C’est pour elle que t’a abandonner ton seul et unique rêve. Cette université et ce cursus que tu voulais faire depuis tes onze ans et pour laquelle tu as avais travailler plus que n’importe qui. T’as laisser tomber l’un de tes plus grands rêves et surtout l’une des choses les plus importantes du monde pour toi. Parce que t’as toujours juré que par ça. Et il faut dire aussi que c’est pas à elle que t’en veux. Pas contre elle que t’es en colère. Tu en veux surtout à lui, à ce putain de parasite prêt à détruire des vies quand ça l’arrange. Quand il n’obtient plus ce qu’il veut. Putain de capricieux, tellement prêt à croire que tout lui appartient, même les gens. Tellement prêt à croire qu’il peut exiger qu’on l’aime, comme si c’était une évidence. Tu le détestes c’est devenu viscéral.

- - -

T’as poser tes valises dans cette petite chambre étudiante, perdue parmis tant d’autres au milieu de cette fac. Et au départ, t’as essayer de rester positif, tu t’es renseigné sur le cursus scolaire, sur les cours à suivre qui t’intéresseraient le plus. T’as été accueillis en fanfare par le doyen et l’un des maître de conférence qui t’as parler de l’honneur que c’était d’avoir un étudiant aussi brillant et aussi talentueux. Eux-même ne comprenaient pas vraiment pourquoi tu quittais un cursus aussi prestigieux pour te rendre dans l’un des cursus les plus médiocre du pays. Ton inexplicable arrivée avait fait un peu de bruit dans les couloirs et entre les professeurs et maîtres de conférences puisque dès ta première semaine de cours, tu as été placé dans les meilleurs cours, aux meilleurs horaires, et avec les professeurs les plus renommé. Si l'on peut vraiment utiliser le terme renommé. Ceux avec les meilleurs statistiques serait une formulation plus exacte. Parce que les semaines passent, elles s'enchaînent et tu te rends compte d’à quel point le niveau à baissé. Tu n’as même plus vraiment besoin d’étudier, d’ailleurs, après le bonheur de t’avoir comme étudiant, les professeurs commencent à s’agacer de te voir les corriger à peu près six fois par cours , tous bien forcés d’admettre que tu es déjà meilleurs qu’eux sur un panels de sujets bien trop grands pour pouvoir rivaliser.

Et puis dans un sens, tu te dis que ce n’est pas si mal. De cette façon, tu as le temps de t’occuper de ce qui te préoccupe vraiment : Le parasite. Tu n’es pas là pour t’amuser et si tu as choisi la solution de replis, c’est bien évidemment pour te laisser le temps de te préparer. Et de préparer ta prochaine attaque afin qu’elle soit la toute dernière. Tu n’as certainement pas l’énergie de jouer au chat et à la souris avec un macaque qui piaille et qui beugle toute la journée en déclarant que toute la terre lui appartient. Tu n’as certainement pas la patience non plus. Et puis, tu le sais, tu l'espère en tout cas, tu es la personne la plus intelligente dans ce conflit et tu ne te laisseras pas avoir par de stupides sentiments. Tu vas faire ce que tu as toujours fait, c’est à dire , préparer tes prochains coups, et puis ne pas te laisser abattre par les provocations futiles de l’adversaire.

Le problème c’est que c’est plus facile à dire qu’à faire parce que ce parasite n’est franchement pas malin mais il sait comment t’agacer. Il sait toucher les nerfs qui te font mal, il sait comment t’épuiser psychologiquement aussi. Jours après jours, il t’envoie de nouvelles photo de Lila, battue… très certainement violée et jours aprés jours tu tente de ne pas te laisser entraîner par tes émotions. Tu supportes pas cette faiblesse. Tu supportes pas toutes ces images qui te tiennent éveillé toutes les nuits, à t’en rendre malade. Et pas seulement celles-là, malheureusement. Pas seulement celles de Lila mais toutes celles que comporte le téléphone du parasite. Des centaines et des centaines de photos de tout un tas de filles différents. En criminologie, on appelle ça des trophées, chez les humains normaux, on appelle ça une monstruosité. Tu n’as pas oser en parler à qui que ce soit. Et surtout pas à Helanio, mais dans le téléphone d’Ian Walker, y’a tout un dossier au nom de ta soeur. Et t’as pas encore eut le courage de l’ouvrir, même si tu sais que tu vas bien devoir un jour. Que ça fait partie des preuves irréfutables contre lui et contre toute sa petite bande. Et plus les images terribles défilent sous tes yeux, plus la gerbe te monte, chaque soirs et plus t’as envie de les envoyer dans le trou le plus profond, le plus sale, le plus horrible. De les y envoyer vivant et qu’ils se dévorent entre eux comme les monstres qu’ils sont, et que le dernier crève de faim. Mais, heureusement , t’es pas un monstre toi. T’es pas comme eux. T’es bien au dessus, et chacune de leurs conversations de le confirment. T’as pas besoin de te salir les mains avec eux, parce que tu vas monter le dossier le plus solide qu’une cour ait jamais vu, tu vas le faire plus rapidement que n’importe qui et tu vas t’assurer qu’ils seront emprisonner avec les bonnes personnes pour qu’ils revoient plus jamais la lumière du jour. Et t'espères bien qu’en chemin ils souffriront comme personne n’a jamais souffert.Tu espères que ce sera long et douloureux. Et que si par miracle l’un d’eux n'échappe à ton courroux, que si l’un d’eux arrive à s’en sortir, il soit assez traumatisé pour ne plus jamais avoir envie de s’approcher d’une seule femme sans craindre que tu lui tombe dessus. T’auras prévenu Ian, il ne sait sans doute pas à quel point tu es prêt à aller loin, et comme tu peux être fou, lorsque tu le décide.

- - -

Quand t’as rencontré Madison, au départ, c’était qu’une distraction nécessaire à ta folie. Juste une bulle de réconfort et puis de légèreté dont tu avais besoin dans un quotidien devenu sans doute un peu trop violent. Tu sentais que tu t’enfermais trop dans la haine et t’as décidé que c’était plus sain pour toi de t’accorder quelques poses. Au départ, c’était rien de sérieux pour toi. Qu’une fille de plus dont tu oublierais le nom sitôt passé la porte de son appartement. Et puis t’as appris la position de son père. Son métier et combien il pourrait t’être utile dans l’avenir. T’as vite compris qu’un peu d’aide venu d’un peu plus haut ne serait pas de refus alors peut-être pour la première fois de toute ta vie, tu as menti sur tes sentiments, prétendu d’être tomber amoureux et t’as un peu baratiné cette fille , simplement pour t’assurer que lorsque tu auras besoin d’elle, elle saurait se rendre utile. Ce n’était pas franchement compliqué parce qu’elle est d’une bêtise à couper le souffle. Très sincèrement, tu n’avais jamais croisé de personne aussi bête et aussi naïve depuis … Comment s'appelait-elle déjà ? Raven. C’est ça. Depuis Raven. Et puis au fur et à mesure tu t’es rendu compte qu’elle ou une autre , c’était pareil. Tu ne l’aimerais jamais, t’en aimerais pas plus une autre. Tu n’aime pas ce genre de femmes et pourtant ce sont les seules qui veulent bien s'accommoder d’un type comme toi. C’est peut-être le rêve de te changer. De te faire devenir un nouvel homme. Une personne plus acceptante et agréable qui les excite. T’en sais rien. A mesure que tu te montre gentil avec elles , elles tendent à se sentir simplement spéciale. Parce qu’elle pensent avoir réussi ce que personne d’autre avant elles n’ont réussi et tu joues de ça. De ces convictions stupides. De cette croyance idiote du prince charmant capable de se transformer lorsqu’il croise la bonne personne. T’es pas un prince disney, toi. Et tu crois pas à ce genre d’amour. Avec tout ce qu’il s’est passé d’ailleurs, t’es même pas certain de croire encore en l’amour tout court. Du moins, pas pour toi. T’as l’impression que c’est plutôt destiné aux autres, ça. Et malgré tout ce que tu fais pour elle, tu vois bien que Lila pense aussi ça. Alors tu désespère un peu plus tous les jours. Tu t’investis dans cette relation qui ne te fait rien ressentir. Rien. Même pas un peu d’excitation. Et Madison se plaint que tu perds ta libido. Le soucis c’est qu’à chaque fois que tu fermes les yeux, t’as du mal à ne pas voir toutes ces images. T’as du mal à ne pas entendre les plaintes dans toutes les vidéos que t’as dû visionner. Et que tu dois écouter et réécouter encore et encore et encore et encore. Les supplications un peu étouffés dans les voix de ses filles, au fond de cette cabane sordide, où la moitié des gens que tu connais ont passé énormément de leurs soirées. La putain de cabane de Markus Cruz, le batteur du groupe. Et puis les filles qui y défilent et puis les mecs qui prennent des vidéos à chaque fois, des photos et les rires un peu trop sordides de tout ces gens qui se rendent pas compte qu’à quel point c’est grave. Tu arrives plus à supporter les images.

Et tu te rends compte que t’es encore un peu trop fragile. Que si tu veux faire le métier que tu fais, faudra que t’arrive à passer outre toutes ces images, et puis toutes ces choses en général. Tu sais que tu peux pas te laisser aller aux sentiments dans une affaire aussi sérieuse. C’est pas de ça dont elles ont besoin , ces filles. Elles sont pas besoin que t’aie pitié d’elles. Pas besoin que tu sois compatissants. Elles ont besoin de se sentir en sécurité. Elles sont besoin que leurs agresseurs soient punis. Elles ont besoin qu’on les vengent et c’est ce que tu compte faire. Tu penses à ta soeur, avant tout. Avant toutes les autres, tu penses à ta grande soeur, qui a toujours pris soin de vous quand vous étiez petits, toi et Leo. Tu penses à toutes les choses qu’elle a vécu et au fait qu’en ce moment, elle va mal. Assez mal pour que Sun n’arrive pas à la contrôler. Tu penses à elle et t’espères qu’elle comprendra que c’est avant tout pour elle que tu fais ça. Que c’est aussi pour elle que t’essaies de contrôler les humeurs massacrantes de son petit ami. Et t’as beau te rendre compte que t’es faible, que t’as du mal à faire avec, t’as beau essayer de te renforcer et de ne pas ressentir de dégoût et de colère, tu sais que tu n’y arrives pas. Alors oui, tu t’enfonce toujours un peu plus dans cette relation avec Madison, la seule peut-être assez patiente ou assez bête pour supporter ton absence de sourire. Parce que c’est surtout ça, qu’elle te reproche. Le fait que tu souris jamais. Que t’ai l’air si malheureux, ou du moins, le fait que t’ai l’air toujours si absent, toujours dans tes pensées. Elle l’accepte et elle essaie de te rendre heureux. Et tu finis par comprendre un peu pourquoi les gens ont tant besoin d’avoir quelqu’un qui soit là pour eux. Tu te rends compte que ça te fait du bien, d’avoir quelqu’un qui veuille bien supporter tout ça, sans même vraiment savoir de quoi il s’agit.

- - -
Ça fait maintenant plus d’un mois que t’es à San Francisco. Et tu ne t’habitue toujours pas au climat ambiant de la ville, c’est même pire que ça. Tu détestes vivre ici. Tu déteste la californie. Plus que tout au monde. Tu détestes avoir à supporter tout ces gens qui t’entoures et que tu prétends appeler amis pour faire plaisir à Madison. Par dessus tout, tu déteste te sentir si loin de ta famille. Tu ne pensais pas qu’elle pourrait autant te manquer avant. Tu pensais pas que ce serait si difficile pour toi. T’as jamais vécu ça avant. Ne pas pouvoir aller voir les petits le mercredi après-midi avec Leo et faire une sieste avec eux sur le canapé des parents. Ne pas entendre Mae poser toutes les questions qui lui passent par la tête et Tim répéter après elle, ou même ne pas avoir l’occasion de simplement te disputer avec ton frère. Tu te sens seul ici. Tu te sent désespérément seul. Tu te rends compte malgré tout , qu’au fond t’es comme tes frères et soeurs. Que t’as un esprit de famille et que sans eux, tu te sens vraiment beaucoup trop seul. Tu te rends compte aussi que même de très loin, tu peux encore compter sur Leo. Parce qu’il t’appelle pratiquement tous les soirs pour te donner des nouvelles d’elle. Parce qu’il a bien voulu accepter de la laisser vivre chez eux avec Alma et qu’ils ont pas hésité une seule seconde à bien vouloir la protéger, sans pour autant connaître le contexte. Ça fait plusieurs semaines qu’elle est chez eux et que t’as l’esprit un peu plus tranquille pour te concentrer sur ton enquête qui avance à grand pas. Pourtant, t’es tombé tu penses, sur certaines choses sur lesquelles tu n’aurais pas dû tomber. Des bases de données assez étranges en piratant l’ordinateur du père de Ian. Et puis à fortiori, cette même base de donnée, te dirigeais vers celui du père de Lila. Et à force de fourrer ton nez là où tu devrais pas, t’as appris énormément de choses. Sur Lila. Sur Ian et sur ce qui les lient. En dehors de leur histoire d’amour bancale que t’as jamais compris. Des accords visiblement très illégales , un échange de mail qui parle d’un garçon dont tu ne reconnais pas le nom, débattant de celui qui héritera de leur empire. Et tu comprends pourquoi Lila t’assurait que ce n’était pas si simple de se séparer d’Ian. Visiblement aucune séparation n’est possible du point de vue de ses parents. Et ce nom revient sans arrêt. Peter, Peter, Peter, pourtant, que ce soit dans l’entourage des Rosewood ou dans celui des Walker, rien n’évoque vraiment un homm, un projet, un dossier, une personne et même une femme qui pourrait porter le nom de Peter. Comme si l'existence de ce Peter avait été complètement effacé. Une autre chose étrange que t’as pu constater : Toute la famille de Lila a de faux papiers. Pourquoi ? Pourquoi une famille si influente aurait de faux papiers ? Alors t’as creuser encore un peu plus évidemment. T’as pas laisser ça en suspend. Et tu continue encore de creuser sans trouver une quelconque explication à tout ça. C’est pourtant bien leurs vrais noms.

La question te brûle les lèvres mais tu peux pas la poser. Lila n’est pas en état de débattre avec toi et puis tu sais aussi qu’elle supporte à peine ta présence par sms. Et toi, tu essaies un minimum de garder tes distances parce que tu sais que le moindre signe trahissant un contacte entre vous apporterait à Lila des ennuis avec Ian s’il la retrouvait. Et ça aussi c’est dur. Parce que d’un jour à l’autre, elle t’aime ou te repousse. Elle ne te laisses jamais véritablement d’autres choix que celui d’accepter qu’elle soit incertaine à propos de toi. Tu sais qu’elle est pas en état non plus pour tes discours à l’eau de rose et puis tu sais que t’es pas bien placé pour lui demander que vous vous aimiez. Toi t’es avec Madison et elle, elle est en reconstruction. Et au fond, tu sais, t’es trés lucide, quand elle sera reconstruite, c’est pas avec toi qu’elle voudra être. Plutôt avec un mec comme Leo ou un comme Markus. Les gentils de la bande. Ceux qui seraient incapable de lui faire du mal, même s’ils le voulaient. Toi, t’es certain que même sans le vouloir, t’arriverais à la blessé. T’es résigné depuis longtemps, à n’être là qu’à distance. T’es résigné depuis longtemps, à n’être qu’un passage à vide avant qu’elle se crée une vie dans laquelle t’es certain de n’avoir aucune place. Encore aujourd’hui, tu sais pas pourquoi elle t’inspire autant un instinct de protection. Peut-être ce côté fragile comme un petit oiseau tombé du nid. T’en sais rien, en vérité. Tu sais juste que tu veux pas lui faire de mal, surtout pas de mal à elle. C’est peut-être aussi pour ça que tu gardes tes sentiments pour toi. Tu te sens pas capable de lui dire que tu l’aime. Parce que t’es presque certain que ça la ferait fuir. Et puis t’as l’impression de te battre contre des forces plus grandes que toi. Alors tu te concentre sur le plus important. L’enquête. Sa reconstruction. Toi, tu passes après. Bien, bien après.

- - -

Il est quelque chose comme onze heure du matin quand elle t’envoie un sms pour te dire qu’elle arrive. Qu’elle a envie de te voir. Tu ne sais pas vraiment comment reagir sur l’instant. Parce que deux ou trois jours avant, elle te disait qu’elle ne voulait plus jamais te parler. Maintenant, elle te dit qu’elle arrive dans moins de trois heures et toi, t’es là, devant ton ordinateur, les dossiers de toutes les victimes à moitié ouverts, des photos terribles qui se cachent à l’intérieur. Tu regarde l’état de ton studio et tu constates que tu as dû passé plusieurs jours à travailler parce que les emballages de nourritures s’entassent autours de toi. Des notes accrochés aux murs et puis des questionnements. Encore et encore des questionnements. Elle te dit qu’elle arrivera à quatorze heure et il te reste donc deux heures à peine pour te préparer et caché tous tes dossiers, entasser aux quatre coins du studio. Et puis peut-être tenter de ranger aussi. Tu croises ton reflet dans le miroir, ça fait un moment que tu n’es pas sorti, que tu n’as pas prit la peine ni de prendre de réelle douche, ni de vraiment te raser. Tu te reconnais à peine. Tu ouvres les rideaux ainsi que la fenêtre pour aérer et tu t’active à détacher du mur toutes tes notes, toutes les photos, précautionneusement, tu reclasse tout tes dossiers pour les ranger dans l’organiseur de ton bureau. T’essaie de changer tes draps le plus rapidement possible et puis tu prends la peine de nettoyer le champ de mine de miettes qui s’étale sur toute la surface du sol de ton appartement. T’as jamais été vraiment soigneux et encore moins une fée du logis, et puis t’as sans doute un peu trop prit l’habitude que Leo nettoie derrière toi, vu qu’il travaillait pas et qu’il restait toute la journée à la maison ,c’était plutôt lui qui s’occupait du ménage et encore, ça n’avait jamais été vraiment le genre d’appartement constamment propre. T’es pas doué pour les tâches ménagères et ça se voit, parce que même après avoir ranger, t’as l’impression que c’est toujours sans dessus dessous. T’as toujours l’impression que c’est crade et puis t’as pas l’habitude de recevoir des filles chez toi. Généralement, c’est plutôt toi qui te déplace, par pur honte de ton intérieur. Tu fais passer ça pour de la galanterie. Tu t’inventes des attitudes pour gâcher les défauts, encore une fois, tu ne peux pas le faire avec Lila. Et c’est sans doute la seule fille qui est entrée dans ce studio horrible depuis ton arrivé à San Francisco. Et pourtant, des filles, t’en fréquente plus d’une. Au delà de Madison avec qui tu n’es absolument pas fidèle. Madison, que tu dois larguer d’ailleurs. Tu avais presque oublié.

Oui, presque oublié tellement ça te parait irréel qu’elle t’ait avouer avoir envie d’être avec toi. Plus qu’un ami. Plus qu’un collègue, elle t’a dit qu’elle voulait être avec toi. Et t’as pas pu résister à l’envie de lui dire oui, même en sachant que ce ne serait peut-être pas une bonne idée parce qu’en rentrant à Chicago, elle devra affronter la réaction de Ian sans toi. Sans ta présence. Alors ouais, tu sais bien au fond, que tu ne devrais pas. Tu ne peux pas t’en empêcher. Tu peux pas t’empêcher de vouloir être avec elle.

- - -

T’es bien en retard quand t’arrive enfin sur le parking de l'aéroport, et tu tournes pendant un long moment avant de trouver une place. T’es bien en retard et pourtant, t’as le coeur qui bat à tout rompre, t’arrive presque à te demander si c’est une sale blague de Leo, ou si tu l’as pas imaginer, dans un délire motivé par la fatigue et le poid psychologique de cette enquête et du quotidien loin des tiens. Et la question tourne dans ta tête alors que tu cherches le terminal où tu dois aller la récupérer, bondé de monde. Tu la cherches des yeux, sans arrêt. tu la cherche et enfin tu l’aperçois, là, au milieu de la foule. Minuscule et fragile comme une petite brindille, les yeux gris délavés , grands, immenses qui t’absorbe complètement, ça te stoppe dans ta course. Et tu restes là à la regarder. Tu restes là, à l’observer, un peu bête parce que ça parait presque irréel. Et parce que pour la première fois de ta vie t’as pas penser à ce que tu allais dire. T’as pas penser à ce que tu allais faire. T’es stoppé dans ta course, à quelque mètre d’elle, terrifié en vérité. Qu’elle s’envole. Que ce soit un rêve ou un cauchemar. Qu’elle s’évapore entre tes bras, que tu réveille. Tu veux surtout pas te réveillé. Et puis elle te regarde elle aussi. T’arrive pas à sourire ou même à à réagir. Tu voudrais t’avancer, la prendre dans tes bras. Mais au fond,t’es même pas certain que c’est la chose à faire parce qu’elle est tellement abîmée. Et ça te serre le coeur, parce que tu sais ce qu’elle cache sous ses manches, sous son jean. Tu sais ce qu’elle cache là dessous. Des bleus et des blessures. Tu veux pas lui faire mal ou même la brusquer. Alors t’es un peu con.

C’est elle, qui fonce sur toi. Elle qui s’avance et qui s’arrête tout prêt et ça te sort de ta torpeur, un peu. Tu te souviens que tu dois respirer. Tu sens que tu tremble un peu, que tu frissonnes quand ses doigts frôlent ton visage. Tu sais pas quoi dire. T’es juste fasciné par son visage. T’en avais presque réussi à te convaincre d’oublier ses traits. «-Tu es venu.» Elle souffle et tu hoches la tête, tu sens tes joues qui chauffent plus fort encore quand elle se serre contre toi et tu forces tes bras à réagir et enfin tu la serre contre toi. Tu glisses tes doigts dans ses cheveux et tu penches enfin ta tête, timidement pour glisser tes lèvres sur son front. T’oses pas encore l’embrasser et tu sais pas vraiment où t’en es. Tout va tellement vite. Vous restez là pendant longtemps, et tu veux pas la lâcher. T’as encore peur de te réveillé. «-Je t’avais promis que je viendrais… Je tiens mes promesses.» Tu souffles contre son front avant de te détacher d’elle,encore trop rougissant, pour avancer et prendre son sac, en inspirant lentement. «-Tu dois être un peu fatiguée par ton voyage, je n’ai pas trouvé de place proche… Je suis désolé. Tu veux aller manger un peu ? Ou te reposer un peu chez moi ? » Maintenant que t’es son petit ami, t’as aucune idée de ce que tu dois faire pour lui faire plaisir. Tu te sens ridicule, un peu. Et tu regarde autours de toi, parce que t’as pas envie de la regarder dans les yeux, t’as peur qu’elle remarque comme t’es stressé. Pourtant t’es vraiment heureux pour la première fois depuis des mois. Et tu voudrais pas que ça s’arrête


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Sweetness ; Sam  EmptyMar 8 Oct - 21:37

Sweetness'


Souvent il te laisse là, le corps meurtri, la tête aussi, et tu restes là, allongée contre le matelas à attendre que ça passe, la douleur que tu ressens dans toutes les parcelles de ton corps, la lourdeur dans ton crâne. Tu restes là, la tête contre l’oreiller à retenir tes larmes alors que lentement il se met à caresser la peau de ton dos dans un geste qui se voudrait presque tendre. Sauf qu’il n’y a plus de tendresse, il n’y a plus rien de tout ça dans votre relation, dans ta vie, dans votre vie. Il n’y a plus de tendresse, pas même celle qu’il tente d'instaurer entre vous. Car chacun de ses gestes fait comme l’effet d’une lame qu’il passerai sur ta peau pour la lacérer de plus en plus profondément. Tu te demande, s’il les remarque, s’il en tient compte, des marques violacées qui naissent sur ta peau, s’il se rend compte qu’il est le responsable de ça ou non. Tu te demande, car quand il dessine sur ta peau des traits de ses doigts, il semble ne pas se rendre compte à quel point il a pu t’abimer, a quel point tu es brisé dans l’intérieur de ta chaire. Tu te demande, s’il le voit, alors que lentement, il parcourt toutes les parcelles de la peau de ton dos, effleure ta colonne et dessine toutes les formes de tes os qui ressortent. Puis il s’arrête, comme si d’un coup, la douceur était de trop, comme si le moment n’avait plus lieu, comme si tout ça, ce n’était qu’une comédie pour un spectateur qui vous aurez surpris le temps de quelques secondes. «-Habille toi maintenant. On nous attends chez tes parents.» Il souffle comme un ordre en se relevant pour aller prendre une douche. Tu attends que l’eau coule, pour te mettre à pleurer silencieusement, recroquevillée entre les draps. Et tu gardes tes sanglots le plus possible, à l’intérieur de tes yeux pour qu’il ne les voit pas.

Son bras passé autour de ta taille, son immense sourire aux lèvres et sa voix qui se veut charmeuse, chantante, envoutante. C’était tout ce que tu aimais avant, c’était tout ce que tu préférais avant. Etre là, au milieu des gens, avec Ian à tes côtés qui vantait à quel point il avait de la chance de t’avoir, à quel point tu étais belle dans ses yeux. C’est tout ce que tu aimais avant, le sentir tout contre toi, comme protection de tout ce monde dont tu n’as jamais eut l’impression de faire partie. Tu aimais, sentir son souffle contre ton cou, ses blagues à ton oreille et la chaleur de ses baiser sur ta tempe. C’était tout ce que tu aimais. Quand est ce que tout a basculé ? quand est-ce que tout ça est devenue trop froid, trop inquiétant, quand est-ce que Ian a commencé à te faire peur de la sorte ? Quand est-ce que son souffle est devenu glacé , quand est-ce que ses lèvres contre ta tempe ont commencé à te faire l’effet du guidon glacé d’un révolver ? Quand est ce que tout ça a changé ? Et pourquoi, tous ces gens autour de vous font comme si tout allait bien. Comment font-ils pour ne pas voir ? La peur dans tes yeux, la poigne de Ian qui n’a plus rien de tendre autour de tes hanches ? comment ? Et tes parents, pourquoi ? Pourquoi restent-ils là à vous regarder de l’autre côté de la pièce, à sourire quand vos regards se croisent alors qu’ils savent tout. Pourquoi restent-ils comme ça ? Insensibles et froid à regarder leur fille les appeler au secours sans même bouger ? Pourquoi ? Dans ce monde si froid, personne ne semble capter les appels au secours dans ton regard ? pourquoi… personne ne semble comprendre que tu hurles à l’intérieur de toi, qu’on te libère de tout ça ?

---

Il n’arrête pas, de t’envoyer des messages, il n’arrête pas de faire vibrer ton portable à tout heure du jour et de la nuit. Ses messages son confus, étranges. Parfois ils se veulent tendre et d’autre fois ils sonnent simplement comme des menaces. Et plus tu les ignore et plus il te semble qu’ils sont nombreux les messages de Ian. Plus les sms s’accumulent dans ton portable.

Ian :
Lila rentre à la maison, on peut se réconcillier.



Viens, tu me manques, rentre s’il te plait, je vais faire des efforts. Tu sais que je t’aime comme un fou.



PUTAIN RENTRE SALE PUTE.



Je sais pas où tu es, mais quand je vais te mettre la main dessus , il faudra qu’on parle Lila.



T’es avec cette salope d’Alma ?! Je suis sure que t’es avec elle, elle nous évite bien soigneusement. Elle te bourre le crâne de conneries cette conne je suis sure.



et ça fait des pages et des pages de messages qui s’accumulent sur ton portable, tu n’as même pas osé tous les lires, tu n’as pas osé tous les regarder. Tu ne veux pas lire, les menaces, les mensonges, toutes ces choses qu’il lance pour te faire rentrer, pour te retrouver. Il menace toutes les personnes que tu connais, toutes les personnes auxquelles tu peux tenir. Il les menace toutes, de leurs proches aux personnes qu’il peut connaître des plus insignifiantes.
Et ton portable vibre contre ton oreille même la nuit, comme un coup de couteau qu’il tourne dans ton dos toujours un peu plus à chacun de ses mots. Rentrer. Rentrer. Toujours rentrer. Rentrer pour redevenir une poupée de chiffon entre ses doigts, pour redevenir un jouet, pour qu’il retrouve quelqu’un sur qui passer ses humeurs.

---

Tu oublie tout, tout quand tu croises ses yeux bleus qui te regarde avec cette petite  étincelle que tu n’avais jamais vu, avec cet éclat particulier que tu ne leurs connaissait pas. Pourtant, c’est la chose que tu as le plus regardé chez Sam, quand lui ne regardait pas vers toi, la couleur de ses yeux, ce bleus qui semble changer comme celui de l’océan à la mesure de ses humeurs. Du bleu si clair à des teintes plus sombres quand il s’agace. Tu aimes tellement ces yeux, qui se perdent dans les tiens quelques instants, ces yeux qui te regarde de haut en bas et qui te coupe le souffle sans rien faire de plus que de te croiser. Et tu te jettes peut-être trop vite dans tout ça, dans ce bain de douceur dont tu as besoin, dans cette chaleur dont tu as besoin. Besoin de te nourrir, de la chaleur de Sam, de son odeur, de son corps contre le tiens quand enfin il te serre dans ses bras et toi, tu te respires enfin. Il ne s’envole pas, il ne disparaît pas, il n’est pas une illusion de ton esprit torturé. Il est bien là, et tu peux le toucher, le sentir, tout contre ton coeur qui s’affole dans sa prison de chaire. Il s’agite de nouveau, comme à chaque fois que Sam est à côté, à chaque fois qu’il est à proximité, comme si ton corps réclamait sa présence pour marcher correctement. Tu t’imprègne de ça, de ce moment, de sa chaleur qui se mêle à celle de ta peau, a ce frisson délicieux qui parcours ton épiderme quand ses lèvres viennent se poser contre ton front. Et tu souffles, tout contre son torse, un souffle de bonheur de sentir sa peau contre la tienne. Sensation, d’être bien, d’être en sécurité que tu n’as pas ressentie depuis longtemps. Comme le sentiment que là, dans ses bras, rien ne pourrait plus jamais t’atteindre, rien ne pourrait plus jamais te toucher tant qu’il est là, tant que tu es là, contre lui. «-Je t’avais promis que je viendrais… Je tiens mes promesses.» il souffle contre ton front, et tu ne peux pas t’empêcher de sourire doucement au premier son de sa voix. Comme redécouvrir son timbre qui te réchauffe le coeur, comme redécouvrir la façon dont sa voix sonne dans l’air.

Ça te fais une drôle de sensation quand il se détache de toi, toujours cette sensation qu’il pourrait disparaître en quelques seconde, s’effacer devant tes yeux. Tu ne veux pas. non. Tu tente de calmer cette angoisse qui né en toi sans vraie raison. Non il ne disparaîtra pas comme ça, non pas dans un éclair. Tu peux fermer les yeux quelques secondes, respirer. Il sera toujours là. «-Tu dois être un peu fatiguée par ton voyage, je n’ai pas trouvé de place proche… Je suis désolé. Tu veux aller manger un peu ? Ou te reposer un peu chez moi ? » Tu ne sais pas trop ce que tu veux. Ça fait bien longtemps qu’on ne t’a pas demandé ton avis, bien longtemps que tu n’as pas eu le choix de ce que tu voulais faire. «-Euh.. je ne sais pas. Ce n’est pas grave pour la place. Je.. on pourrait se commander quelque chose à manger ?» Tu dis doucement, incertaine de ce que tu veux vraiment. Juste profiter de Sam. Un peu maladroitement sans doute, mais simplement profiter de sa présence à tes côtés. Car tu sais, que ça ne durera pas éternellement, ce sentiment que tout va bien. tu sais que plus loin, la tempête gronde, tu sais que tu n’aurais pas du vraiment venir ici, que s’était sans doute irresponsable, et idiot. Que tu finiras par vous, par lui, attirer des ennuis. Et comme pour te rappeler à ton bon souvenir dans ta poche ton portable vibre une fois. Deux fois. Et ton coeur se serre un peu. Tu n’as même pas besoin de regarder pour savoir. Pourtant, tu laisses échapper un soupire et tu ignores ton portable qui s’agite dans ta poche. Tu ne dois pas penser à Ian, pas tout de suite, pas maintenant.

---

La dernière fois que vous avez été dans une voiture c’était le soir de votre dîner qui devait être professionnel, c’est le soir où tu t’es rendu compte que tu pourrais très bien, trop bien, trop vite tomber pour Sam. Tomber pour son sourire, tomber pour son regard, tomber pour sa façon de s’adresser à toi. Que tu pourrais tomber amoureuse de lui, à une vitesse bien trop rapide pour que le reste puisse suivre ton coeur. Et c’est ce qui s’est passé. Les palpitations de ton coeur n’ont pas cessé depuis ce soir là. Cette sensation est étrange dans ta poitrine, de ce coeur qui tambourine trop fort et de ce tremblement dans tes mains qui ne veut pas s’estomper quand tu t’assied sur le siège passager. Tu n’oses pas vraiment le regarder, pas vraiment le toucher, tu te sens maladroite dans cette relation qui débute, tu te sens fragile. Et peut-être, sans doute que c’est là aussi la main de Ian, qui te fait te sentir trop sale, trop fragile, trop brisée pour vouloir l’approcher alors qu’il s’assied à côté de toi à la place du conducteur. Pourtant, tu ne peux pas t’empêcher de rougir quand vos yeux se croisent alors que tu le regarde sans rien dire. Que tu grave dans ton esprit tous ses traits, et tous les détails de sa peau, toutes les petites choses de son visage que tu voudrais mettre dans ton esprit pour te souvenir de ce moment. Et ça parait presque irréel d’être là, presque irréel d’être là avec lui, de penser à lui et toi comme un vous. De penser à lui comme ça. Comme de toutes ces façons dont tu t’étais interdit de penser. «-Sam...» tu dis d’une voix un peu tremblante en tentant de garder le trop d’émotions qui envahit tout ton corps depuis qu’il est près de toi. «-Je… je suis heureuse d’être là.. avec toi...» Tu souffles avant de poser tes lèvres sur la commissure de ses lèvres. Tes joues se chauffent,, tes mains tremblent et ton coeur va  exploser entre tes côtes comme à chaque fois que vos corps se touche, qu’ils se frôlent. Et tu te sens perdre le contrôle de tes émotions quand tes lèvres quittent sa peau.


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Sweetness ; Sam  EmptyVen 11 Oct - 23:54

 
Don’t let me down
Saw you crawl into my bed
«Cause you’re so far from home...
The crack in your eye
Invited all of this light »

Le problème c'est que c’est fou comme ça sonne comme une évidence, comme si t’étais toujours un peu plus léger quand elle te frôle et qu’elle te parle. T’as jamais ressenti cette chose avec personne et t’as l’impression que votre relation est spéciale. Comme une connexion dont t’arrive pas à te défaire et tu sais pas vraiment pourquoi c’est elle plutôt qu’une autre mais t’aime ça. C’est sans doute surtout parce qu’elle est brillante et fascinante et qu’elle t’intéresse. Sans doute parce que personne n’a aussi bien suivi tes chemins de raisonnement, qu’elle est la seule à comprendre lorsque tu parle d’auteurs classiques. Et peut-être que c’est rien de tout ça, aussi. Peut-être que c’est juste la douceur de sa peau. Peut-être que c’est juste la façon dont elle t'appelle, cette manière qu’elle a de sourire, lorsqu’elle le fait. Ou même de te défier, parfois. T’es juste tombé amoureux d’elle pour tout ce qu’elle est mais c’est encore plus que ça. Encore plus fort que ça et tu l’explique pas. Comme si elle avait toujours eut sa place à tes côtés et t’as l’impression qu’elle laisse un vide trop immense quand elle n’est pas avec toi. Qu’elle brouille un peu tout dans ton ventre quand elle sourit à quelqu’un d’autre que toi. L’impression qu’elle fait un peu trop tourner ton monde sans que tu t’explique trop pourquoi. Tu sais juste qu’elle est là , qu’elle a réussi à gratter la surface, qu’elle a réussi à trouver quelque part entre les failles de ton coeur, une place et que t’arrive pas à la déloger. Malgrés tous les efforts que t’as fait ces derniers mois pour ne plus l’aimer. Pour t’arrêter quand tu sentais que t’allais trop loin. T’as l’impression que tu vas jamais trop loin avec elle. Que ta peau frôle jamais assez la tienne. Et t’arrive pas à arrêter de la trouvé trop agaçante parce qu’elle est trop à ton goût. Et ça t’étonne et ça t’agace de pas savoir dire non quand elle est là. T’as l’impression que t’es plus tout à fait toi-même, qu’elle fait ressortir tout le bon qu’il y a en toi. Et parfois t’as même l’impression qu’elle a créé une nouvelle personne, que t’es seulement avec elle. T’es pas comme ça avec les autres. Tu te sens pas pareil quand c’est Lila qui est près de toi et ça te fait bizarre mais en même temps t’as envie de ça. De plus encore de ça. T’as envie de passer du temps avec elle et d’être celui que tu es dans ces yeux. Parce que y’a que comme ça que tu te sens bien. Qu’avec Lila que tu te sens bien.

Le problème, tu vois, c’est qu’elle est devenue trop vite indispensable. Lorsque tu y penses, ça te fais un peu peur de savoir qu’elle est si importante que ça. Le problème c’est aussi qu’elle fait ressortir tes faiblesses et que t’as trop l’impression d’être à vif. Elle te fait retirer ta carapace et montrer tous les contours de tes faiblesses. T’es plus tout à fait le grand Sam, quand elle rougit ou qu’elle te regarde. T’es plus tout à fait le grand Sam quand elle te fixe et qu’elle te parle. Tu perds tes moyens et c’est terrifiant, parce qu’elle a entre ses mains délicates et fragile, un coeur qui connait pas assez le monde. Elle se rends peut-être pas encore compte de son pouvoir, mais lorsqu’elle saura, t’as peur qu’elle l’écrase sans pitié. Qu’elle le détruise et qu’il en reste rien du tout, de ton pauvre coeur défoncé. Tu te sens trop à vif et sans protections et le moindre rejet lorsqu’il vient d’elle, semble te blesser plus que n’importe qui d’autre. Et bizarrement, t’attirer encore plus à elle. Mais t’es comme ça, tu sais. Tu as cette tendance à convoiter ce que tu pourrais jamais atteindre et c’est peut-être parce qu’elle t’a rejeter pendant si longtemps, que t’arrive à l’aimer si fort. Ou alors tout est dû au hasard, t’es même pas certain. Tes parents t’ont peut-être trop éduqués au destin et à l’amour qui dure toute la vie, et puis c’est un peu comme ça dans ta famille, on aime une personne pour toujours et sans repos. T’es un peu étonné toi-même, d’être attiré par une autre que Sun, parce que t’as été trop conditionné au fond, et que tu pensais que Sunflower ce serait pour toute la vie. Et puis c’est comme si, tu la trahissait un peu, elle aussi. Alors tu sais pas. T’analyses, t’intellectualises, en espérant qu’un jour tu comprendra si bien tes sentiments, que tu sauras les contrôler.

Le problème tu vois, c’est que t’as pris la mauvaise habitude de tout vouloir contrôler et que cette impression d’être en roue libre, ça te fait peur autant que ça t’excite. Et tu sais pas vraiment ce que tu ressens quand son corps se jette dans le tien, mais ça ressemble à une exaltation primaire. Un bonheur trop fluide qui s’engouffre et engourdit tes membres. Un mélange de peur et d’excitation. De bonheur et d’envies que t’arrive pas vraiment à justifier. Tu regardes autour de toi, puis finalement tu te dis que forcément, il existe pas pire que pas réussir à se contrôler, parce que t'as cette naïveté et le regard neuf qui s'attarde trop sur les fissures. De toute façon c’est pas comme si t’avais le choix. Tu peux pas faire autrement. C’est Lila et puis c’est tout. Alors tu reste là, comme un idiot, les bras ballant parce que t’as perdu un peu trop vite le contrôle des choses qui s’agitent. Tu sais ni trop quoi dire ni trop quoi faire.

Le problème tu vois, c’est que maintenant que c’est là, c’est là. Cette relation que t’as attendue, elle est là, elle est en face de toi, et t’en arrive à la conclusion que t’as trop attendu que ça arrive sans réfléchir à ce que tu ferais quand tu réussirais. T’as jamais vraiment su ce qu’il fallait faire pour rendre une femme heureuse, sans doute parce que tu n’as jamais vraiment été dans une telle situation. Tu te contente souvent de belles illusions, de mots lancés un peu au hasards et puis d’être simplement là. T’as peur de l’ennuyer ou de simplement pas être à la hauteur. Tu sais même pas quand t’as vraiment droit de la toucher et même si tu as le droit de le faire. Parce qu’elle t’arrive un peu brisé et pour toi qui a passer ta vie à douter de rien , à penser que le monde t’appartenait , tu veux pas être de ceux qui empire les choses, encore moins de ceux qui les forcent. Alors tu sais pas quoi dire ou quoi faire. Tu demandes ce qu’elle veut , parce que toi t’en a aucune idée. Tu te rappelle que t’aurais peut-être dû lui ramener des fleurs. Tu te sens encore plus bête. «-Euh.. je ne sais pas. Ce n’est pas grave pour la place. Je.. on pourrait se commander quelque chose à manger ?» Tu lui aurais presque répondu qu’elle pouvait avoir tout ce qu’elle voulait tant qu’elle demandait mais tu t’es abstenu. Tu sais pas, t’as eut un peu honte de dire une chose pareille et tu t’es mis en route vers la voiture.

- - -
Quinze minutes, c’est long, presque une éternité. Quinze minutes c’est court aussi, peut-être trop. Le genre de laps qui se termine en clignant des yeux trop de fois. T'as l’impression que quinze minutes c’est plus que suffisant pour que le monde prenne une autre tournure. Un truc définitif dont t’es vaguement conscient. Un ultimatum du destin qui te dit que c’est maintenant, ou jamais. Mais t'es trop jeune pour les plus jamais. Tu l’observes, tu prêtes attention aux balbutiements, Le moindre signe qu’elle a mal ou peur ou qu’elle a besoin d’aller plus lentement, le moindre signe qui te dirait que t’es pas à la hauteur, c’est un peu ta plus grande peur aujourd’hui. Tu sais qu’elle va voir la gueule de ton appartement, qu’elle va se rendre compte aussi, que t’es pas aussi grand que ce que tu dis. T’as peur qu’elle capte, qu’elle comprenne que t’as du mal, tout seul aussi. Quinze minutes jusqu’à la voiture, et t’es là, avec elle, et tu retrouve un peu cette situation que vous aviez quitté la dernière fois. Votre premier baiser, qu’avait un peu trop irisé ta peau, brûler tes lèvres et ton coeur de recommencer. Et pourtant t’es silencieux , et tu regarde droit devant toi. Enfoncer trop profondément dans tes pensées. Tu crains d’avoir oublié de ranger quelques dossiers. Tu crains d’avoir oublié de aéré, et puis t’as juste peur de pas savoir réagir. Tu te sens bête. Tu démarres la voiture, mais t’as pas avancer. T’es trop profondément en réflexion et peut-être qu’elle le remarque parce que tu sens son regard sur toi et ça te fait rougir un peu bêtement. «-Sam...» Elle souffle et ça te sors un peu de tes rêveries. Tu redémarre, tu cales et tu soupire un peu honteux. T’as vraiment l’impression de rien contrôler et ça te fais peur. Ton coeur semble vouloir s’échapper par ta gorge parce que tu la sens nouée. «-Euh oui, pardon, je suis dans la lune.» Tu dis, simplement avant d’inspirer longuement et de commencer à sortir du parking. «-Je… je suis heureuse d’être là.. avec toi...» Elle te dit ça et toi tu rougis comme un abruti, encore une fois, t’as l’impression de ressembler à une grosse tomate stupide. T’ose même pas la regarder mais tu sens qu’elle se penche vers toi et par instinct tu tends ta joue. T’es bête. Tu croyais qu’elle allait t’embrasser la joue ? C’est idiot. T’es idiot.

Tu perds un peu trop tes moyens et elle loupe de peu tes lèvres, t’as mis un coup de frein trop violent , sans t’en rendre compte et tu te gratte la tête. «-Pardon… Euh...Je suis un peu stressé je crois » Tu avoues un peu bêtement et puis tu te penches vers elle pour avancer doucement ta main vers sa joue. Tu voudrais qu’elle voit que c’est elle qui te fais cet effet. Tu te penches vers elle pour l’embrasser, timidement. «-Tu me fais un peu perdre mes moyens… Tu sais ? Je suis heureux aussi. » Tu tente un sourire et puis t’inspires fort pour reprendre la conduite pour rejoindre la ville.



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Sweetness ; Sam  EmptyVen 18 Oct - 17:48

Sweetness'
Tu aimes bien, les traits de son visage, tu aimes bien, cette douceur un peu étrange qu’il faut regarder de plus prêt pour la remarquer mais tu sais qu’elle est là. Qu’est existe. Et tu vois bien, qu’il n’est pas réellement comme d’habitude, tu vois bien, qu’il est stressé, angoissé ou encore même un peu anxieux à tout ce qu’il se passe. Pourtant toi, dans cette voiture tu te sens presque apaisée, rassurée… ça te fais du bien, de te retrouver là, avec lui, comme un vieux souvenir enfouie dans ton coeur depuis la première fois. La première fois que vous vous êtes embrassé, ça t’a marqué quelque part comme moment. C’était doux, c’était bien et tu as chéris ce moment un peu en secret dans ton coeur. Tu ne saurai pas dire depuis quand tu as eut cette attirance , tu supposes que c’est arrivé un peu comme ça, sans que tu ne sache trop comment. En fait, tu dois sans doute être amoureuse de lui depuis plus longtemps que tu ne veux bien l’admettre, sans t’en être réellement rendue compte car il donnait tous les efforts nécessaire pour t’être exaspérant. Pourtant, tu sais, que bien avant que vous ne vous mettiez à travailler sur Paul Young, il y avait ce truc, ce truc un peu étrange entre vous. Comme un tension étrange, un besoin de le regarder furtivement quand vous travailliez au journal tous les deux. Toujours ce sentiment étrange, même quand vous vous disputiez sur un sujet ou un autre. Toujours ce truc, un peu étrange, que les autres aussi avaient remarqué. Agnès tu l’avais souvent dit, en rigolant, qu’il fallait te calmer avant de sauter et déshabiller Sam devant tout le reste de la rédaction.
Tu n’as jamais vraiment fait attention à ces remarques, pas même de celles des filles qui lui tournaient autour et qui ne se privaient pas de te dire d’arrêté de faire semblant de ne pas être intéressé par lui. Non. Tu ne t’es jamais dis qu’un jour, ton coeur pourrait battre aussi fort en sa présence, que tu te sentirai aussi étrange à ses côté. Entre stress mais aussi apaisement confortable. Tu souris, un peu silencieusement en le regard là, dans la voiture, perdue un peu à regarder tu ne sais pas trop où. Plongé dans ses pensées comme souvent, tu vois souvent Sam prendre cette tête là quand il réfléchit, quand tu le regardais à la bibliothèque, discrètement, cachée derrière tes livres.

Oui peut-être qu’en réalité il y a toujours eut ce petit truc un peu en plus avec Sam sans que tu ne saches vraiment l’expliquer, sans que tu ne saches vraiment donner de nom à tout ça et pourtant, là dans la voiture, tu sens encore une fois, que tu perds un peu pied, que tu perds tes moyens doucement quand tu le regardes, quand tu pourrais sentir sa présence si près de toi. Et tu angoisse à ces moments tous les deux sans trop savoir ce qu’il va se passer, car tu as peur d’être maladroite, de ne pas être à la hauteur ou simplement, encore une fois de lui déplaire. Pourtant, tu prends ton courage à deux mains pour déposer tes lèvre sur le coin de ses lèvres en te sentant rougir comme nulle autre fois auparavant. Tu te sens trembler un peu; ton coeur, battre trop fort et ta tête te tourner légèrement quand ta peau touche de nouveau la sienne. Tu ne sais pas comment il fait, pour procurer autant de sensation à toutes les parcelles de ta peau alors qu’il t’effleure à peine, alors qu’il te touche à peine. Et il met un coup de frein violent quand ta peau effleure la sienne et qu’il rougit de nouveau mais toi, tout ce que tu trouve, c’est que tu le trouves attendrissant quand il est comme ça face à toi. «-Pardon… Euh...Je suis un peu stressé je crois » tu ne peux pas t’empêcher de sourire un peu. Tu ne sais pas pourquoi Sam se stress comme ça alors que c’est sans doute toi, qui devrait être stressée. Toi qui est arrivée comme ça, sans prévenir, toi, qui n’a jamais connu personne d’autre que Ian. Toi qui ne sait même pas ce que tu fais là, qui ne sait même si elle parviendrai à être à la hauteur d’un garçon comme lui. Parce qu’elles le trouvent toutes charmant et drôle, et interessant et intelligent et toi. T’es peut-être trop noyée dans la masse de ces filles là alors tu ne comprends pas, ce qu’il peut bien trouver de stressant à te retrouver face à toi. Pourtant, tu souris, tu rougis un peu encore une fois. Et tes joues doivent avoir perdues leur teinte rosées pour prendre une teinte qui se rapprocherai plus de la pivoine.

Ton souffle se coupe un peu, quelques secondes, tu oublies de respirer quand sa main glisse lentement le long de ta joue. Tu inspires, dans une grande respiration, tu inspires en perdant un peu tes moyens pourtant le contact de sa paume chaude contre ta joue te fait frémir. Tu laisses ta joue aller contre sa paume, doucement, quelques secondes, tu te perds contre la douceur de sa main sur ton visage. Ça fait tellement longtemps au’on a pas eut ce genre de geste tendre sur toi, tellement longtemps, que tu n’as pas ressentie autant de douceur, et celle de Sam est presque plus intense que toutes les caresses que tu as pu recevoir. Tu te laisses aller là, quelques secondes à cette chaleur si douce avant qu’il ne se penche pour effleurer tes lèvres des siennes un peu timidement. Tu aimes ça, ce frisson que tu retrouves comme votre premier baiser, ce baiser qui avait tellement enflammé ta peau, tellement enflammé ton coeur aussi. Qui avait brulé ta peau d’une telle intensité. Et tu retrouves ça, ce sentiment si violent, si hardant. Celui de vos souffles qui se mêlent délicieusement, et tu savoures le gout de ses lèvres sur les tiennes, la chaleur de son souffles sur tes lippes. Et ça te semble presque être trop court, être trop rapide quand il se détache de toi. Et comme la première fois tu aurais aimé que ça dur plus longtemps, tout ton corps voudrait lui hurler de continuer. «-Tu me fais un peu perdre mes moyens… Tu sais ? Je suis heureux aussi. »Il dit en se détachant de toi, et toi, tu ne peux pas t’empêcher de sourire et de rougir de nouveau quand il te dit ça.



Tu n’as pas osé le retoucher pendant tout le trajet, de peur de le faire freiner encore une fois trop brutalement peut-être , ou simplement la peur qu’il s’évapore encore. Persuadé que tu es en train de rêver et pourtant, non. Il est bien là, à tes côté, le souffle régulier de sa respiration qui accompagne le bruit régulier de la route. Tu as observé le paysage un petit moment, glissant de temps en temps des regards dans sa direction, sur son visage concentré sur la route, sans osée dire un mot, sans osé parler mais tu n’as pas pu t’empêché d’arrêter de sourire en détaillant tous les petits détails de sa peau, toutes les expressions de son visage. Jusqu’à ce que vous vous gariez en bas de chez lui.
Tu n’avais pas ressentis depuis longtemps ce sentiment d’apaisement et de calme ne présence de quelqu’un, même en étant avec Alma et Leo dans un endroit où tu savais que tu ne risquais rien. Tu ne te sentais pas assez au calme, toujours la peur de le voir surgir derrière une porte ou un rideau comme dans un film d’horreur. Pourtant, là, avec Sam, tu as l’impression que tu pourrais affronter tout ce qui pourrait arriver et que tu ne craindrait rien. Tu te sens, en sécurité, en paix, comme ce n’était pas arrivé depuis longtemps. Et tu voudrais que ce sentiment dur encore longtemps. Tu voudrais que le temps s’arrête là, tout de suite, dans ces moments où il n’y a que vous même si il n’y a pas de bruit, même si vous ne vous parlez pas. Tu voudrais rester comme ça, dans cette bulle de bonheur qui t’enveloppe depuis que l’avion a atterri à San Francisco. Tu voudrais que ça dur jusqu’à ne plus jamais se terminer.

Tu aimes tout, sa maladresse quand il te regarde et que tu le surprend te jeter un regard, sa démarche qu’il veut assurer quand il sort de la voiture, même si tu vois, qu’il est presque aussi anxieux que toi. Et tu souris quand tu descend de la voiture. Toi aussi tu perds tes moyens, tu ne sais pas quoi faire, quoi dire, si tu as le bon comportement. Est ce que tu aurais du lui parler, est-ce que tu aurais du le toucher dans la voiture, et là, tout de suite maintenant, est ce que tu devrais dire quelque chose, faire quelque chose de particulier alors qu’il s’avance dans le bas de la résidence étudiante. Et c’est peut-être seulement à ce moment là que ton cerveau réagit, quand il ouvre la porte en bas, en tenant ton sac dans une main, que tu fais trois pas rapide pour le rattraper avant de glisser ta main dans la sienne. Parce qu’après tout, tu peux t’autoriser à le faire, c’est même peut-être ce qu’il attends de toi.

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Tu te sens maladroite, pourtant, tu laisses tes doigts s’emmêler dans les siens jusqu’à atteindre la porte de son appartement étudiant. Tu te sens maladroite mais en même temps, ce geste parait si naturel quand tu sens sa peau sous la tienne, ta main entrelacer la sienne, tes doigts se mêler aux siens doucement. Dans ce petit geste doux et discret. Tu relâche sa main quand vous arrivez devant la porte pour lui laisser le loisir de chercher ses clés. « -tu.. tu es sure que ça ne te dérange pas? » tu demandes, un peu timidement quand il ouvre la porte. Tu ne sais pas trop ce que tu fais là, tu sais que tu l’as pris au dépourvu, qu’il n’avait pas prévu ta présence et peut-être qu’elle va le déranger ou bouleverser ses plans, son travail, ses projets. Tu ne réalises que maintenant quand tu met un pieds dans le petit appartement étudiant qu’il habite.
C’est drôle car si tu avais décrire l’appartement de Sam, sans jamais l’avoir vu tu te serai sans doute dit qu’il ne ressemblerai pas à ça. Tu l’aurais cru plus organisé, plus soigné et plus méticuleux dans l’organisation de ses affaires. Pourtant, tu vois les piles de livres qui s’empilent un peu partout, et les restes des ses repas jetés dans la poubelle un peu trop rapidement. « -Je t’aurai cru plus organisé » tu dis avec un petit rire en le regardant avant de te remettre à rougir quand ses yeux croisent de nouveau les tiens, sans savoir comment il fait pour te transpercer à chaque fois de cette façon. « -Tu es sure que je ne vais pas te déranger, pour tes cours tout ça ? » tu demandes de nouveau, d’une petite voix. « -Je peux me prendre un hôtel à côté si tu as besoin d’être seul pour travailler. Je me suis un peu imposer sans te demander ton avis… excuse moi. » tu dis, en sentant tes joues reprendre la teinte rose qu’elles ne quittent pas depuis que vous êtes tous les deux.

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Sam Diaz
Sam DiazPetite pute
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Sweetness ; Sam  EmptyLun 21 Oct - 18:38

 
Don’t let me down
Saw you crawl into my bed
«Cause you’re so far from home...
The crack in your eye
Invited all of this light »

Ta mère a toujours pensé que tu finirais seul.  Sans doute que ton père aussi d’ailleurs. Ils pensaient que tu serais jamais assez ouvert et sympathique pour attirer quelqu’un.  C’est peut-être ton mauvais caractère qui a tendance à repousser les gens. Cette froideur dont tout le monde se plaint toujours. Tu n’as jamais été un homme ni chaleureux, ni accueillant, ni même particulièrement amusant. Tu n’as jamais été de ces garçons qui arrivaient à trouver des amis à tous les coins de rues, tu n’es pas comme ton père ou ton frère, sociable et avenant. Et tu as toujours eu  l’impression qu’il te fallait faire énormément d’efforts pour être apprécier. Et même simplement pour sociabiliser.  Tu te souviens que petit, tu rentrais en pleurs de l’école parce qu’on se moquait de toi. De ta façon de t’exprimer. De ta façon de te tenir. Des vêtements que tu portais. Tu te souviens que tu ne correspondait pas à l’image qu’on se faisait d’un petit garçon de ton âge. Et peut-être que ça agaçait les gens. Tu te souviens avoir demander à plusieurs reprises à tes parents pourquoi tu étais si différent. Pourquoi tu n’étais pas un peu plus comme Leo. Et surtout, pourquoi est-ce qu’on ne cessait de te dire que tu étais bizarre. T’as grandi en te sentant toujours un peu différent. Un peu à côté des normes médiocres de la jeunesse dont tu fais partie. On a commencer à évoquer le terme surdoué assez vite avec toi et puis hyperphrénie et les termes se sont enchaîné sans que tu comprennes vraiment les conséquences de tout ça.  Toi tu voulais juste être comme tous les autres gamins. Tu voulais juste être accepter et aimer par les autres qui finissaient immanquablement  par se moquer de toi. Tu as compris en grandissant que ton intelligence venait avec d’autres handicaps plus subtiles et que la seule façon dont tu pouvais te fondre un peu plus dans la masse, c’était le mimétisme. Mais au fond , tout au fond, tu t’es jamais senti comme les autres. Tu t’es même jamais senti comme Leo, ou comme Sun. Comme les membres de ta famille. Et tu sais qu’aux yeux de ta mère, tu es différent. Tu n’es pas comme ton frère. Pas vraiment comme ta soeur non plus.  Tu sais que les moqueries ne s’arrêtaient pas vraiment à ta façon de t’exprimer , aux vêtements que tu voulais porter.  Mais c’était aussi les tocs. Les bizarreries qui te composent et que tu as appris à étouffer en grandissant pour te fondre un peu plus dans la masse.

C’est ce personnage que tu t’es créé qui t’a permis de faire parti du monde. Qui t’a permis de te trouver des amis, d’arriver à t’entourer quelque part de gens qui t’acceptent. Le problème c’est que ceux qui savent ce que t’es vraiment, ceux qui apprennent à te connaître finissent tous par être dégoûté de toi. C’est ce personnage que tu as créé qui a fait de toi ce que tu es aujourd’hui. Et malgré tout, tu arrives encore a te perdre entre tous ses personnages que tu t’inventes, toutes les choses que tu caches, toutes les craintes que tu pousses profondément à l’intérieur de toi, pour que personne ne saches jamais ce que tu ressens. C’est difficile de dire, avec toi. Difficile de savoir ce que tu penses, ce que tu veux. C’est difficile de savoir. Les peurs qui te composent et les craintes que tu fais toujours en sorte de taire. Et on te prends souvent pour plus froid que tu ne l’es en vérité. La vérité c’est que t’es encore ce gamin terrifié, malheureux et en larmes, qui demande à sa mère ce qu’il a de si différent. Tu crains tes propres capacités parce que tu sais qu’elles dépassent de loin toutes celles de ton entourage. T’es né comme ça. T’es né avec des capacités intellectuelles énorme et pourtant, une peur de ce que tu pourrais faire en t’en donnant les moyens. T’as développé ce faux égo pour te protéger. Pour te donner des raisons aussi, de pas te sentir moins bien que les autres. Tu t’es inventé un personnage de gars super doux et gentil pour plaire aux filles. Un personnage de mec intelligent , bosseur et attentif, pour plaire aux professeurs. Le personnage d’un gars qui n’a peur de rien, qui n’a pas froid aux yeux pour plaire à Sun et pour te rassurer toi-même. Mais au milieu de tout ça, toi, tu ne sais plus vraiment qui tu es. Tu as du mal à reconnaître le vrai Sam. Tu ne te sens pas vraiment être toutes ces personnes que tu inventes. Mais tu sais pas non plus ce que tu es en dehors de ça. En dehors de tous ces costumes que tu enfiles, de tous les sourires dont tu te pares, qui tu es, toi ? Tu en sais rien.

En vérité, ta seule certitude, et c’est sans doute ce qui fait qu’elle te tient énormément à coeur, c’est que tu es intelligent et ça, bien plus qu’une personne moyenne. D’ailleurs, bien plus qu’une personne intelligente. Tu es véritablement très très très très intelligent.  Mise à part ça, tu n’es pas grand chose. Ou du moins, tu sais pas vraiment ce que tu es. Quand tu es seul avec toi-même, tu pense pas vraiment à ça. Tu pense à ta prochaine lecture. Tu pense à tes projets, tu penses à ce que tu dois faire demain ou après-demain. Jamais à qui tu es.  T’es persuadé d’ailleurs que qui que tu sois sous cette grosse couche de paraître, ce n’est pas spécialement intéressant.  T’y penses plus. T’essaie même plus d’y penser. A quoi bon ?

- - -

Lila bouscule tout parce qu’avec elle tu ne sais pas comment te comporter. T’es persuadé que si tu te mets à lui parler comme tu parles aux autres filles, à jouer du charme et faire celui qui est tout innocent, un peu trop fleur bleu, elle va te trouver ridicule parce qu’elle sait que pour toi, c’est un jeu. Tu sais aussi que tu pourrais la brusquer d’être celui qui n’a peur de rien, ce gars un peu hautain et calculateur. Tu sais qu’elle n'aimerait pas ce Sam-là non plus. Et à vrai dire, le seul Sam qu’elle connaît vraiment, c’est celui qui serait prêt à tout pour le travail. Mise à part parler de travail, tu ne sais pas quoi dire à Lila. Ni comment te comporter avec elle. T’es à l’aise seulement quand vous échangez à propos de vos projets respectifs, parce qu’il est plus facile pour toi de penser et réfléchir que de ressentir. Et lorsqu’il faut exprimer ses sentiments, tu as l’impression de véritablement être le dernier de ta catégorie.  Tu sais pas faire ça. Dire les choses en face, et parler des choses que tu ressens, mettre des mots , des formulations , sur cette sorte de tempête qu’elle active en toi. C’est peut-être pour ça que tu préfère te taire.  Que tu restes silencieux, la plupart du temps. Parce que tu as toujours suivi le principe que ta grand-mère te répétait souvent “Si tu ne sais pas quoi dire, tais-toi.”

Alors tu restes silencieux pendant tout le trajets. En réfléchissant à ton appartement. A ton frigo vide. A ce bordel organisé dans lequel tu habite et qu’elle va être la première à voir.  Tu t’angoisse un peu qu’elle puisse voir ça. Voir où tu habites.  Et lorsque tu gares ta voiture sur le parking de la résidence universitaire tu te dis qu’elle va véritablement trouver ton intérieur bien médiocre. Tu sais où elle habite. Tu sais où Ian habite. Et à côté d’eux, t’as l’air de vivre dans un trou à rat. Tu veux pas qu’elle te juge ou même qu’elle se rende compte que vous faites pas parti du même monde. T’as pas grandi avec une famille pleine de fric, tu fais pas parti de ceux qui ont ce qu’ils veulent quand ils le veulent. Et t’as pas honte de venir d’une famille modeste, tes parents ont toujours veiller à ce que vous ayez tout ce que vous voulez. Alors tu peux pas avoir honte de qui tu es. Pourtant, là, en bas de l’immeuble, alors qu’elle te prends la main de cette façon, tu peux pas t’empêcher d’angoisser un peu à l’idée qu’elle juge ça. « -tu.. tu es sûr que ça ne te dérange pas? » Tu hoches la tête. Non, ça ne te dérange pas d’accueillir Lila chez toi. Ce n’est pas vraiment le soucis. Non, vraiment pas du tout d’ailleurs.  Tu as aucun soucis avec ça. T’es juste un peu honteux qu’elle découvre si tôt un mauvais côté de toi. T’aurais voulu garder un peu plus longtemps l’illusion.  Et puis encore avant, tu pouvais tout remettre sur le dos de Leo et dire que c’était lui le drogué bordélique, parce que ça sonnait presque comme une évidence que ça ne pouvait pas être toi. Maintenant que tu n’habites plus avec lui, c’est compliqué.  Mais voilà. La moitié de ton appartement est encombré par les livres. Des livres et des livres et ton lit est fait à la va vite, ton canapé,recouvert d’un plaid et sur ta table basse, ton livre encore ouvert à côté de ton repas de la veille. Et des putain de tasses de cafés abandonné dans tous les coins.  

T’es trop souvent pris dans tes lectures où dans ton travail pour penser à ranger. Et tu sais que ça finit toujours par traîner partout. « -Je t’aurai cru plus organisé » Elle lance et toi tu baisses la tête, tu prends son sac pour le poser près du canapé, et puis tu te mets à ranger nerveusement, sans trop savoir quoi ni comment. « -Je suis plus organisé habituellement, mais j’ai eut beaucoup de travail et… Je n’avais pas vraiment… Enfin... » Elle te regarde et tu te rends compte qu’elle s’en fiche de tes excuses. Alors tu te tais, tu baisses la tête en te raclant la gorge. Vraiment, c’est les pires retrouvailles que tu aurais pu lui offrir. Tu aurais dû l’emmener au restaurant, faire quelque chose de sympa, mais t’es là, comme un idiot à ne pas savoir quoi dire , quoi faire pour lui plaire.  T’as jamais eu de véritable petite amie. Et habituellement, pour celles que tu vois, tu te contente de choses beaucoup plus… physiques… Sans avoir besoin de plus qu’une réfléxion primaire. Avec Lila, c’est pas comme avec les autres filles alors tu sais pas. Tu sais pas comment réagir. Et t’es mal à l’aise, même chez toi.  « -Tu es sûr que je ne vais pas te déranger, pour tes cours tout ça ? »  Tu hoches la tête de nouveau et tu inspires. Tu n’as même pas réfléchis spécialement aux cours. De toute façon, tu t’y ennuie à mourir. Ce n’est pas si grave si tu en loupe quelques uns, aprés tout. « -Je peux me prendre un hôtel à côté si tu as besoin d’être seul pour travailler. Je me suis un peu imposer sans te demander ton avis… excuse moi. »  Tu t’approche d’elle pour récupérer sa main dans la sienne, un peu timidement. Tu voudrais l’embrasser de nouveau, mais c’est un peu trop gênant. Tu sais pas comment tu dois prendre Lila. Elle a l’air si fragile, que t’as l’impression que tu pourrais véritablement la briser en morceau, ne serait-ce qu’en lui criant dessus.  « -Je n’ai pas du tout envie que tu prennes un hôtel. Mais si tu es plus à l’aise à l’hôtel, ou que tu t’y sens plus en sécurité, je comprendrais aussi. Si ce n’est pas le cas, alors tu es la bienvenue chez moi.  » Tu fais un sourire un peu bête et puis tu lui indique du doigts la salle de bain, la cuisine. « -Si tu veux aller te rafraîchir, la salle de bain est là. Et sinon, sur le frigo il y a des prospectus pour commander à manger. Je te laisse prendre tes marques et choisir ce que tu veux. Si tu n’as plus envie de manger ici, on peut aller au restaurant. C’est toi qui vois.  » Tu hoches la tête, plus ou moins persuadé que c’est la bonne chose à faire. La laisser faire ce qu’elle veut et puis, toi, suivre selon ses besoins. Tu inspires et tu te laisses retomber sur ton canapé, remarquant que ta tasse de café t’attends encore sur la table basse.

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